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Archives de catégorie SÉRIES

Pourquoi Netflix n’est pas un danger pour le cinéma

Comment le cinéma m’a poussée à m’abonner à Netflix

Ça y est, ça a fini par m’arriver. Je me suis abonnée à Netflix. Et je me suis abonnée dans de drôles de circonstances. Moi, Marla, cinéphile jusqu’au bout des ongles, j’avais refusé jusqu’à ce jour de m’abonner à la plateforme car j’avais peur, à coups de binge-watching de séries, de ne plus avoir le temps de me rendre en salle et nourrir ce blog.

Or, paradoxe avec Okja : un film cannois, proposé par Netflix, ne sortira pas en salle. La plateforme, et c’est bien compréhensible, souhaite diffuser le film sans attendre les trois ans imposés par le système de diffusion, appelé chronologie des médias. Comment demander à Netflix, créateur original du film, d’attendre trois longues années pour diffuser son propre long-métrage après sa sortie au cinéma ? Une diffusion simultanée sur la plateforme et en salle n’est pourtant pas absurde.
C’est drôle. Pour de nombreux documentaires, dont l’excellent Je ne suis pas votre nègre, d’abord diffusé sur Arte, puis une semaine en replay sur le site de la chaîne, et enfin en salle, la diffusion à la télévision puis au cinéma ne dérange personne. Ce fut aussi le cas pour La Journée de la jupe, fiction également proposée par Arte, le documentaire Le Monde selon Bush, et bien d’autres.

Mais s’il s’agit de Netflix, alors attention.

Le mauvais procès fait à Netflix montre bien la frilosité du monde du cinéma. L’ironie de la chose, c’est que je me suis justement abonnée parce que je ne pouvais pas voir Okja en salle. Les exploitants font à Netflix une publicité extraordinaire, et s’empêchent de prouver ce qu’ils avancent au public : voir un film en salle, c’est quand même mieux.

Okja, OVNI de Cannes

La sélection de Okja à Cannes a de quoi étonner : on est presque dans le blockbuster, dans un film à la Disney où une petite fille ferait tout pour son animal de compagnie, un charmant cochon géant.

J’aurais aimé voir Okja en salle. Hélas, malgré sa sélection dans un autre festival, celui de SoFilm Summercamp, je n’en aurai pas l’occasion. Les paysages, la dimension grandiose de la réalisation, l’amitié entre la petite fille et cette espèce d’immense peluche valaient le coup d’être vus sur grand écran, avec son digital et tout le toutim.

Je n’ai pas pu me rendre au Georges Meliès, à Montreuil. La séance, de toute façon, était complète. Et gratuite, justement dans le cadre du festival So Film. L’exploitant de la salle a très bien expliqué, dans un article de Libération, le pourquoi de son choix. J’en ai assez, pour ma part, d’entendre que Netflix représente un danger pour le cinéma.

J’ai 35 ans. J’ai entendu maints « spécialistes » dire, à chaque nouveauté, qu’elle représentait un danger pour un art donné. Ça a commencé par la cassette audio, censée démolir l’industrie de la musique. Quoi ? Les gens pourraient donc enregistrer la musique sans l’acheter ? C’est la fin de tout ! Même absurdité pour les « pirates du web », qui pourtant, promeuvent l’art comme personne par le bouche à oreille.

Pour le cinéma, même discours au sujet de la cassette vidéo, puis de Canal+. Pourquoi les gens iraient en salle, disaient les pessimistes de l’époque, s’ils peuvent voir les films seulement un an après sur la chaîne payante ? Puis il y eut les DVD, suivis des Blu-ray, d’un peu trop bonne qualité, et censés inciter les gens à rester chez eux, engloutis dans leur home cinéma, plutôt que de se rendre dans une salle obscure.

C’est Polanski qui a raison : les gens ont besoin du cinéma comme les Grecs ont besoin du théâtre, c’est un rendez-vous collectif, cathartique, essentiel.

Le cinéma et la télévision méprisent les nouveaux usages

Ce qui gêne le plus les exploitants de salles, c’est le changement. « On ne va quand même pas laisser cet arrogant d’Américain court-circuiter le système de diffusion ! » Le PDG de Netflix s’est déjà enorgueilli de faire concurrence à la télévision au point de la faire disparaître.

Ce qui fait disparaître la télévision, au-delà de Netflix, ce sont les nouveaux usages. Ce qu’on appelle la délinéarisation est au cœur des pratiques d’aujourd’hui. Il est loin le temps où j’attendais le samedi soir pour regarder Les Simpson sur Canal. Aujourd’hui, quand une série attise ma curiosité, je peux la regarder quand je veux, du début à la fin si je le souhaite, sans attendre le bon vouloir de la grille des programmes. Cela paraît évident en 2017 ; le replay, la vidéo à la demande, tout ce vocabulaire est entré dans nos vies. Le problème est que les exploitants de salles se comportent comme les producteurs de télévision : ils sont allergiques au changement.
Si les jeunes se détournent de la télévision, ce n’est pas seulement parce qu’Internet a changé la donne : pour avoir entendu de nombreuses personnalités du petit écran lors d’un stage, je vois bien que les jeunes est le cadet de leurs soucis. Ce sont les vieux qui regardent la télévision ? Donnons-leur ce qu’ils veulent. D’où des émissions vieillottes, qui ne parlent pas aux jeunes puisqu’elles ne s’adressent pas à eux. Surtout ne pas prendre de risques. Il y a trop d’argent en jeu.

