Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

DE L’AUTRE CÔTÉ DU MUR : UN NOUVEAU SOUFFLE SUR L’HISTOIRE ALLEMANDE

Par Cinémaniaque 21

La fracture allemande au cinéma




Le
cinéma ne cesse de questionner la fracture allemande et sa
répercussion sur l’Histoire moderne. Au-delà, il tente de traiter
le devoir de mémoire pour éveiller les consciences et
bousculer les certitudes.
Comme
si le traumatisme d’un passé communiste  ne
demandait qu’à resurgir à la moindre étincelle populaire,
révélatrice d’une méfiance à l’égard de classe
politique d’aujourd’hui.
La contestation de
l’ordre établi semble à nouveau inspirer les cinéastes, qui
s’emparent avec beaucoup d’habileté d’un matériau dramatique usé
jusqu’à la corde pour lui donner un nouveau souffle. 
Il suffit, pour
s’en convaincre, de jeter un œil à la dernière décennie, de
Good Bye Lenin en 2003 à La Vie Des Autres en 2006, en
passant par La Bande à Baader (2008) et Barbara (2012)
Ils ont eu pour la plupart une belle reconnaissance internationale.


Que
peut nous apporter, en 2014, une énième variation sur cette dualité ? À première vue, une histoire d’espionnage sur
fond de guerre froide et d’incompréhension entre les peuples, rien
de plus classique. Et pourtant, la singularité de De L’Autre
Côté du mur 
est de marier ce classicisme un peu rétrograde à une
forme d’utopie consolatrice, et de placer ces deux tendances sur un
pied d’égalité.

Les fêlures d’une mère… et d’une nation


Le
danger de cette synchronisation était de privilégier une repentance
morale trop écrasante et faire de Nelly et de son fils des martyres symboliques, de « bons » allemands incompris, qui franchiraient
la frontière pour mieux révéler l’effroyable emprise de la RDA.
Ce n’est pas le cas ici, où l’apparence irréprochable de la
mère cache bien des fêlures, métaphore d’une liberté
viciée de l’autre côté du mur.
Jördis Triebel (Nelly) et Tristan Göbel (son fils Alexej) tentent de fuir la RDA dans De L’autre côté du mur

Si Christian Schwochow base son intrigue sur les rouages bien connus de la fuite,
c’est pour mieux dépeindre la confusion d’une nation à la
recherche d’une nouvelle identité. La réunification, lente et
douloureuse, demande une union non pas parfaite, mais à même
d’apaiser les esprits et de maintenir un sentiment d’appartenance
au pays.
De
L’autre côté du mur 
incite donc les pays de la vieille Europe à
apprendre de leurs erreurs pour mieux vivre ensemble. De ce passé
soviétique naît une communauté faisant fi des antagonismes pour
s’inscrire dans un avenir serein, indépendamment de l’impérialisme
américain, venu sauver le monde tout en assujettissant l’opprimé
de manière insidieuse.

La dictature dénoncée


L’ouverture,
glaciale, de contrôle et de privations, dépeint la suspicion
permanente et l’absence d’espace privé à l’époque. Le corps
(en particulier féminin) n’appartient plus à l’individu mais
doit se soumettre au regard méprisant du corps collectif. Les
démarches administratives, nombreuses et harassantes, instaurent
l’emprise étatique et parachèvent, dans une implacable
démonstration, la machine infernale d’un système totalitaire.
Dénoncer la dictature revient à s’isoler encore davantage, et devenir traître
à sa patrie. Le compagnon de cellule de la jeune femme incarne un
beau personnage indécis, tiraillé entre son illusoire
échappée fédérale et son hypothétique retour en démocratie. 

L’enjeu principal est là : la liberté chèrement acquise
n’est-elle pas, sous ses dehors attrayants, vidée de toute émancipation véritable ? Se peut-il qu’une division aussi béante
s’efface dans un simple transfert territorial ? Qu’en est-il de
l’état de droit quand il réduit des
vies entières à de simples numéros ? Le film montre le parcours du combattant de Nelly pour obtenir les papiers qui feront d’elle une résidente. Dans cet univers kafkaïen, elle devient une sorte de « femme-robot » répétant sans cesse les mêmes mots, les mêmes gestes.

Un beau film, malgré ses défauts


De
L’autre coté
s’empare avec force et subtilité des
interrogations qu’il suscite et parvient à captiver l’attention,
aidé par des acteurs en totale adéquation avec le projet. Ce
n’était pas facile, d’autant que le scénario alambiqué
demande de la concentration, et qu’il n’est pas évident de suivre
ses nombreuses pistes.
Le
résultat final aurait été plus exaltant sans certaines fausses
notes. La brève romance avec l’inspecteur américain suggère qu’une femme ne peut s’en sortir sans l’aide d’une homme. La séquence surréaliste d’un
nouveau bonheur façon encart publicitaire est assez maladroite. Ajoutez à
cela une fin, certes ouverte à de multiples interprétations, mais
sans réel lien avec l’ensemble.
N’en
demeure pas moins une belle découverte et la preuve que l’héritage
germanique reste bien vivant.
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Postez un commentaire !
Ça peut vous plaire:

      

Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial