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Archives de catégorie Cinéma

Elle l’adore : comédie glaçante


4 out of 5 stars (4 / 5)

Le titre, c’est Berger qui revient en mémoire. Muriel a tout de la groupie rêveuse dans la chanson de 1980. Michel Berger nous disait que la groupie du pianiste suivrait son idole jusqu’en enfer.
C’est ce qui arrive à Muriel Bayen.

  Sandrine Kiberlain (Muriel Bayen) dans Elle l'adore, de Jeanne Herry (2014)
Sandrine Kiberlain (Muriel Bayen) dans Elle l’adore, de Jeanne Herry (2014)

Les fans inquiétants au cinéma

J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film à l’UGC des Halles, et de poser quelques questions à l’équipe.
Jeanne Herry, jeune réalisatrice dont c’est le premier film, est la fille de Julien Clerc et de Miou-Miou. Quand je demandais aux membres de l’équipe s’ils pensaient qu’elle avait connu une admiratrice inquiétante, Laurent Lafitte m’a répondu que l’une d’elles découpait toutes les photos de Julien Clerc dans les magazines, collectionnait les articles, les posters, et tout ce qui se rapportait de près ou de loin au chanteur.
Bien que cette fan ne soit pas entrée dans une obsession malsaine, Laurent Lafitte a tout de même prononcé un nom évocateur, celui de Misery.

Livre Misery de Stephen King

Misery, sorti en 1987, est peut-être le meilleur roman de Stephen King. « La plus fervente admiratrice » de Paul Sheldon – auteur de la série à l’eau de rose « Misery » – kidnappe un jour l’écrivain pour le séquestrer chez elle. Rob Reiner a réalisé une adaptation réussie du livre en 1990.


Cette idée devait représenter une angoisse chez Stephen King, qui parlera à nouveau d’un écrivain traqué en 1989, dans La Part des ténèbres.
Tony Scott tentera sa chance sur le sujet en 1996, dans Le Fan, où Robert de Niro incarne l’admirateur d’un joueur de baseball (Wesley Snipes) dans une relation qui tourne à l’obsession.

 Affiche de The Fan

Côté français, le rapport de force s’inversait entre un jeune homme et un producteur, dans le film de Guillaume Canet sorti en 2002, Mon Idole.

Affiche de Mon Idole, de Guillaume Canet

Dans Elle l’adore, à mesure que le film avance, on ne sait plus bien qui, de la groupie ou du chanteur, domine l’autre.

Entre comédie noire et thriller psychologique

Sandrine Kiberlain joue extrêmement bien la dualité du personnage. Au début, elle apparaît en groupie adolescente découpeuse de magazines, qui entasse dans son appartement une montagne d’objets à l’effigie de Vincent Lacroix, chanteur populaire.


Laurent Lafitte (Vincent Lacroix) au piano
Laurent Lafitte (Vincent Lacroix) au piano

Peu à peu, la groupie se fait inquiétante, la bande originale du film et la réalisation accompagnant sa transformation.

Mythomane attachante, Muriel Bayen a tout du loup et de la petite fille des contes: connue comme le loup blanc lors des concerts de Vincent Lacroix, elle crie un peu trop au loup dans sa vie personnelle, racontant mille histoires farfelues pour mettre un peu de sel dans un quotidien qu’elle pense trop ordinaire.
Oui, mais voilà, lorsqu’une chose vraiment extraordinaire lui arrive, plus personne ne Lacroix (lapsus de plume, pardon.)
C’est fort dommage: ce n’est pas tous les jours qu’un célèbre chanteur frappe à votre porte pour vous demander de couvrir son crime.
Parce qu’elle est subjuguée (au sens littéral de « sous le joug ») par son idole, elle acceptera l’impossible.

L’originalité de Elle l’adore, c’est le ton. Sandrine Kiberlain a déjà prouvé qu’elle était une grande actrice comique dans 9 Mois ferme, autre comédie noire, cette fois réalisée par Albert Dupontel (2012)

Affiche de 9 Mois ferme

Elle l’adore offre une drôle d’expérience au spectateur, entre le rire et la tension. Le rire jaillit dans les moments les plus improbables, notamment lors de l’interrogatoire de police.La mythomanie de Muriel la sauve dans ce moment crucial. Son don pour le mensonge est loin d’être décoratif: il devient un agent de l’intrigue.

Mais que fait la Polisse ?

Jeanne Herry aurait pu tomber dans le mauvais téléfilm, mais de bonnes trouvailles de réalisation jouant sur les associations d’idées et un montage astucieux lui font éviter cet écueil.
Au cinéma, il est rare qu’on rie dans un commissariat. C’est la cas dans Garde à vue, grâce aux dialogues savoureux de Michel Audiard.

Affiche de Garde à vue, de Claude Miller (1981)
Affiche de Garde à vue, de Claude Miller (1981)

C’est aussi le cas dans Polisse de Maïwenn, où l’actrice-réalisatrice avait l’intelligence de montrer les policiers au travail ainsi que dans leur vie personnelle. Ils apparaissaient humains, tantôt drôles, fragiles, tendres ou inquiets. Jeanne Herry, comme Maïwenn, nous rappelle que les flics ont aussi une vie privée, des sentiments et des douleurs, qui peuvent influer sur leurs fonctions.


On retrouvait d’ailleurs Sandrine Kiberlain dans Polisse  en bourgeoise déchirante. Son physique, digne des films de Chabrol, lui permettent d’allier à son talent comique la possibilité de jouer dans un thriller psychologique.
Laurent Lafitte est également meilleur dans les rôles nuancés. On se souvient de lui dans Duo d’escrocs, en homme d’affaires requin, et la caricature ne lui permettait pas de montrer l’étendue de son talent. Il est bien plus convaincant en homme tourmenté dans Elle l’adore.
La belle découverte du film, c’est justement le couple de flics. Pascal Demolon est excellent en flic intègre et nerveux, et Olivia Côte, dans le rôle de sa collègue, a beaucoup de charisme.

Pascal Demolon et Olivia Côte, duo de flics dans Elle l'adore
Pascal Demolon et Olivia Côte, duo de flics dans Elle l’adore

Questions-réponses de l’équipe de Elle l’adore

Jeanne Herry a indiqué que la scène à ne pas rater était justement celle de l’interrogatoire. Elle tenait aussi à faire de la vraie-fausse émission de Michel Drucker un moment de cinéma. C’est effectivement la scène la plus réussie du film. On voit Vincent de dos, jouer du piano, dans un moment noyé de musique, aux effets sonores très travaillés.
Le scénario est très écrit. C’est en réalité sa vingtième version que nous découvrons en salles. Jeanne Herry a d’ailleurs fait ses débuts dans l’écriture avec 80 étés, qui était déjà « fantaisiste et grave à la fois, » selon les mots du producteur du film, Alain Attal.

80 étés, de Jeanne Herry (2005)
80 étés, de Jeanne Herry (2005)

Un suspense à perdre Allen (Attention spoilers)

La scène la plus difficile à tourner, pour Jeanne Herry, était celle de la mort de Julie, compagne de Vincent Lacroix. Férue de Cluedo, la cinéaste a choisi  comme arme du crime une victoire de la musique. Cette touche d’humour noir n’est pas sans rappeler le golden globe qui tuait Havana Segrand (Julianne Moore) dans Maps to the Stars.

Affiche de Maps to the Stars, de David Cronenberg (2012)
Affiche de Maps to the Stars, de David Cronenberg (2012)

Par ailleurs, la fin de Elle l’adore est symboliquement proche celle de Match Point de Woody Allen (2005)

Affiche de Match Point de Woody Allen

Il s’agit d’une référence pour la réalisatrice, qui a aussi évoqué Crimes et délits, du même Woody. Le premier film ressemble à une ébauche du deuxième. Les thèmes sont similaires: le meurtre, la culpabilité, le hasard.

Affiche de Crimes et délits de Woody Allen

On retrouve des éléments de scénario de Match Point dans Elle l’adore comme la bague, et le flic acharné qui finit par se résigner.

Un premier film étonnant

Il est difficile de bien tourner un premier long-métrage, surtout quand il s’agit d’un thriller.
Fred Cavayé, en 2008, y était parvenu avec brio.

Affiche du film Pour Elle, de Frédéric Cavayé (2008)
Affiche du film Pour Elle, de Frédéric Cavayé (2008)

Jeanne Herry réalise un premier film étonnant, finement écrit et fort bien mené, qui allie thriller et humour noir. Une belle pléiade d’acteurs sert ce scénario original, dans un rire empli de tension, une farce cruelle aux relents de drame.

Jeanne Herry et Laurent Lafitte
Jeanne Herry et Laurent Lafitte

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Sils Maria : analyse du film et explication de la fin (Spoilers)

4 out of 5 stars (4 / 5)
Sils-Maria est un petit village alpin où de nombreux auteurs et cinéastes sont venus trouver le calme et l’inspiration au cours du 19ème siècle.

Village de Sils-Maria film assayas binoche kristen stewart
Village de Sils-Maria

Parmi eux, Proust, Thomas Mann, Cocteau, et un certain Nietzsche.

Un film à échos

Olivier Assayas semble nous parler d’éternel retour. Une actrice, à vingt ans, jouait une jeune fille, Sigrid, séduisant une femme mûre, Helena. Vingt ans après, elle incarne la femme mûre en question, et son ancien rôle est tenu par une starlette.
Les actrices font de Sils Maria un film à échos: de la pièce à la vie de celles qui la jouent, de la femme au personnage, du personnage à l’actrice. Qu’il s’agisse de Juliette Binoche, Kristen Stewart ou Chloe Grace Moretz, le script joue sur plusieurs niveaux de lecture, brouille les pistes, et demande une participation active du spectateur.

Nuages et obsession

Le titre original est Sils Maria Clouds. Le titre français supprime le troisième mot, pourtant essentiel. Les nuages font partie intégrante de la symbolique proposée par Assayas.
Le serpent  de nuages (Maloja Snake) qui envahit peu à peu le paysage est à mettre en parallèle avec l’influence insidieuse d’une jeune fille sur une femme plus âgée.

Le "Maloja Snake" sils maria film
Le « Maloja Snake »

Par ailleurs, on retrouve le prénom de l’héroïne dans le nom du village, Maria.
Le personnage qu’elle doit incarner sur scène, Héléna, dit de sa jeune confidente « I got you under my skin, » fort mal traduit dans les sous-titres français par « je suis déstabilisée. » Il faut au contraire prendre l’expression anglaise au pied de la lettre. On peut, bien sûr, la lire comme une déclaration passionnée (« Je t’ai dans la peau ») mais elle peut également se comprendre de façon très littérale: la jeune Sigrid pénètre sous la peau d’Helena, comme dans une histoire de possession démoniaque, jusqu’à ce que les deux femmes ne fassent plus qu’une.
D’où cette obsession des nuages pénétrant la montagne.
L’actrice (vieillissante malgré elle) Maria Enders, et son assistante Valentine (prénom d’amoureuse) entretiennent une relation ambiguë, tout comme les personnages de la pièce, Sigfrid et Héléna. Juliette Binoche et Kristen Stewart incarnent parfaitement ce tandem.

Juliette Binoche et Kristen Stewart dans Sils Maria, d'Olivier Assayas (2014)
Juliette Binoche et Kristen Stewart dans Sils Maria, d’Olivier Assayas (2014)

Une histoire de noms 

Sigrid… Ce prénom scandinave signifie à la fois beauté, sagesse et pouvoir, trois qualités que semble posséder la jeune fille ambitieuse.
Pour le prénom de l’autre femme, on peut aisément penser à Helena, personnage de Shakespeare dans Le Songe d’une nuit d’été. Helena, c’est l’amoureuse déçue de Demetrius qui, lui, n’a d’yeux que pour son amie, Hermia.

Helena (Calista Flockhart) dans A Midsummer Night's Dream, adaptation de Shakespeare par Michael Hoffman (1999)
Helena (Calista Flockhart) dans A Midsummer Night’s Dream, adaptation de Shakespeare par Michael Hoffman (1999)

Cela expliquerait que l’on appelle l’Helena du film d’Assayas « Poor Helena! » (Pauvre Helena) comme dans Le Songe. On peut aussi penser à la pauvre Helena de Tout est bien qui finit bien, femme passionnée et sans le sou, sous la plume du même Shakespeare.

Pièce de Shakespeare, Tout est bien qui finit bien (All's well that ends well)

Quant à Jo-Ann Ellis, la jeune actrice écervelée du film, a-t-elle emprunté son patronyme à un certain Bret Easton, auteur de romans brillants et scandaleux ?

American Psycho, roman de Brett Easton Ellis

Le fantôme de Cronenberg

Plusieurs films viennent à l’esprit lors du visionnage de Sils Maria. Tout d’abord, Maps to the Stars, de David Cronenberg.
Au début de Sils Maria, l’auteur de la pièce décède. Son fantôme planera sur le film comme les fantômes de Hollywood sur celui de Cronenberg.

Havana Segrand (Julianne Moore) et Clarice Taggart (Sarah Gadon) dans Maps to the Stars de David Cronenberg (2014)
Havana Segrand (Julianne Moore) et Clarice Taggart (Sarah Gadon) dans Maps to the Stars de David Cronenberg (2014)

Havana Segrand est hantée par le fantôme de sa mère. Il s’agit aussi de reprendre son rôle, des années après le film original. Dans le film d’Assayas reviennent les thèmes de l’âge d’une actrice, des choix de rôles déterminants dans sa carrière, et l’obsession de la jeunesse dans le monde du spectacle.
On retrouve aussi le rapport ambigu entre une actrice et son assistante, Havana Segrand et Agatha Weiss.

Mia Wasikowska et Julianne Moore dans Maps to the Stars
Mia Wasikowska et Julianne Moore dans Maps to the Stars

L’ironie a voulu que Juliette Binoche joue aussi sous la direction de Cronenberg, mais dans Cosmopolis, où elle partageait l’affiche avec un certain Robert Pattinson, nouvel acteur fétiche du réalisateur.
Il est savoureux de remarquer que dans le film d’Assayas, c’est Kristen Stewart, autre actrice star de Twilight, qui lui donne la réplique.

