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Archives de catégorie Cinéma

THE DEAD DON'T DIE

The Dead Don’t Die : morts et heureux de l’être

1 out of 5 stars (1 / 5)
 
Bon, si je fais référence à un film de Mel Brooks pour vous parler d’un film de zombies, c’est mal parti.
 
 
 
 
Je suis une grande fan de Jim Jarmusch, et je me suis précipitée l’autre soir pour voir The Dead Don’t Die.
 
Assez vite, le ton s’installe. Il s’agit d’un hommage aux vieux films de zombies trouvés au vidéo club, avec l’image qui saute, le son dégueu, tout ça.
 
J’étais a priori conquise d’avance. J’adore les films de genre et leurs parodies / pastiches / et hommages en particulier.
 
 

On s’ennuie ferme

 
Devant un film de genre des années 70/80, on peut se lamenter sur bien des choses : le manque de budget, les acteurs à côté de la plaque, le scénario trop léger, les effets spéciaux douteux… mais jamais, au grand jamais, je ne m’étais encore ennuyée devant un film de zombies. Au pire, si c’est très mauvais, je me marre. La chose que ces films ont en commun, c’est tout de même l’action. A de rares exceptions, on suit l’histoire et l’on souhaite connaitre la fin, à savoir qui survivra ou non.
 
Devant The Dead Don’t Die, c’est l’inverse : la réalisation est brillante, mais on s’ennuie ferme. On retrouve le scénario médiocre, mais dans les dialogues nazes des vieux films de genre, on a au moins l’occasion de rigoler. Or, Devant le dernier Jim Jarmusch, on se marre très peu. 
 
L’intention parodique est évidente, notamment lors du dialogue répétitif entre les trois flics venus sur le lieu du crime au lendemain des premiers meurtres. Mais cela ne suffit pas. Le running gag n’est pas drôle. On entendra quelques rires complaisants à Cannes, rien de plus.
 
 
L’autre running gag navrant est celui de la chanson du film, The Dead Don’t Die, qui ressemble à une BO de Tarantino un peu fatiguée. Cette chanson n’apporte rien à la trame, hormis une vague excuse pour faire du méta (les acteurs vous rappellent pendant le film qu’il s’agit en effet d’un film).
 
 

Une dénonciation lourde de la société de consommation

 
 
Bande de nullards, vous ne pouvez pas vivre sans votre smartphone, et quand vous revenez à la vie, c’est uniquement pour réclamer des objets de consommation. C’est pas bien.
 
 
Cette analogie est d’une lourdeur épouvantable dans la dernière scène du film, où les spectateurs les plus avertis ont de toute façon décroché, vu ce qui arrive de WTF au personnage de Tilda Swinton.
 

Les acteurs ne suffisent pas

 
La dimension petit budget ne fonctionne en rien ici : on a juste affaire à une bande d’acteurs à la mode qui ratissent large concernant le public : de Tilda Swinton à Selena Gomez, de Tom Waits à Adam Driver. Il s’agit surtout de réconcilier le grand public avec celui, plus cinéphile, de Jarmusch.
 
The Dead Don’t Die donne l’impression que Jarmusch a fait un film de potes qui aura coûté cher.
 
Bill Murray et Adam Driver dans The Dead Don't Die, de Jim Jarmusch

Bill Murray et Adam Driver dans The Dead Don’t Die, de Jim Jarmusch (2019)

 
Les zombies sont finalement très peu présents dans le film. Aucun suspense, un humour raté, voilà ce que Jarmusch nous propose, quand il avait été si doué pour nous faire aimer les vampires.
 
Le manque de scénario et de cohérence donne la sensation d’une série de saynètes insipides.
 
C’est étrange, mais ce faux film de genre m’a fait penser à Star Wars 7 : une série de clins d’œil pour faire plaisir aux fans, galerie de stars pour nous faire oublier la faiblesse de la trame.
 

Un mauvais film avec des stars

 
The Dead Don’t Die me rappelle une réplique que l’on entend dans Ed Wood, film de Tim Burton qui rend justement hommage aux films de genre et au réalisateur le moins doué de l’histoire du cinéma.
 
Ed Wood essaie de vendre l’un de ses nanars à un producteur et lui dit :
 
– Quand on a un film de merde et qu’on y ajoute une star, on obtient quelque chose, non ?
– Oui. Un film de merde avec une star.
 
Alors voilà, The Dead Don’t Die est un mauvais film avec une pléiade de stars. Comme si ça suffisait. Plutôt que d’aller voir ce navet, regardez plutôt les premiers films de Jim Jarmusch. Pour ce qui est des films de zombies, vous serez mieux lotis avec Dernier Train pour Busan.
 
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Keira Knightley dans Coeurs ennemis

Coeurs ennemis : Allemagne, année zéro

 

4 out of 5 stars (4 / 5)

Par Tim Bullock

 

Coeurs ennemis commence en novembre 1945. Helen Morgan (Keira Keightley) rejoint son mari, le colonel Lewis Morgan (Jason Clarke) à Hambourg. En effet, Morgan supervise les troupes britanniques d’occupation et tente d’assurer l’ordre et la reconstruction (le titre original est The Aftermath : les conséquences). Pour ce faire, le couple loge chez Lubert, un Allemand (Alexander Skarsgaard). Les troupes d’occupation ont réquisitionné sa demeure mais ont autorisé Lubert sa fille à rester. La cohabitation sera tendue et révélatrice.

 

Rachel Morgan (Keira Knightley) dans Coeurs ennemis, réalisé par James Kent (2019)

Rachel Morgan (Keira Knightley) dans Coeurs ennemis, réalisé par James Kent (2019)

D’emblée, le spectateur sait qu’il n’est pas là pour rire. Les tons de Coeurs ennemis sont souvent gris, gris cendre ou gris plomb. Le blanc est rare mais intervient à un moment important où il joue un rôle apaisant. Le chef opérateur Franz Lustig se montre bien plus inspiré que dans How I Live Now, à l’enchaînement de ruptures de ton brouillonnes. Les décors sont bien choisis. De la maison de maître au chalet intime en passant par des ruines d’une criante vérité.

 

Coeurs ennemis : un film métaphorique

James Kent avait déjà réalisé une excellente chronique de la première guerre mondiale dans Mémoires de Jeunesse. Coeurs ennemis reprend ce qui en avait fait le succès : c’est moins un film historique qu’un drame sur une toile de fond historique. C’est bien plus intéressant en soi. Avec une lenteur calculée, la mise en scène dévoile progressivement le côté métaphorique du film. Si les guerres sont identiques, chaque drame est particulier. Le pitch évoque celui de Suite Française d’Irène Nemirowsky, mais son traitement est différent. Les ruines de Hambourg symbolisent les vies ruinées des différents protagonistes. Puisque chacun a son lot de gravats et s’efforce malgré tout de vivre avec tant qu’il le peut.

 

Rachel (Keira Knightley), Freda (Fiora Thiemann) et Stefan (Aleksander Skarsgard) dans Coeurs ennemis

Rachel (Keira Knightley), Freda (Fiora Thiemann) et Stefan (Aleksander Skarsgard) dans Coeurs ennemis

 

Cette métaphore permet aussi de tenir à distance l’écueil sentimental qui pouvait menacer le film. Car il eut été facile de ne voir dans Cœurs ennemis qu’un énième triangle amoureux rendu juste plus scandaleux par son contexte historique. 

 

Des acteurs parfaits

Pourtant, le jeu des acteurs permet d’empêcher cette chute inappropriée dans le mélo. Keira Knightley est toute en subtilité, faisant évoluer son personnage de bourgeoise anglaise engoncée et raide comme la Mort en une femme vivante. Elle ose le nu et la scène est comme un poème.

 

Lubert (Aleksander Skarsgard) et Rachel (Keira Knightley) dans Coeurs ennemis

Lubert (Aleksander Skarsgard) et Rachel (Keira Knightley) dans Coeurs ennemis

Dans le rôle du colonel, Jason Clarke est tout aussi impeccable. L’acteur – qui, ironie du cinéma, a joué le nazi Reynald Heydrich dans HHhH – campe ici un militaire anglais qui s’efforce d’oublier dans un travail incessant et quasiment vain la ruine de sa vie privée. Il y a presque du Kafka à le voir s’efforcer de maintenir un ordre public plus virtuel qu’autre chose. Faire semblant et donner à voir, les maximes de la vie sociale anglaise transportée sur le continent. Ainsi, Coeurs ennemis réussit à transcrire ce triomphe du paraître. Par ailleurs, les soirées que donnent les Britanniques ont un côté absurde tant elles sont déconnectées de la « vraie vie » (comme souvent chez les expatriés).

 

Lewis (Jason Clarke) dans Coeurs ennemis

Lewis (Jason Clarke) dans Coeurs ennemis

Le talent de Keira Knightley et Jason Clarke est justement de nous faire ressentir le déphasage de leurs personnages. Le mal-être les ronge. Enfin, Alexander Skarsgaard joue l’Allemand qui devient étranger dans son propre pays et jusque dans sa propre maison. Lui aussi a une vie ruinée. Sa vie lui échappe, son pays n’est plus le sien, sa fille devient une étrangère, et il doit même aller quasiment jusqu’à justifier sa propre existence. Tous ces états d’âme sont admirablement filmés par James Kent.

 

James Kent, réalisateur de Coeurs ennemis

James Kent, réalisateur de Coeurs ennemis

 

Coeurs ennemis : l’espoir d’une renaissance

Néanmoins, il y a une note positive dans ce drame. Car, de même qu’une ville se reconstruit, les êtres se reconstruisent aussi. Il est donc possible de pousser plus loin la métaphore : ce n’est pas qu’une ville et des vies en ruines que nous présente Coeurs ennemis mais une ville et des vies qui se reconstruisent. Rien ne sera jamais simple ; en urbanisme comme en amour, s’il n’y a pas de ciment, il n’est pas possible d’édifier quelque chose qui tienne.

 

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Le Grand chemin, avec Anémone : jeux interdits

4 out of 5 stars (4 / 5)

 

Anémone a tracé son grand chemin vers le ciel, et je me suis dit que j’allais la revoir dans le meilleur rôle de sa carrière. Pour Le Grand chemin, où Jean-Loup Hubert narre son enfance, elle a en effet obtenu le César, amplement mérité, de la meilleure actrice en 1987. Le César du meilleur acteur revenait alors à Richard Bohringer, son compagnon à l’écran.

 

Pelo (Richard Bohringer) Marcelle (Anémone) et Antoine Hubert (Louis) dans Le Grand chemin, de Jean-Loup Hubert

Pelo (Richard Bohringer) Marcelle (Anémone) et Antoine Hubert (Louis) dans Le Grand chemin, de Jean-Loup Hubert (1987)

 

Le Grand chemin, c’est le nom de l’arrêt de bus sur la route de Rouans, entre Nantes et Saint-Nazaire, où Louis et sa mère descendent au début du film. Claire, enceinte, laissera ainsi son fils aux soins de Pelo et Marcelle.

Moi, la citadine, parisienne jusqu’au bout des ongles, je me rends compte que mes films français préférés se déroulent tous à la campagne. Je pense surtout à Jeux Interdits, de René Clément.

Un village français

Le Grand chemin aborde les mêmes thèmes que le classique de 1952 : l’enfance, le deuil, la mort et les croix chrétiennes omniprésentes dans une petite campagne française; les jeux d’enfants qui tâchent de grandir au milieu des chagrins adultes.

Mais contrairement au film de René Clément et au Corbeau de Clouzot, Jean-Loup Hubert ne montre pas la laideur des villageois. Il essaie au contraire de montrer leur beauté, notamment la sagesse de Pelo quand il parle au jeune Louis des affres de l’amour.

Jean-Loup Hubert a filmé un drame sans complaisance : Claire se retrouve célibataire alors qu’un deuxième enfant est en route. L’abandon du père pour Louis, la perte du nourrisson pour Marcelle et Pelo, l’alcoolisme de ce dernier, rien n’est atténué ni tu. Aborder des thèmes aussi crus en 1987 n’était pas chose facile. Pourtant, le jeu des acteurs est si juste, et le regard de Jean-Loup Hubert si tendre et mélancolique que Le Grand chemin fit un succès à sa sortie et continue d’émouvoir à la télévision.

Le Grand chemin : un film profond

La première fois, je l’avais vu trop jeune pour en saisir toutes les nuances. Je me souvenais surtout de ce fameux grand chemin où le bus arrivait, et de la malice de Martine, avec qui Louis se lie d’amitié. 