Ciné trop cher

L’argent, parlons-en. Les exploitants de salles sont également bornés : je les ai entendus s’exprimer à la radio, et aucun n’admettait que le prix d’une place de cinéma était trop élevé. Quand j’ai voulu intervenir sur la question, ils ont ironisé, et les présentateurs ont fait de même par complaisance.

Oui, 12,50 € pour une place au cinéma, c’est cher. Si l’on amène ses enfants, la sortie devient vite hors de prix. Parce qu’en allant au cinéma avec les enfants, il faut penser au popcorn, ou à la glace qu’on va leur offrir pour leur faire plaisir, au McDo avant ou après la séance. Pour 12,50 €, on peut admirer une belle exposition dans un musée privé. Certaines places atteignent même 15 € s’il s’agit d’un film en 3D avec les fameuses lunettes.

Moi qui possède, en bonne blogueuse, ma carte de cinéma, je m’étonne toujours du prix que paye Monsieur tout le monde pour passer deux heures en salle. Le théâtre est plus cher ? À peine plus, si l’on est jeune, ou si l’on prend les places sur des sites dédiés. Un concert est plus cher ? Certes, mais ce n’est pas le même service. Une star internationale qui fait payer 30 € l’entrée doit rémunérer ses musiciens, les techniciens, assurer les coûts de sa tournée, des costumes, des décors. Le concert détient quelque chose d’unique puisqu’il se passe en live. Ce n’est pas comparable avec des films distribués en salle sous plusieurs copies.

Une hypocrisie totale

Oui, la logique de diffusion des films est en pleine mutation. Rejeter ce progrès en bloc, c’est comme de vouloir rester à la machine à vapeur à l’heure de la réalité virtuelle. Les exploitants de salles passent ainsi pour des réacs. L’hypocrisie la plus grande, c’est de prétendre protéger les exploitants de salles quand on exerce en réalité la pression sur certains en les empêchant de diffuser le film, et donc de jouir de leur liberté de programmation. Ces exploitants, à savoir le Max Linder et le Forum des Images, se sont carrément retirés du festival SoFilm Summercamp ! Une perte, donc, pour le cinéma au sens large. Enfin, comment désavouer à ce point Thierry Frémaux et sa sélection d’Okja à Cannes ? N’est-ce pas la preuve que le film doit être considéré comme une oeuvre cinématographique ?

N’oublions pas l’essentiel : et si les films Netflix sont bons ? Slate a publié un classement, et j’ai moi-même un chouchou. War Machine, publié récemment sur la plateforme, n’était pas mal du tout. Pourquoi refuser de bons films, si ce n’est par peur du changement et incapacité à s’adapter à un nouveau contexte ?

Okja devrait être vu en salle

Dommage. Okja aurait fait un beau succès en salle: ce film familial a séduit les critiques comme le public. En refusant les films Netflix, qui ne serait jamais qu’un distributeur de plus, le cinéma se tire dans le pied.
Non, Netflix ne me fera jamais passer l’envie d’aller en salle, tout simplement parce que l’expérience n’a rien à voir. Je pleure un peu, d’ailleurs, de n’avoir découvert Okja que sur mon petit écran d’ordinateur. J’ai loupé l’essentiel que j’aime tant au cinéma : la réaction des autres spectateurs, l’émerveillement, la surprise, le rire et l’émotion. Je ne saurai pas si d’autres que moi ont trouvé le film plus convenu qu’il n’y paraît. Je n’entendrai pas tes enfants rire à une scène potache, ni les commentaires de cinéphiles à la sortie de la salle. À cause de l’entêtement des exploitants, j’ai en partie raté le spectacle. J’aurai du mal à le leur pardonner.

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BAYWATCH (ALERTE À MALIBU) : LES SOUS-DOUÉS EN VACANCES

Moi, en regardant Baywatch, adaptation de la série à succès des années 90, je voulais avant tout voir – ou plutôt entendre – ça : 
Comprenez-moi. Cette chanson, c’est celle qu’on chante avec mes potes au karaoké quand on est bourrés. Première déception du film: vous n’entendrez pas la chanson. Par contre, vous aurez droit à une B.O épouvantable. On n’échappe pas aux Beach Boys, bien sûr. Le générique est carrément laid, et on a droit à quelques tubes douteux des années 80. Ouais, même Lionel Richie.