Sils Maria: une fenêtre sur la vie des actrices

C’est dans ce casting qu’Assayas frappe très fort. il choisit Juliette Binoche, actrice de tout juste 50 ans, pour le rôle principal.
Dans Le Goût des autres, d’Agnès Jaoui (2000) Clara, comédienne, déclare: « Tu sais ce que c’est, une actrice de 40 ans au chômage ? Un pléonasme. »
Il faut peut-être saluer le courage de Juliette Binoche d’affronter dans ce rôle les craintes de toute actrice: la vieillesse, l’oubli, le dégoût (de soi et des autres) la concurrence de jeunettes sur le dur marché du cinéma. Maïwenn avait tenté de soulever ces questions, avec légèreté, dans Le Bal des actrices.
Robin Wright, dans Le Congrès, avait fait preuve de la même bravoure, et n’hésitait pas à aller plus loin: elle jouait son propre rôle. Elle se montrait sans fard, en actrice dans le creux de la vague, prête à signer un contrat léonin avec un producteur terrifiant.

Affiche française du film Le Congrès, de Ari Folman (2013)
Affiche française du film Le Congrès, de Ari Folman (2013)

Kristen Stewart étonne

Quant à Kristen Stewart, cette jeune actrice qui a débuté dans un teen movie à succès tente, comme Robert Pattinson, d’ailleurs, de se faire une place dans le cinéma d’auteur.
Juliette Binoche nourrissait-elle les mêmes préjugés envers Kristen Stewart que Maria Enders envers Jo-Ann Ellis, actrice écervelée (façon Lindsay Lohan) dans Sils Maria ?

Jo-Ann Ellis (Chloe Grace Moretz) dans Sils Maria
Jo-Ann Ellis (Chloe Grace Moretz) dans Sils Maria

Chloe Grace Moretz est un peu dans le même bateau que Kristen Stewart, elle a joué dans une version teen movie de Carrie, justement aux côtés de Julianne Moore.
D’où la double lecture que l’on peut avoir du discours de Valentine sur les films de SF pour ados: sous l’aspect fantaisiste des costumes et des supers-pouvoirs, le rôle de Jo-Ann Ellis dans son blockbuster en 3D aurait une dimension universelle, le thème de l’amour déçu.
Twilight est très mauvais. Cependant, sous le teen movie, l’on retrouve les mythes fondateurs de Roméo et Juliette et de Dracula. Les romans à succès de Stephanie Meyer sont donc un pont possible vers de belles lectures, et la série de films un lien probable vers des œuvres d’une autre ampleur.

Affiche française du Dracula de Coppola (1992)
Affiche française du Dracula de Coppola (1992)

Kristen Stewart, en défendant Jo-Ann Ellis, défend sa propre carrière, ses propres choix, et l’intérêt que l’on peut trouver aux grands films populaires. Elle soulève, en passant, le fait que le même thème, dans un film tourné à la ferme ou à l’usine trouverait sans doute grâce aux yeux de Maria, aveuglée par ses préjugés bourgeois.

Kristen Stewart rejoint le cinéma d'auteur dans Sils Maria
Kristen Stewart rejoint le cinéma d’auteur dans Sils Maria

Pour ce qui est du rôle de Chloe Grace Moretz, il est plus subtil qu’il n’y paraît. Sous ses airs godiche, elle tient en réalité un discours à double sens. Le passage terrible où Maria vient lui donner un conseil de jeu, pour que l’on ressente le désespoir d’Helena dans la scène, est significatif: la réplique « tout le monde sait qu’elle est finie, » de la part d’une jeune actrice ambitieuse, peut être lue comme une boutade cruelle à l’adresse de la quadragénaire: « tout le monde sait que tu es finie (et que je prendrai ta place.) » Le nom de famille de Maria, Enders, confirme cette tendance.

Un air de Polanski

Ces dialogues à double sens font aussi le génie du film de Polanski, La Vénus à la fourrure.

Affiche de La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski

Vanda, comme Jo-Ann Ellis, est faussement sotte. Sa gouaille argotique contraste avec le verbe compassé (terme entendu à plusieurs reprises dans Sils Maria) de Thomas, metteur en scène parisien, intellectuel et un peu snob.
On témoigne dans les deux films d’une réflexion sur le théâtre, la condition d’actrice, et d’une confusion entre les personnages d’une pièce et leurs interprètes.

Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric sur le tournage de La Vénus à la fourrure (2013)
Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric sur le tournage de La Vénus à la fourrure (2013)

Maria Enders et Mrs Dalloway (Attention Spoilers)

La trame de Sils Maria s’approche aussi de celle de Mrs Dalloway, qui contait en son temps le vertige existentiel d’une femme vieillissante, revenant en pensée sur ses choix de vie.

Vanessa Redgrave et Natascha Mc Elhone à l'affiche de l'adaptation de Marleen Goris (1997)
Vanessa Redgrave et Natascha Mc Elhone à l’affiche de l’adaptation de Marleen Goris (1997)

La fin, surtout, utilise la même technique que le roman de Virginia Woolf. La romancière ne souhaitait pas tuer son héroïne. Elle a donc choisi de tuer son double, son miroir, le poète fou Septimus. Ce choix est fort bien expliqué dans The Hours, film de Stephen Daldry, adapté du roman de Michael Cunningham.



