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COLD IN JULY: LA NUIT DU CHASSEUR

Michael C. Hall, serial killer sympathique dans Dexter, éprouve des scrupules, dans Cold in July, d’avoir tiré sur un cambrioleur en pleine nuit. Richard Dane, jusqu’à cet accident, était un banal père de famille, vivant au Texas avec sa femme et son fils.
Quand le père du voleur sort de prison, il voudra venger son fils en tuant celui du meurtrier. Cette loi du talion était déjà mise en exergue dans Blue Ruin, et c’était la Virginie, et non le Texas, qui se retrouvait le théâtre d’une violence inouïe.

Dénoncer les excès de l’Amérique


Jim Mickle, avec plus de talent que Jeremie Saulnier, dénonce les travers d’un Texas sauvage, violent, dont les habitants s’arment jusqu’aux dents avec des conséquences désastreuses.
Night Call soulevait récemment le paradoxe des familles bourgeoises: une paranoïa quant à l’invasion de leur domicile. Le début de Cold in July fait la preuve que les armes tuent plus par accident que par véritable nécessité de défense. Comme Blue RuinCold in July raille l’inefficacité de la police, sa balourdise et sa corruption.

Seulement voilà: mêmes défauts dans les deux films. Une photographie western et une belle bande originale imitent Tarantino sans l’égaler. Cold in July essaie de faire de l’humour noir mais n’arrive pas à la cheville des frères Coen. Il choisit une esthétique sous un soleil écrasant, mais Jim Mickle n’a pas le talent de Tommy Lee Jones (Trois Enterrements, et plus récemment The Homesman.)

Un hommage aux classiques, mais…

Jim Mickle a voulu proposer un hommage aux films des années 80. Soit. Mais il ne reprend qu’une esthétique poussiéreuse, un peu comme les mauvaises adaptations de Stephen King à l’époque, notamment Cujo (1983)

Plusieurs critiques ont relevé des références à Carpenter. Il est vrai que la voiture rouge des criminels ressemble beaucoup à la Plymouth dans le film Christine (aussi de 1983)
Couverture du livre Cold in July, de Joe R. Lansdale (1989)

Christine, voiture démoniaque dans le film de Carpenter, adapté de Stephen King

Le soleil accablant de Cold in July peut éventuellement rappeler le début de L’Antre de la folie, hommage de Carpenter à toutes les œuvres de King à la fois:

Pour les hommages aux films de série B, Tarantino, et même Alexandre Aja, s’avèrent meilleurs.
Secundo: le film est long, atrocement long. 1h50 pour une trame des moins palpitane, qui s’essouffle vite, les excès de violence comme seuls rebondissements.
Le film commence de façon classique, voire cliché, avec cet ex-taulard traquant une gentille famille, un fou dangereux qui en veut au fils du héros. Il rappelle ainsi Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur. La scène, montrée dans la bande-annonce, où on le voit un soir d’orage, dans un éclair, menaçant de sa présence la sécurité du fiston, serait réussie si elle ne tournait pas si court.
Hélas, on est loin du classique de Charles Laughton. Pour autant, un western doublé d’une enquête policière peut faire un film réussi, la preuve avec Child of God, de James Franco, inédit en France.

Une belle affiche tout de même

Michael C. Hall ressemble, dans la première partie du film, à Ethan Hawke dans American Nightmare, un père dépassé par la violence ambiante, prêt à tout pour protéger les siens. Puis un retournement intéressant fait qu’il s’allie aux criminels et, dans une quête de vérité, se retrouve pris dans une spirale infernale de violence. 
Cependant, ce changement de camp, qui devrait être fascinant, tombe à plat, et le film tire en longueur. Les Texans sont caricaturés, tous présentés comme de grossiers cowboys fous de la gachette. La tuerie finale est d’une violence outrancière sans objet.
Reste le plaisir de voir sur grand écran la finesse du jeu de Michael C. Hall, très bon acteur depuis Six Feet Under. Sans oublier le merveilleux Sam Shepard, au CV long comme le bras, épatant dans Un Été à Osage County, sorti récemment.
En somme, Cold in July peut être vu par les amateurs du genre, mais les autres s’ennuieront ferme. Bonne nouvelle: il existe de nombreux autres films sur l’Amérique et ses paradoxes qui valent le détour.
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Postez un commentaire !
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

3 commentaires pour l’instant

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Jean-Pascal MatteiPublié le 5:22 - Déc 28, 2014

Je vous recommande la lecture des Marécages, de Joe R. Lansdale, quelque part entre La Nuit du chasseur et Du silence et des ombres…
Le premier opus de Mickle, huis clos paranoïaque avec ses bestioles moins à craindre que les humains, souffrait des mêmes défauts mais finissait par emporter la sympathie :
http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/07/mulberry-street-les-rats-de-manhattan.html?view=magazine
L'argument de Cold in July évoque davantage Les Nerfs à vif que le Laughton…
Et nous aimons beaucoup l'émouvante Dee Wallace dans Cujo, beau rôle de Mère Courage dans une adaptation certes moins "adulte" que le roman de King, mais, là encore, plutôt recommandable (surtout comparée au Diamant du Nil du même Lewis Teague)…

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    MarlaPublié le 8:53 - Déc 28, 2014

    Je ne vois pas bien le lien avec Les Nerfs à vif, qui parlait d'un homme se vengeant de son avocat après 14 ans de prison. J'ai pensé à Laughton pour la menace d'un méchant sur un enfant, avec des jeux d'ombres. Il ne manque plus que la petite chanson…

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    Jean-Pascal MatteiPublié le 10:15 - Déc 29, 2014

    Vengeance "familiale" dans les deux cas, et enfer "pavé de bonnes intentions"… Le propre fils de Kazan écrivit d'ailleurs Comme un chien enragé, psychodrame père/fils avec un terrifiant Walken et un attachant Penn, relecture avouée façon années 80 de La Nuit du chasseur…

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