Prière de laisser son cerveau à l’entrée

Hélas, Baywatch n’est même pas supportable avec des pop-corn et une bière. C’est le genre de film qu’il faut voir en ayant laissé son cerveau à l’entrée.
Quand un pote m’a demandé, un jour, de lui résumer Fast and Furious. J’ai répondu :
« Bah, c’est des belles nanas en short et des types qui font des courses de voitures. »
Pour Baywatch, ce serait :
« Bah, c’est des belles nanas en maillot et des types qui jouent à Musclor. »

L’un des avantages d’Alerte à Malibu, c’est effectivement de se rincer l’œil. 
Kelly Rohrbach joue le rôle de Pamela Anderson (C-J) la belle blonde dans Baywatch (Alerte à Malibu, de Seth Gordon (2017)
Kelly Rohrbach joue le rôle de Pamela Anderson (C-J) la belle blonde dans Baywatch (Alerte à Malibu, de Seth Gordon (2017)
La superbe brune Alexandra Daddario (Summer) dans Baywatch (Alerte à Malibu)
La superbe brune Alexandra Daddario (Summer) dans Baywatch (Alerte à Malibu)
C’est outrageusement sexiste ? Oui. Les femmes sont souvent résumées à leurs beaux seins et les hommes à leur pénis. Vous me direz qu’on va pas voir Alerte à Malibu pour le scénario (le quoi ?) même s’ils s’y sont mis à six pour l’écrire. Vous avez bien lu. Six personnes pour un scénar timbre-poste.
Parce qu’il y a tout de même une ombre de scénario sur cette plage dorée : une vilaine méchante corrompt les politiques pour s’emparer de la baie. Mais attention, elle les corrompt avec une montre. Là où dans n’importe quel film, on verrait passer une mallette de billets, on assiste, dans Baywatch, à un placement de produit hilarant. On ne résiste pas à la montre de la marque Machin. N’importe qui se laisserait acheter, c’est humain.

Alerte à Malibu, en somme, serait un film formidable à chroniquer pour l’Odieux Connard. Il se ferait un malin plaisir de démolir ce simulacre de scénario, où Dwayne Johnson plonge dans les flammes pour secourir une femme en détresse, qui garde son brushing en place.


Dialogues débiles

Hormis quelques références marrantes à la série d’origine (« I’m always here », déclare Mitch dans la première scène) et à la carrière des uns et des autres (une vanne à Zac Efron surnommé « High School Musical ») les dialogues s’avèrent consternants. La sagesse de Mitch, incarné par Dwayne Johnson, conseille par exemple à son co-équipier Matt (Zac Efron, toujours subtil) :

« You save no one if you die. » 

« On ne sauve personne si on meurt. »

Johnson prend un ton des plus sérieux, et c’est le fou rire qui se déclenche dans la salle. La seule réplique un peu drôle est en fait un cliché de la comédie américaine – on l’entend, par exemple, dans Maman j’ai raté l’avion 2 – une confusion entre Edgar J Hoover, directeur du FBI, et un autre Hoover, celui des aspirateurs.
Pour tout dire, les dialogues de Baywatch m’ont fait penser à la parodie des Inconnus d’une autre série télé, Santa Barbara :

Dwayne Johnson était bien plus drôle dans The Tooth Fairy (Fée Malgré lui) où il remplaçait pour un temps… la petite souris.
Dwayne Johnson remplace la fée des dents (équivalent américain de la petite souris) dans Fée Malgré lui (The Tooth Fairy) de Michael Lembeck (2010)
Dwayne Johnson remplace la fée des dents (équivalent américain de la petite souris) dans Fée Malgré lui (The Tooth Fairy) de Michael Lembeck (2010)
C’était si formidable qu’ils ont fait un n°2.
Larry the Cable Guy (oui, c'est son nom d'artiste) dans Fée Malgré lui 2, d'Alex Zamm (2012)
Larry the cable guy (oui, c’est son nom d’artiste) dans Fée Malgré lui 2, d’Alex Zamm (2012)
Bref. Alerte à Malibu ressemble à une gigantesque pub pour Nike, avec ces jeunes gens en pleine santé qui courent au ralenti.

Les lents de la mer


Les personnages de Baywatch ne risquent pas d’être flashés par le radar. Non seulement ils courent au ralenti, mais ils pensent aussi au ralenti. Ils en mettent, un temps, à déjouer les plans de la vilaine méchante (mais sexy quand-même, parce que c’est mieux.)
Priyanka Chopra (Victoria Leeds) la méchante dans Baywatch (Alerte à Malibu)
Priyanka Chopra (Victoria Leeds) la méchante dans Baywatch (Alerte à Malibu)
D’une grande subtilité, donc, Baywatch aurait largement sa place sur Nanarland. Parmi les personnages, il ne faut pas oublier l’imbécile de service, qui se ridiculise dans une scène à la Mary à tout prix, mais nettement moins fun que le film de 1998. Le film ravira peut-être les nostalgiques d’American Pie.
Tension sexuelle jamais consommée, voilà la recette d’Alerte à Malibu depuis la série. Ajoutez à cela des jeux de mots grossiers et des douches mixtes pour davantage de sous-entendus. On aura même droit à du scato, avec Zac Efron qui vomit dans la piscine. Le film est revendiqué kitsch. Il rappelle Grease ou Dirty Dancing, sans les chansons et en mode nanar.
Même la série, en somme, n’était pas aussi nanarde. Pas sûr que cela plaise à ses fans, même inconditionnels. Les apparitions forcées de Pamela Anderson et David Hasselhoff indiquent juste qu’ils ont pris cher, dans tous les sens du terme.
Et dire que Jon Bass, qui joue Ronnie, crétin de service du film, a justement joué dans d’excellentes séries, comme American Horror Story et The Newsroom !
Jon Bass a fait tellement mieux que Baywatch dans sa carrière d'acteur...
Jon Bass a fait tellement mieux que Baywatch dans sa carrière d’acteur…
Bref, on ne sauvera pas les sauveteurs d’Alerte à Malibu. Le film se noie dans les clichés, le sexisme, la grossièreté. Hélas.
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Big Little Lies : les vraies Desperate Housewives