Olivier Assayas ne tue pas non plus Juliette Binoche. Il choisit de pousser une femme trompée à la tentative de suicide, et de faire disparaître Valentine, les deux possibilités, du suicide et de la simple disparition, étant une interprétation possible du destin d’Helena dans la pièce.
La dernière image, sur Maria au visage serein avant d’entrer en scène le soir de la première, témoigne de son passage réussi de l’autre côté du miroir. Sigrid devient Helena vingt ans plus tard, elle a apprivoisé ses démons, a accepté sa condition de comédienne et de femme.

Un film lumineux

Olivier Assayas propose un film tout en finesse sur la condition d’actrice à tout âge, dans un jeu de miroirs passionnant où des dialogues à double lecture mêlent habilement le destin des personnages et des actrices qui les incarnent.
Juliette Binoche, Kristen Stewart et Chloe Grace Moretz forment une ronde lumineuse, emplie de brume et de mystère. Sils Maria offre une réflexion fine et originale sur l’essence du théâtre.

Les trois actrices de Sils Maria et le réalisateur à Cannes
Les trois actrices de Sils Maria et le réalisateur à Cannes

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Les Gardiens de la galaxie : par amour des comics

4 out of 5 stars (4 / 5)

Génération 80

Si vous avez connu ça, vous avez sûrement l’âge de Peter Quill.
Cassette audio de Peter Quill dans Les Gardiens de la galaxie
Trentenaire potache, escroc attachant, Peter Quill est un hommage aux geeks de sa génération, qui ont joué aux jeux Atari quand ils étaient petits, écouté Bowie avec leur grand frère, récité les dialogues de Star Wars devant une vidéo qui avait fait la guerre.
jeu vidéo Atari
Ceci est un jeu vidéo Atari
vieille cassette vidéo
Ma première vidéo de Star Wars (on ne jette pas ces choses-là)
Cela aurait dû être l’univers de Peter, qui avait 9 ans en 1988. Oui, mais voilà. Sa maman meurt, et il est enlevé par un vaisseau spatial empli de bandits qui prendront soin de lui jusqu’à l’âge adulte.

Un hommage aux geeks

Enfin, je dis l’âge adulte. Peter est un adulescent, vous savez, comme John Bennet, ce trentenaire qui a du mal à se séparer de son nounours qui parle ?
John et Ted se font une bière devant Flash Gordon
John et Ted se font une bière devant Flash Gordon
James Gunn a réalisé Les Gardiens de la galaxie dans le même esprit que Seth MacFarlane a écrit Ted : un hommage aux trentenaires fans de séries de SF improbables, qui vont à la Comic Conference tous les ans, et dépensent une fortune dans un sabre laser en plastique. Peter possède un surnom proche des pseudos de geeks convaincus sur les forums de discussion, Star-Lord (seigneur des étoiles, rien que ça.)
L’humour du film de James Gunn se rapproche aussi de celui de Shrek, hilarant et irrévérencieux.
Shrek, des studios Dreamworks (2001)
Shrek, des studios Dreamworks (2001)
Les deux B.O. proposent d’ailleurs la même chanson, dans un but parodique. il s’agit de « Escape » plus connue sous le titre de « If you like pina coladas. »
James Gunn, en insistant sur l’humour et l’autodérision, revient aux sources du Comic qui, comme son nom l’indique, fait rire.

Du comic strip au comic book

John Bennet a un nounours qui parle, et Calvin a un tigre en peluche qu’il prend pour un tigre véritable (il parle, lui aussi.)

Le comic vient du comic strip, gag de BD court.

Dernière vignette: – J’ai pris mon bain. – Mm. T’as fait vite
Le comic strip a évolué en comic book, les plus populaires étant ceux de Marvel, qui font la part belle aux super-héros.
Héros de Marvel
Héros de Marvel
Les Gardiens de la galaxie est truffé de références SF: des films impossibles des années 80 aux multiples versions de Star Trek, en passant par Le Guide du voyageur intergalactique, tous les geeks y trouveront leur compte, des novices aux plus aguerris. Les Gardiens de la galaxie font des clins d’œil évidents à Star Wars, mais aussi à Howard le canard, autre personnage de BD qui a pris vie au cinéma.
Howard le canard dans le film de Willard Huyck (1986)
Howard le canard dans le film de Willard Huyck (1986)
Mais commençons par le plus simple, d’accord ?

Pour les fans de Star Wars

Dans Les Gardiens de la galaxie, le gros méchant s’appelle Ronan et se ballade dans son Dark Aster (astre sombre) dont le nom connote L’Etoile Noire dans Star Wars. La série de comics Les Gardiens de la galaxie, cependant, date de 1969, soit huit ans avant la parution de La Guerre des étoiles.