Louis (Antoine Hubert) et Martine (Vanessa Guedj) dans Le Grand chemin

Louis (Antoine Hubert) et Martine (Vanessa Guedj) dans Le Grand chemin

L’alternance entre le drame et les moments plus légers – souvent aux frais de l’église – est très bien dosée. Le film est fort bien construit, surtout dans le parallèle entre l’enfant disparu et Louis, né la même année.

Le drame de Pelo et Marcelle m’a rappelé une réplique du père de Tom Pouce dans le film de 1958, avant que l’arrivée du petit garçon chamboule sa vie :

Des jouets sans un enfant, c’est presque aussi triste qu’un enfant sans jouet.

La scène terrible où Pelo détruit, fou de rage, la chambre d’enfant qu’il a lui-même bâtie, est bouleversante. La scène climatique de Louis sur le toit  de l’église également.

La fin, remarquable, nous donne envie de suivre le conseil de Pelo à Marcelle : pleurer un bon coup avant que la vie revienne.

 

Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !

 

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Fam

Fam, avec Nina Dobrev : sitcom les autres

2 out of 5 stars (2 / 5)

 

La saison 1 de Fam, sitcom de CBS avec Nina Dobrev (Vampire Diaries) vient tout juste de se terminer. Retrouvez notre critique dans cette vidéo, qui parlera aussi de l’état des sitcoms familiales américaines aujourd’hui (transcript ci-dessous) :

 

 

TRANSCRIPT

Bonjour les addicts ! Aujourd’hui, on va parler de Fam, la nouvelle série de Nina Dobrev après son rôle d’Elena Gilbert dans Vampire Diaries.

Est-ce que tu aimes la rigolade ? Est-ce que tu penses à Nina quand tu fais l’amour ? Ou tu veux juste savoir si sa sitcom est drôle ? Alors, c’est parti pour ce premier numéro de L’After-Binge, consacré à Fam.

 

Cohabitation explosive

La saison 1 de Fam fait 13 épisodes de 22 minutes. Elle a été créée par Corinne Kingsbury. Elle est diffusée sur CBS mais on la trouve facilement en streaming. Fam est une sitcom classique, dans le genre de Friends.

Dans Fam, abréviation de « Family », Nina Dobrev ne s’appelle plus Elena Gilbert mais Clem. Clem comment, on en sait rien. Et on s’en moque autant que J.J.Abrams se moque de Star Wars 8.

Clem a la trentaine, un beau fiancé, Nick, un boulot stable et un bel appartement. Waouh, y a pas de doute, on est bien dans de la fiction ! Le petit monde de Clem s’écroule quand Shannon, sa jeune demi-soeur, fugue de chez leur père irresponsable pour se taper l’incruste chez elle avec la douceur d’un CRS dans une manif de gilets jaunes. La cohabitation va être explosive.

 

Une sitcom qui fait le job

Alors, on va le dire tout de suite, on ne s’ennuie pas devant Fam. Si les rires enregistrés ne vous donnent pas envie de tout cramer, eh bien les punchlines qui claquent toutes les dix secondes, les gros twists, la bonne humeur générale, sont très amusants. Alors, ce n’est pas du Shakespeare, mais quand on a passé la journée à avoir peur qu’un ami vous spoile la saison 8 de Game of Thrones, avec une appli à la con (l’appli « Spoiled »), ben ça détend les nerfs.

Bien que je n’ai jamais été convaincu par le talent d’actrice de Nina Dobrev, elle s’en sort pas mal dans la comédie. Le problème, c’est qu’elle se fait complètement voler la vedette par ses partenaires : Gary Cole qui joue le père indigne rafle toutes les meilleures répliques. Quand il n’est pas là, c’est celle qui joue sa soeur cadette, Odessa Adlon, une tornade de vitalité, de cynisme, de sexe qui rafle ce qui reste.

 

30 ans de retard

Mais la question que je me pose, c’est : à quoi sert Fam ? Pourquoi produire Fam en 2019 ? Parce que si on enlève la couche de vernis qui fait moderne de Fam, Fam est une sitcom qui revient à un genre qui n’avait plus été exploité depuis 30 ans : la sitcom familiale bon enfant.

En fait, j’ai l’impression que Fam a voulu faire du neuf avec du vieux et a fait, je ne sais pas… du vieuf ?

Déjà, Fam reprend mot pour mot le pitch d’une sitcom de 2002 : Ce que j’aime chez toi, que tous les ados qui étaient devant KD2A le samedi matin à l’époque ont dû regarder.