3 out of 5 stars (3 / 5)

Quand j’entends le nom de Monterey, petite ville américaine où se déroule l’intrigue de Big Little Lies, ça me fait penser à Sinatra. 


 


Ou plutôt, ça me fait penser à Al Pacino dans L’Associé du diable, qui chante cette chanson à la fin du film, à l’heure où l’on sait que le diable, c’est lui.


 


Ce n’est pas la seule chose qui m’évoque L’Associé du diable dans Big Little Lies.

Dans le film de Taylor Hackford sorti en 1997, Al Pacino incarne John Milton, dont le nom fait référence à l’auteur du Paradis perdu, l’une des rares œuvres littéraires où le diable gagne la partie. Il confie à Kevin (Keanu Reeves) jeune avocat : « C’est notre truc : vous noyer de gentillesse. » Or, c’est exactement la réplique de Céleste à Jane quand elle vient d’arriver en ville.


Jane, Madeline et Céleste à table dans Big Little Lies
Jane, Madeline et Céleste à table dans Big Little Lies

Toujours dans L’Associé du diable, les femmes du cabinet Milton disent à Mary-Ann, elle aussi nouvelle venue :

Écoute, tu as trois possibilités : tu peux travailler (froncement de sourcils). Tu peux t’amuser (sourire). Ou tu peux procréer. »

Voilà aussi le choix des femmes de Monterey, entretenues par de riches maris. La seule à travailler, c’est Renata. Elle se plaint dès le premier épisode que les mères au foyer voient d’un mauvais œil son activité professionnelle. Il est des bourgeoises de la banlieue américaine comme des femmes du 19ème siècle, époque où les dames « ne se commettaient pas » à travailler.

Desperate mothers

Au-delà de femmes au foyer désespérées, les héroïnes de Big Little Lies sont des mères anxieuses, angoissées à l’extrême quant à la réussite et au bien-être de leurs petits.


Renata et sa fille Amabella dans Big Little Lies
Renata et sa fille Amabella dans Big Little Lies

Dans Desperate Housewives, Lynette, mère de quatre enfants, se disputait aussi avec une « maman parfaite » au sujet de la pièce de l’école.


Lynette Scavo (Felicity Huffman) dans Desperate Housewives
Lynette Scavo (Felicity Huffman) dans Desperate Housewives

Ah les mamans parfaites ! Celles qui arrivent impeccablement habillées et coiffées à l’école, qui parlent avec diplomatie et se lient d’amitié avec les autres mamans. Elles font les gâteaux pour la fête de l’école et se présentent toujours comme représentantes des parents d’élèves. On en parlait dans Bad Moms, mais celle qui en parle le mieux, c’est Florence Foresti :



Dans Big Little Lies, les mamans font les enfants, et se querellent comme eux. Les guerres qui se jouent à l’école sont souvent des guerres de pouvoir pour écraser la maman concurrente qui a, par son argent et son influence, la main sur Monterey.

La série pose également la question des Bovary de notre temps. Nicole Kidman (Céleste) est splendide dans son désespoir discret. Le fait qu’elle ait joué dans la version 2004 de The Stepford Wives prend tout son sens dans Big Little Lies. Céleste rappelle Bree Van der Kamp par son déni. Le personnage de Marcia Cross confiait à son psy :

Nous avons été élevés, mon mari et moi, dans la grande bourgeoisie. Nous sommes passés maîtres dans l’art d’ignorer l’éléphant qui est dans la pièce.

Surtout ne pas voir. Surtout ne pas laisser voir. Ces femmes en souffrance évoquent, au cinéma cette fois, les mères au foyer chez Sam Mendes, dans Little Children.


Kate Winslet joue une mère secrètement désespérée dans Little Children, de Sam Mendes
Kate Winslet joue une mère secrètement désespérée dans Little Children, de Sam Mendes (2006)

Autre Emma Bovary de la littérature, Anne Desbaresdes, héroïne de Moderato Cantabile, a la nausée au cœur du roman.



Dans l’épisode six de Big Little Lies, Maddie est prise de nausée à table. La nausée métaphorique chez Duras (et Sartre) devient littérale.