L'Etoile Noire
L’Etoile Noire

Cette sphère ne vous rappelle rien ? Le fameux orbe qui détient tant de puissance dans le film de James Gunn est une version miniaturisée de la station spatiale créée par George Lucas.

Chris Pratt devant l'orbe
Chris Pratt devant l’orbe
Les vaisseaux spatiaux sont également très similaires:
Vaisseau spatial dans Star Wars
Vaisseau spatial dans Star Wars
Le "Dark Aster" dans Les Gardiens de la galaxie (qui fera la joie des amateurs de Lego)
Le « Dark Aster » dans Les Gardiens de la galaxie (qui fera la joie des amateurs de Lego)

Sans oublier le méchant lui-même:

Ronan, sorte de Dark Vador avec un tapis de douche sur la tête au lieu du casque, et le maquillage de Dark Maul en plus négligé.
Ronan, sorte de Dark Vador avec un tapis de douche sur la tête au lieu du casque, et le maquillage de Dark Maul en plus négligé
Ronan, donc, a précédé Dark Vador. James Gunn, cependant,par sa réalisation, présente Ronan en jumeau du robot impitoyable: Ronan est filmé de dos, silencieux, et sa coiffe lui est posée sur la tête à la manière du casque du Sith.
Dark Vador nous adresse son plus beau sourire
Dark Vador vous adresse son plus beau sourire
Dark Maul
Dark Maul et son maquillage en rouge et noir (vous voyez, on ne quitte pas les années 80)

Un air de famille

Bref, Les Gardiens de la galaxie feront les beaux jours du site « Totally Looks Like » qui met en parallèle des photos de personnes ressemblantes.

Par exemple, Gamora pourrait être la fille cachée de la méchante sorcière de l’ouest:

Gamora (Zoe Saldana)
Gamora (Zoe Saldana)
La méchante sorcière de l'ouest dans Le Magicien d'Oz, de Victor Fleming (1939)
La méchante sorcière de l’ouest dans Le Magicien d’Oz, de Victor Fleming (1939)
Les méchants ont décidément la cote (voir cet article-ci, et puis celui-là.)Le costaud de la bande ressemble à un personnage de Sin City:

Drax le destructeur, gardien de la galaxie (Dave Bautista)
Drax le destructeur, gardien de la galaxie (Dave Bautista)
Marv dans Sin City (Mickey Rourke, méconnaissable) sorti en 2005
Marv dans Sin City (Mickey Rourke, méconnaissable) sorti en 2005

Rocket Raccoon est une version modernisée et féroce des marionnettes de Jim Henson:

Rocket Raccoon Gardiens de la Galaxie
Rocket Raccoon
Sir Didymus dans Labyrinthe, de Jim Henson (1986)
Sir Didymus dans Labyrinthe, de Jim Henson (1986)
Quant à Groot (contraction de grrr et « root, » racine en anglais) eh bien…
Groot dans Les gardiens de la galaxie
… il me rappelle Lassie.
Lassie, chien fidèle
Vous perdez pied ? Je ne parle pas de ressemblance physique, mais d’une capacité de Groot, comme le chien fidèle, à se faire comprendre par « son maître, » Rocket Raccoon. Groot ne sait dire qu’une seule phrase, « I am Groot, » que le raton-laveur peut comprendre de mille façons.Lassie, dans la série télévisée, parvenait à sauver des vies, en donnant de précieuses informations au protagoniste sous forme… d’aboiements. Cela a même été parodié dans le Woody’s Roubdup de Toy Story 2 et, côté francophone, dans un sketch d’Anthony Kavannagh.

On a marché sur la tête (euh, la Lune)

Mais revenons un instant à Star Wars. Quand Dark Vador entre en scène, on entend ça:

Mais quand Peter Quill sillonne l’espace, on entend ceci :



Bowie a été estampillé, dans les années 70, chanteur officiel de la conquête de l’espace, puisque son premier succès, « Space Oddity, » a accompagné les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune. C’est « Moonage Daydream » qui accompagne nos nouveaux héros de l’espace.

Si on allait à Disneyland ?

Les Gardiens de la galaxie donnent l’impression d’un tour de manège de deux heures.
Toujours côté Star Wars, on a l’impression que les (somptueux) décors du film de James Gunn sont directement inspirés de l’attraction de Disneyland, « Star Tours, » et plus généralement de Discoveryland, partie futuriste du parc. Pas très étonnant, quand on sait que les studios Disney ont distribué le film de James Gunn.
Attraction Star Tours à Disneyland Paris
Attraction Star Tours à Disneyland Paris
Le film ressemble aussi à « Captain EO, » autre attraction des parcs Disney. Ce film en 3D était une expérience unique en 1986. Il est donc intéressant de voir Les Gardiens de la galaxie en 3D. Gunn tente de procurer la même sensation au spectateur que le film, réalisé par Francis Ford Coppola et produit par George Lucas (encore lui) qui mettait en scène, dans leur court-métrage révolutionnaire, un certain Michael Jackson.