Ouais, c’était bien débile, et ouais j’ai quand même tout maté. Oui, je n’ai jamais réussi à l’effacer de ma mémoire. Et ça me hantera pour le restant de mes jours.

Dans Fam, dans Ce que j’aime chez toi, une nana vient semer le bordel dans le couple de sa soeur aînée. Ça, et le couple prêt à se marier au début de la sitcom rappelle pas mal Marshall et Lily de How I Met Your Mother.

 

Comment la valeur « famille » a façonné les séries américaines

Je ne vous apprends rien, la famille est une valeur sacrée aux États-Unis. Dolores Hayden, professeur de civilisation américaine à Yale, dit dans son livre « Redéfinir le rêve américain » que le peuple américain est unique en son genre. Puisque dans les années 1950, c’est le seul qui a fondé sa civilisation non pas sur l’idée de nation, de peuple, mais sur l’idée familiale, de la sphère privée. D’où dans les années 1950 et 60, l’explosion des sitcoms familiales.

Après le désastre du Vietnam, le scandale du Watergate et la reprise de la guerre froide à la fin de la Détente, les séries familiales deviennent encore plus populaires, car refuges rassurants pour un peuple sans repères moraux.

C’est l’époque de La Petite maison dans la prairie, de Happy Days, du Cosby Show, etc. Les années 80, notamment, vont voir fleurir ce genre de séries moralisatrices et aujourd’hui terriblement datées.

Depuis, ces séries se sont faites ringardiser par les sitcoms de potes. Du genre Seinfeld, Friends, How I Met your Mother ou encore Hélène et les garçons… Haha, je rigole.

Si bien qu’après les années 80, il est devenu presque impossible de réaliser une sitcom avec une famille parfaite. Entre la famille allumée de Shameless, celle complètement pétée d’Arrested Development, ou celle totalement à l’ouest de Roseanne, les sitcoms familiales cessent d’idéaliser les familles car elles sont enfin raccord avec la réalité. Ouais, la famille, c’est pas toujours rose, ça peut carrément même être l’enfer.

 

Fam : Une famille trop idéale pour être réaliste

C’est le problème de Fam : les deux familles qu’on voit sont toutes en sucre, tout en tendresse. Ils résolvent leurs mini conflits dans la joie, la bonne humeur et le caca de licorne.

Le pire, c’est que la créatrice de Fam, Corinne Kingsbury, a dit que chacun retrouvera un peu de sa famille dans sa série. Bordel, Corinne ! Occupe-toi de ta série policière (In the Dark) avec ton héroïne aveugle. Elle dépote beaucoup plus que ce sirop ultra sucré qui tuerait un diabétique !

Dans ces conditions, Fam est un gros retour en arrière. Alors oui, on a un couple interracial parce que c’est plus moderne. Oui, on a la famille recomposée. Mais bon la famille recomposée, on l’a depuis The Brady Bunch et son foutu Cousin Oliver. Cousin qui continue de plomber les séries depuis plus de 50 ans ! 

Et je ne vous parle pas des clichés. Le meilleur ami de l’héroïne est un gay caricatural. Quant à la belle-mère, c’est une mama noire qui veut régenter la p’tite vie de son fiston. Sérieux, vous n’avez pas trouvé mieux ?

Si Fam avait été produite il y a 30 ans, je suis sûr qu’elle aurait eu du succès. Là, elle atteint péniblement 6/10 sur Imdb et 40% sur Rotten Tomatoes.

 

Des discours politiques et sociaux trop timides

C’est dommage, car Fam est très drôle, avec même de timides discours politiques. Ainsi, l’épisode 4 est sur le sexisme des universités. L’épisode 8 défend les erreurs amoureuses qui sont nécessaires pour construire ensuite une relation saine. Là, basiquement, Fam dit en 22 minutes ce qu’Osmosis a eu beaucoup de mal à dire en 8 épisodes.

Oui, Fam est très drôle. Mais le problème est que, sous couvert de modernité, elle recycle plus de trois décennies de sitcom familiales datées.

 

Donc voilà, si vous avez envie de passer un bon moment sans plus, regardez Fam, une sitcom aussi légère qu’inutile.