L’école de la médisance

Ces femmes, pour se sentir plus à l’aise avec elles-mêmes, sont prêtes à tout pour écraser l’autre. Tous les moyens sont bons, à commencer par la médisance. L’école de la médisance est justement le titre d’une pièce de Sheridan, dont le titre original, School for Scandal, sied si bien aux habitants de Monterey.



Par un montage astucieux, Big Little Lies dénonce les mesquineries entre voisins : commérages, on-dit, dézingage en tout genre devant les policiers qui tentent de saisir pourquoi il y a eu mort d’homme un soir de fête.


Comme au cinéma

Le réalisateur Jean-Marc Vallée, à qui l’on doit l’excellent Dallas Buyers Club. avait déjà collaboré avec Reese Witherspoon dans Wild, et a choisi pour Big Little Lies le même chef opérateur, Yves Bélanger. Son sens de la lumière rappelle le film Perfect Mothers, surtout dans les plans sur la mer (ou la mère, au choix) omniprésente dans la série.



Jean-Marc Vallée, en bref, met les meilleures techniques du cinéma au service d’une série. La série est par ailleurs très bien écrite. Certaines répliques, notamment au sujet des apparences et du déni (de soi ou d’une situation donnée) vont faire date. Nicole Kidman est très bonne dans le déni. Elle a compris son personnage avec plus de finesse, et lui donne plus de profondeur que ne le font ses collègues Reese Witherspoon et Shailene Woodley. Les répliques de la psy de Céleste sont également bien senties. Quant au personnage de Maddie, divorcée, il est très bien vu. Petit plus appréciable : la BO est très bonne.

Une certaine idée de l’Amérique

Big Little Lies révèle dès son titre ces petits mensonges qui en cachent de plus grands. Les petits mensonges sont ceux de convenance, ceux qui disent que tout va bien quand ça ne va pas si bien. Ces petits mensonges en cachent un plus grand, celui déjà dénoncé dans Mad Men : les grandes maisons avec vue sur la mer sont secrètement emplies de chagrin et de solitude.


Kidman joue Céleste Wright dans Big Little Lies
Kidman joue Céleste Wright dans Big Little Lies

Dans la série, Céleste a trouvé Mr Wright, qui peut s’entendre, à l’anglaise, comme Mr Right (l’homme idéal.) Ce nom ironique annonce que chez les Wright, « Everything goes Wrong. »

Ce fameux Mr Wright, qui « joue au monstre » avec ses enfants est d’une efficacité redoutable.
Big Little Lies, comme toutes les bonnes séries américaines, nous dit quelque chose sur l’Amérique de son temps. Son puritanisme est dénoncé dans la gué-guerre autour du spectacle musical de marionnettes. Son ambiguïté face au sexe et notamment la virginité des jeunes filles est très bien montré dans l’engagement d’Abigail, fille de Maddie.

Bref, Big Little Lies est une série à ne pas manquer, d’autant qu’elle ne compte que sept épisodes. Allez y, regardez, et alliez le plaisir d’un bon scénario, de dialogues fins et d’une interprétation impeccable.

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Du même réalisateur que Big Little Lies, Jean-Marc Vallée :    

BLACK MIRROR, « WHITE CHRISTMAS »: JOURS ÉTRANGES

4 out of 5 stars (4 / 5)

Le premier film qui vient à l’esprit quand on regarde l’épisode de Noël de Black Mirror, c’est Strange Days.

Strange Days, de Kathryn Bigelow (1995)
Strange Days, de Kathryn Bigelow (1995)

Dans cette dystopie-phare qui fêtera bientôt son vingtième anniversaire, un système perfectionné de vidéo permet de pénétrer l’esprit d’autrui, voir ce qu’il voit, ressentir ce qu’il ressent. Cet enregistrement de la mémoire était déjà le thème d’un autre épisode, « The Entire History of You, » où les citoyens pouvaient se repasser leurs meilleurs souvenirs en boucle jusqu’à en oublier de vivre, comme Lenny, dans le film de 1995.

L’épisode « White Christmas » de Black Mirror reprend l’idée d’entrer dans la tête des gens, mais la pousse à un niveau supérieur.

Où ai-je la tête ?

Une conversation entre deux hommes un matin de Noël ouvre sur un long flashback. Matt (charismatique et séduisant Jon Hamm, à mi-chemin entre Clive Owen et Chris Noth) raconte à Joe (touchant Rafe Spall) ses anciens boulots, pas forcément réglos.

Tout commence par un coaching séduction: un timide maladif cherche à courtiser une belle marginale  Se pose vite la question de la schizophrénie. Le jeune homme entend des voix, mais il s’agit de personnes véritables qui le conseillent sur sa façon d’agir. Et les coachs sont performants: une petite recherche faciale (merci Facebook et Google) et hop ! on connaît tout de la demoiselle, ses goûts et ses aspirations. Ce coaching est illégal, certes, mais tellement efficace.