Les Gardiens de la galaxie, dans l’air du temps

Malgré toutes ces références de trente ans d’âge, Les Gardiens de la galaxie s’inscrivent dans l’air du temps. La fameuse cassette audio, ô combien dépassée à l’heure du tout numérique, a hérité d’un charme vintage qui l’a remise au goût du jour.
Housse de portable cassette audio
Housse de portable
T-shirt cassette audio
T-shirt
Tatouage cassette audio
Tatouage
Surtout, Peter Quill, le zéro devenu héros, permet à des millions de spectateurs une identification formidable.
La participation de Stan Lee, icône de la BD, comme producteur, a sans doute contribué à ce succès.
En somme, ne ratez pas ces deux heures de plaisir jubilatoire en salles, qui rendent au comic book ses lettres de noblesse.

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The Double : Jesse Eisenberg compte pour deux


4 out of 5 stars (4 / 5)

Mais de ce thème, abordé maintes fois en littérature et au cinéma, on peut tirer de petites et de grandes œuvres.
Richard Ayoade propose une adaptation originale et élégante du chef-d’oeuvre de Dostoïevski.


Une très belle réalisation

Ce qui frappe, dès la première scène, c’est le talent du réalisateur. Une photographie superbe, des plans et un montage novateurs. Il réussit le miracle de peindre un univers austère de manière éclatante.
The Double est en effet plongé dans une atmosphère kafkaïenne: longs couloirs, bureaux ocre, dialogues de sourds.


Dans Le Procès de Kafka, le personnage est arrêté, traîné en justice puis condamné sans savoir pourquoi. Il se noie alors dans un gigantesque marasme administratif, incapable d’en sortir.
C’est ce qui semble arriver à Simon James, employé de bureau mal dans sa peau, timide, transparent.

Quand le cinéma voit double

Jusqu’à l’arrivée de son double, James Simon. Son parfait sosie, il devient son ami avant d’entreprendre de le ruiner, comme chez Dostoïevski. Et Maupassant. Et Edgar Poe.

« William Wilson, » nouvelle d’Edgar Allan Poe sur le thème du double (1839)

La trame de la nouvelle de Poe épouse parfaitement celle de l’auteur russe, en plus court (20 pages au lieu de 300, ça aide: texte intégral traduit par Baudelaire ici)
Poe a souvent été adapté à l’écran, et sa nouvelle a fait des petits.
Mais c’est surtout le roman fondateur Dr Jekyll et Mr Hyde, de Stevenson, qui a trouvé de nombreux échos au cinéma.

Affiche du film de Victor Fleming (1941)

Dans Fight Club, un individu dépressif se créait à son tour un moi idéal (Brad Pitt, rien que ça.)

Edward Norton et Brad Pitt dans Fight Club, de David Fincher (1999)

Edward Norton et Brad Pitt dans Fight Club, de David Fincher (1999)


Le double n’est pas forcément effrayant. Dans Be Bad (fausse traduction de Youth in Revolt) Michael Cera – timide dégingandé de Juno – s’inventait un double pour séduire la jeune fille la plus cool du lycée.
Un coup de baguette, et le timide se change en tombeur, grâce à un double prêt à lui donner des leçons de séduction.
Michael Cera et son double dans Be Bad, de Miguel Arteta (2009)
Michael Cera et son double dans Be Bad, de Miguel Arteta (2009)
Même Les Simpson se sont pris au jeu. Dans l’un des épisodes, Bart rencontre la version BCBG de lui-même avant de prendre sa place.
Bart et son jumeau dans "L'échange" ("Double, Double, Boy in Trouble," saison 20, épisode 3 de la série Les Simpson)
Bart et son jumeau dans « L’échange » (« Double, Double, Boy in Trouble, » saison 20, épisode 3 de la série Les Simpson)

 

Un air de dystopie

Dans le film de Richard Ayoade, la tragédie côtoie l’humour, comme dans La Métamorphose (toujours de Kafka) où l’auteur raille justement un employé de bureau conformiste.


L’ambiance de The Double dénonce la routine des gratte-papier. Les employés ont des allures de clones du Meilleur des mondes.


Dans le monde de Simon, rien ne fonctionne: ni l’ascenseur, ni l’imprimante. C’est le parcours du combattant pour obtenir une photocopie, avec un beau jeu de mots sur « copy » en anglais, qui réfère, bien sûr, au double. Tout est vétuste, bien qu’il s’agisse d’un avenir proche aux allures rétro-futuristes, comme chez Gilliam.
Cet univers en décrépitude est proche de celui de Winston Smith dans 1984, surtout dans la version sobre de Michael Radford, sortie justement en 1984.
Winston Smith (John Hurt) dans 1984 de Michael Radford

Winston Smith (John Hurt) dans 1984 de Michael Radford

Il existe aussi, dans The Double, une figure de Big Brother, le Colonel.
A l’image de Winston, Simon se croit inexistant. On va jusqu’à utiliser le terme orwellien de « unperson » pour le qualifier.