L’épisode se concentre donc sur l’esprit, et conserve le thème cher à la série de ce que la technologie peut faire pour nous, mais aussi contre nous.

Une jeune femme riche (Oona Chaplin, Talisa Maegyr dans Game of Thrones) décide d’avoir une nouvelle domestique. Seulement, elle veut que tout soit exactement à son goût. Rien de tel, alors, que de tout faire soi-même. Mais pourquoi se fatiguer, si l’on peut créer son propre clone ? Nous parlions ici du clonage de confort, et ici du courage de Robin Wright d’affronter dans un rôle la possibilité de son remplacement par un double numérique.

Cette fois, Charlie Brooker se met du côté du clone. Que ressent-elle ? S’agit-il d’un être puisqu’elle est pensante, bien que dépourvue de corps ? C’était déjà le débat soulevé par Spike Jonze dans Her. Le clone souffre, pense, se rebelle, et il faut le mater avec sévérité.

Le châtiment du clone dans cet épisode rappelle la torture du personnage de Stefan Zweig dans Le Joueur d’échecs.

Le sadisme de Black Mirror (Attention spoilers) 

Zweig contait l’histoire d’un homme emprisonné par les nazis dans une chambre dont il ne sortait que pour les interrogatoires. Étonnamment, la chambre est confortable, et le personnage se considère un temps comme privilégié. Mais il se rend compte de la nature de son châtiment: rien à faire dans cette chambre, pas un livre, pas un crayon, rien d’autre que son propre esprit comme prison infernale.

C’est alors qu’il trouve un livre sur les plus grandes parties d’échecs. Il s’y consacre tout entier jusqu’à devenir un génie du jeu.

La cause des clones

Pour le clone de Black Mirror, point de livre. Juste la torture d’une salle vide pour qu’elle consente enfin à travailler… pour elle-même.

Clone prisonnière dans l'épisode "White Christmas" de Black Mirror
Clone prisonnière dans l’épisode « White Christmas » de Black Mirror

Défendre la cause des clones était déjà l’idée de Kazuo Ishiguro dans sa dystopie de 2005, Never Let Me Go, traduit en français par Auprès de moi toujours.

Ce livre a été adapté au cinéma en 2010.

Pour la dernière partie, c’est l’histoire de Joe qui est mise en valeur. Sa petite amie enceinte l’a rejeté, et l’a « bloqué » par tous les moyens possibles.
La série nous montre comment les nouvelles technologies nous permettent d’exclure les autres de notre vie. Dans l’épisode, une fois bloqué, on ne voit plus de l’autre que sa silhouette pixelisée. On l’efface littéralement de notre existence.
Boris Cyrulnik parlait de ce danger des réseaux sociaux de ne pas permettre la relation durable avec l’autre, justement parce que l’on se fait des « amis » que l’on peut oublier en un clic.
« White Christmas, » c’est plusieurs épisodes de Black Mirror en un seul: les fans reconnaîtront la chanson d’Abi dans le deuxième épisode de la série, « 15 Million Merits. »
La fin des différentes parties dénote du sadisme trop présent dans la série. Chaque fois, la violence va trop loin, et les images jouent sur le plaisir malsain du spectateur à voir souffrir les personnages. Ce « White Christmas » ressemble en cela au « White Bear » de la deuxième saison, qui finissait également en scène de torture. On témoignait chaque fois du sadisme des responsables du dispositif.
À la fin de l’épisode, Joe est coincé dans une boucle de temps, sorte de Noël sans fin, où il revit à l’infini sa scène de meurtre, comme les prisonniers de Minority Report.
Prison futuriste dans Minority Report, de Steven Spielberg (2002)
Prison futuriste dans Minority Report, de Steven Spielberg (2002)
Les différentes prisons de cet épisode permettent à Charlie Brooker de dénoncer une pratique courante aux Etats-Unis, celle du solitary confinement (cellule d’isolement.)
La punition de Joe dans « White Christmas » est symbolisée par une boule à neige, clichée au cinéma.

L’effet boule à neige

 
De nombreux films ont pris la boule à neige comme symbole de prison et de répétition éternelle.
L’un d’eux est Dellamorte Dellamore, de Michele Soavi, sorti en 1994.
 
 
 
Récemment, Peter Jackson reprenait le même symbole dans The Lovely Bones (2009).
Le monde du pingouin n’est pas angoissant, contrairement à celui de Black Mirror. Voici ce que Susie, héroïne du film de Peter Jackson, en dit:

The penguin was alone in there, I
thought, and I worried for him. When I told my father this, he said,
« Don’t worry, Susie; he has a nice life. He’s trapped in a
perfect world.

Le pingouin était tout seul là-dedans, et je m’inquiétais pour lui. Quand je l’ai confié à mon père, il m’a dit « Ne t’inquiète pas , Susie: sa vie est agréable. Il est piégé dans un monde idéal. »

Jackson se sert de cette métaphore facile pour annoncer ce que vivra plus tard Susie, elle aussi enfermée dans son propre monde.
 