Un monde kafkaïen

Les fonctionnaires ont une attitude absurde, par exemple ceux chargés des suicides, qui sont légion dans la société imaginée par Ayoade. Dostoïevski, à l’instar de nombreux grands auteurs russes, était fasciné par le suicide, même s’il n’a pas cédé à la tentation lui-même.
 
The Double est truffé de références au suicide plus ou moins voilées, dans des dialogues emplis d’humour noir. En cela, le film ressemble au dessin animé Le Magasin des suicides, où une famille pas comme les autres propose à ses clients mille et une recettes pour passer l’arme à gauche.

  Le Magasin des suicides, de Patrice Leconte (2012)
Le Magasin des suicides, de Patrice Leconte (2012)

Une bande originale très réussie

La bande originale de The Double est à l’image du film, pince sans rire. Par moments, une mélodie enlevée contraste avec le triste décor, comme dans Brazil.
Un morceau de samba dans un ministère, c’est  un peu comme les Beach Boys sous la grêle: ça fait bizarre. La musique de The Double donne souvent dans l’autodérision: on entend de la pop japonaise dans de sombres cafés et l’on voit le groupe rétro, Danny and the Islanders (le nom même est décourageant) dans un dîner d’entreprise:
Mais la B.O. comporte aussi des morceaux épurés et angoissants, emplis de violons nerveux, comme dans Psychose. Le compositeur, Andrew Hewitt, fait un très bel usage de la musique classique.

I’m a creep

A propos de musique, Simon se fait appeler « creep » et « weirdo » par ses collègues, comme dans la chanson de Radiohead. Ayoade a un penchant, présent chez Jeunet et Gilliam, pour les gens bizarroïdes, y compris dans les seconds rôles.Ces cinéastes choisissent souvent des acteurs à gueule aux vêtements Deschiens, des focales courtes et des plans en contre-plongée pour mettre en valeur les étranges visages.

La photo de bureau ressemble à celle de La Famille Tennenbaum dans le film de Wes Anderson (2001)


Le weirdo, chez les Anglophones, c’est aussi le voyeur (peeping Tom) qui regarde chez les voisins sans être vu.
Il en est des effrayants (dans les thrillers) des vieux qui s’ennuient (Raymond Dufayel dans Amélie Poulain) et des tendres qui espionnent leur aimée (Rick dans American Beauty.) Simon appartient à cette troisième catégorie. Toujours du côté de Hitchcock, Ayoade rend hommage, en passant, à Fenêtre sur Cour (1955)


On remarque beaucoup de jeux de regards et de miroirs dans The Double. Simon souffre d’être invisible aux yeux des autres, et tentera de devenir son antithèse par l’intermédiaire de son double.


Jesse Eisenberg incarne le double rôle de Simon et James dans The Double.

Une belle pléiade d’acteurs

L’occasion de parler de l’extraordinaire talent de Jesse Eisenberg, qui parvient à incarner le timide, renfermé et suicidaire, ainsi que le mec cool, tire-au-flanc et dragueur.
Il se rapproche, dans son rôle de timide, du Michael Cera cité plus haut, et redevient, quand il est arrogant, le Mark Zuckerberg de The Social Network: son débit est rapide, son ton froid, et il prend des airs supérieurs.

Jesse Eisenberg dans The Social Network, de David Fincher (2010)
Jesse Eisenberg dans The Social Network, de David Fincher (2010)

Les seconds rôles offrent aussi une belle pléiade d’acteurs: Mia Wasikowska, toujours mystérieuse, entourée de Wallace Shawn et Phyllis Somerville (excellents acteurs de second rôle) la prometteuse Yasmin Paige (qui jouait déjà dans Submarine, du même réalisateur) et James Fox, grand acteur britannique (que l’on va bientôt retrouver dans The Servant, réédité prochainement.)

Mia Wasikowska a des airs d'héroïne hitchcockienne sur l'affiche du film
Mia Wasikowska a des airs d’héroïne hitchcockienne sur l’affiche du film

Simon James, « notre héros »

Le mal-être de Simon, c’est le nôtre. Dostoïevski avait raison d’appeler son protagoniste « notre héros. » Son nom est Goliadkine, qui en russe se traduit par « insignifiant, nu. » Ayoade nous offre, en adaptant le roman, un beau film sur la solitude, le souhait d’être reconnu et aimé.Dans une merveilleuse réalisation proche du film noir, il dépeint le mal du siècle, celui de n’être qu’un parmi des millions, grain de poussière quand on rêve d’être étoile.


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