La boule à neige est un symbole éculé de Noël. Des films mineurs plus légers, comme Tous les jours Noël (1996) ou Boule de neige (2007) font la morale sur la magie de Noël et la volonté d’une existence parfaite comme illusoire et nocive.
Il s’agit, dans cet épisode de Black Mirror, de détourner le symbole heureux en le rendant cauchemardesque (c’est le principe de la dystopie.) Le traditionnel chant de Noël devient outil de torture, comme la neuvième symphonie de Beethoven dans Orange Mécanique ou, plus récemment, « My Chérie Amour » de Stevie Wonder dans Happiness Therapy.

Le double visage de Black Mirror

Le décor futuriste de Black Mirror continue de traiter des sujets intemporels : la timidité en amour, les questions éthiques sur la technologie, les pères rejetés lors d’une séparation, le désir
d’enfant. Cependant, on peut se demander si ces questions ne sont pas traitées avec un versant sadique qui jouerait sur les mécanismes que Black Mirror prétend dénoncer.
Il ne faut pas oublier que cette série, si elle paraît excellente, est produite par Endemol, maison de production du fameux « Big Brother. » La série dénonce les dérives possibles de X Factor (La Nouvelle Star) dans le deuxième épisode, quand sa maison de production est le leader de la télé-réalité sous toutes ses formes.
Une manière de gagner des téléspectateurs deux fois: les adeptes de télé à sensations d’un côté, et ses détracteurs de l’autre, qui regarderont la série d’un œil avisé.
Cynisme de la part d’Endemol ? Hypocrisie ? Apparemment, on n’a pas fini de commenter la série qui prétend dénoncer les excès de la télévision, quand ces mêmes excès sont le fond de commerce de sa maison de production. Le logo d’Endemol est évocateur: l’œil de Big Brother nous regarde, quand il prétend nous faire regarder.
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House of Cards : les méchants crèvent l’écran


4 out of 5 stars (4 / 5)

Dans Maléfique, récemment sorti au cinéma, les studios Disney nous invitaient à changer de point de vue sur La Belle au bois dormant, en adoptant celui de la sorcière.

Dans les séries télévisées, le même phénomène se produit. On nous a vendu Dexter avec le slogan suivant : « Le gentil, c’est le méchant. »



Sous cette formule orwellienne se cache une nouvelle tendance, du petit au grand écran : se mettre du côté du criminel, et espérer, d’une certaine manière, sa victoire.

Dexter, méchant légitime ?

Dexter est un cas particulier : il s’agit d’un méchant que l’on peut qualifier de « légitime. » Il tue les criminels dangereux. On peut tout à fait remettre en question l’idée qu’un méchant ne l’est pas vraiment s’il ne tue que des criminels coupables jusqu’à l’os.
Cela traduit une morale très américaine : le droit de faire justice soi-même si la justice officielle ne permet pas d’arrêter les récidivistes. Dexter travaille d’ailleurs en étroite collaboration avec les autorités. On peut se demander si cette série ne conforte pas les défenseurs de la peine capitale, majoritaires aux États-Unis : il serait juste de tuer des tueurs.
L’un des ingrédients pour rendre le méchant sympathique est de lui trouver un traumatisme d’enfance pour expliquer sa cruauté d’adulte : Maléfique a eu le cœur brisé quand elle était jeune fille, et Dexter a assisté, enfant, au meurtre de sa mère par un forcené (scène disponible ici, âmes sensibles s’abstenir.) Le tout-psychologisant a donc envahi les écrans autant que les méchants qu’il souhaite racheter. On attendait le méchant sans excuse. C’est là que Frank Underwood est entré en scène.

Frank Underwood (Kevin Spacey) dans House of Cards
Frank Underwood (Kevin Spacey) dans House of Cards

House of cards : le méchant jubilatoire

Frank Underwood fait partie du congrès américain sous un mandat démocrate. Il rappelle, par son verbe et la mise en scène brillante de David Fincher, les figures de vilains shakespeariens. Dans Richard III, le roi en devenir fait part au spectateur de ses plans machiavéliques pour arriver au pouvoir. Tout au long de la pièce, il s’adresse au spectateur sur le mode jubilatoire . Il parvient par exemple, après avoir assassiné son père et son époux à séduire Lady Ann, dans une scène magistrale de duplicité. Ensuite, il se tourne vers le spectateur (dans les didascalies, on dit qu’il lui parle en aparté) et lui fait part de sa satisfaction quant à l’efficacité de sa sournoiserie.
C’est exactement de cette manière qu’agit Frank Underwood, dans un jeu de caméra et de regards qui rend le spectateur « complice » des méfaits de l’homme politique. Autre point commun avec Shakespeare, l’ironie dramatique. Cet autre terme théâtral désigne ce que sait le public mais qui est ignoré des personnages.

La jubilation est alors celle du spectateur, devenu actif, qui assiste à la chute des personnages dans les pièges tendus par le protagoniste.

Al Pacino a également tenu le rôle de Richard III au cinéma. C’est d’ailleurs un habitué des rôles de méchant jubilatoire. on se souvient de lui dans L’Associé du diable, où il jouait le démon en personne. Dans une scène pleine d’ironie, on le voyait à l’église, plonger son doigt dans l’eau bénite pour la faire bouillir.

Frank Underwood, pour éviter un procès gênant, prononce un discours à l’église, à la place du prêtre, tout en confiant au spectateur, en aparté, des réflexions qui frôlent le blasphème.

Le méchant, pour gagner notre sympathie, doit donc nous faire sourire. Mais Frank Underwood, à mesure que la série avance, ferait plutôt frissonner.


Frank Underwood : la fascination de la méchanceté

Le personnage évolue, au long de l’intrigue, de méchant jubilatoire à effrayant. Dès lors, ses réflexions en aparté au spectateur prennent une autre dimension. De complice, le spectateur se sent soudain menacé par le personnage. C’est alors que s’exerce une forme de fascination. On regarde, subjugué (au sens premier de « sous le joug ») par cet homme de pouvoir qui, telle Shéhérazade, nous incite à découvrir la suite de l’histoire. Sauf que dans House of Cards, c’est Shéhérazade qui coupe les têtes. On se demande même, à la fin du premier épisode de la saison deux, si le narrateur ne va pas exécuter ses auditeurs, non plus ses acolytes mais les témoins de ses crimes. Frank Underwood, en somme, manipule tout le monde, y compris ceux qui suivent ses aventures.
Kevin Spacey, bien sûr, n’a pas été choisi au hasard. Il est habitué aux rôles de méchants au cinéma, dont le fameux Usual Suspects, et surtout, Seven, du même David Fincher. Dans ces deux cas, il s’agit d’un méchant imprévisible, et diablement efficace (pour un article sur les méchants qui gagnent à la fin, voir celui d’Allociné, mais attention, spoilers garantis.)
Frank Underwood passe donc du méchant réjouissant au méchant terrifiant. Il rappelle alors un autre héros shakespearien : Macbeth. Frank Underwood, en effet, n’agit pas seul : il a pour épouse Claire (magnifique Robin Wright) obsédée, comme lui, par le pouvoir suprême.

Kevin Spacey et Robin Wright dans House of Cards
Kevin Spacey et Robin Wright dans House of Cards

Frank et Claire Underwood : nouveau couple Macbeth

A mesure que l’on suit le couple Underwood, c’est à nouveau Shakespeare qui vient à l’esprit.
Claire Underwood apparaît en Lady Macbeth moderne : requin en affaires comme son mari l’est en politique, elle se place en complice des machinations de son homme pour accéder à la présidence. Comme les Macbeth, les Underwood n’ont aucun secret l’un pour l’autre. Des cauchemars viennent tourmenter Claire, comme Lady Macbeth, qui se lave les mains sans cesse lors de terreurs nocturnes, car elle les voit souillées de sang. Le rapport entre les Underwood est plus symétrique que pour les Macbeth. Dans la pièce de Shakespeare, c’est Lady Macbeth qui souffle le crime à l’oreille du mari. Dans House of Cards, Claire semble étonnamment muette, ce qui la rend plus effrayante. On attend la chute de Frank Underwood comme celle d’un héros tragique, finalement trahi par son hubris.

Ellen Terry en Lady Macbeth de John Singer Sargent, (1889)
Ellen Terry en Lady Macbeth de John Singer Sargent, (1889)



House of cards, de l’histoire à l’Histoire

La deuxième saison de House of Cards multiplie les clins d’œil à l’Histoire américaine. Le président a des faux airs de Kennedy (plutôt jeune, bel homme, et démocrate.) Dans le pilote de la série, Frank Underwood tranche métaphoriquement la tête du président avec un peu de confiture sur un journal. Iznogoud voulait être calife à la place du calife. Frank Underwood, dans un tout autre style, a la même obsession en tête. C’est ainsi qu’il apparaît comme un autre président, Lyndon B. Johnson, qui succéda à JFK après son assassinat.

Lyndon B. Johnson et John Fitzgerald Kennedy
Lyndon B. Johnson et John Fitzgerald Kennedy

Les rumeurs les plus folles ont couru sur le compte du vice-président ayant accédé à la fonction suprême : il aurait commandité le meurtre de Kennedy pour prendre sa place. Lyndon B. Johnson a remplacé Kennedy pour la fin de son mandat, et a été finalement élu par le peuple américain pour un mandat véritable. Frank Underwood espère suivre le même chemin. Il a d’ailleurs à son service une secrétaire au prénom savoureux, Jackie.

Aujourd’hui, Le Huffington Post propose un « Qui est qui » entre les personnages de House of Cards et les véritables politiques au pouvoir aux Etats-Unis.

House of Cards a fait naître une nouvelle race de méchant : sans excuse, horrible jusqu’au bout, il nous rend tour à tour témoin et complice, dans une réalisation sans faille de David Fincher, fasciné par les méchants qui arrivent à leurs fins. La troisième saison est en route. Seul l’avenir dira si Frank Underwood sortira vainqueur de son jeu dangereux.

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