 

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Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

Tel Aviv on Fire : un épisode et j’arrête

2 out of 5 stars (2 / 5)
 

Un pitch alléchant

 
J’ai découvert Tel Aviv on Fire hier avec plaisir. Il faut dire que le pitch était alléchant :
 
Salam est un vague dialoguiste dans un feuilleton à l’eau de rose, Tel Aviv on Fire. Il doit passer la frontière Cisjordanienne tous les jours pour se rendre au travail. Mais suite à un mot malheureux, il se retrouve arrêté et mené face à Assi, officier israélien.
 
Assi (Yaniv Biton) et Salam (Kais Nashef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

Assi (Yaniv Biton) et Salam (Kais Nashef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

 
Pour marchander sa liberté, Salam prétend être le scénariste du feuilleton. Or, bonne nouvelle : la femme d’Assi en est fan. L’officier le laisse donc partir. Mais il rend chaque jour plus difficile le passage de la frontière pour Salam, jusqu’à exiger peu à peu de décider de la suite du feuilleton.
 

Une mise en abyme politique

 
Dans Tel Aviv on Fire, Sameh Zoabi a trouvé une trame astucieuse, puisque le spectateur est pris par le suspense à la fois du feuilleton et du film. Comment va donc se terminer le feuilleton selon ce que décide Assi ? Salam va-t-il finalement se rebeller ? 
 
Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire

Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire

 
Comment va se terminer cette drôle de relation entre le scénariste raté palestinien et l’officier israélien très sûr de ses convictions ?
 
La mise en abyme est passionnante. Le feuilleton en question se déroule en 1967, en pleine guerre des six jours. Un trio amoureux entre Tala, palestinienne espionne, un terroriste palestinien et Yehuda, officier israélien, permet de cristalliser toute la complexité du conflit israélo-palestinien.
 
Tala (Lubna Azabal) et Yehuda (Yousef Sweid) dans le feuilleton de Salam

Tala (Lubna Azabal) et Yehuda (Yousef Sweid) dans le feuilleton de Salam

 
L’héroïne épousera-t-elle le terroriste ou l’officier ? Le sous-texte politique restera-t-il engagé pour les Palestiniens ou deviendra-t-il peu à peu, sous l’influence d’Assi, pro-israélien ? Le feuilleton se terminera-t-il sur un mariage d’amour métaphorique entre Israël et la Palestine ?
 
L’analogie est simple : L’officier tyran qui dicte le feuilleton est une métaphore du gouvernement Israélien. En effet, dans un contexte d’occupation, le dominant impose au dominé sa vision des choses, et donc « le scénario ». Il veut également décider de la fin de l’histoire, qu’elle soit avec un petit « h » ou un grand.
 

Les écrivains piégés au cinéma

 
Sameh Zoabi prend le versant comique d’un thème que l’on a déjà vu au cinéma. Si vous vous souvenez de Misery de Stephen King, la plus grande admiratrice de Paul Sheldon le séquestrait en réalité chez elle, dans le but de lui dicter la suite de sa saga littéraire favorite. Grâce à un excellent traitement de cette belle idée, Rob Reiner réalisait un film d’horreur à suspense réussi. 
 

Sur un ton plus léger, dans Moulin Rouge, le dilemme était sensiblement le même. On y voit en effet un jeune poète fauché qui désire monter un spectacle avec une troupe de théâtre. Il s’agissait d’un conte où la courtisane choisissait le joueur de cithare pauvre et charmant, plutôt que le Maharadjah riche et autoritaire.
 

Or, la troupe de théâtre est sans argent. Le cabaret menace de fermer. Un duc peut le sauver par son argent. Il tombe amoureux de l’une des courtisanes incarnée par Nicole Kidman. Mais celle-ci est amoureuse du poète désargenté. Dans le film de Baz Luhrmann également, le duc aimerait écrire la fin de l’histoire à la place du poète. Qu’il s’agisse de la fiction sur scène ou de la vie véritable, le méchant veut à tout prix gagner à la fin.
 

Tel Aviv on Fire : une fin décevante

 
Dans Tel Aviv on Fire, c’est justement la fin qui pose problème. En effet, elle ne tient pas debout, y compris pour un feuilleton qui n’a pas de grande exigence scénaristique. C’est cette fin pourtant tant attendue qui gâche l’ensemble du film, pourtant très bien parti.
 
En effet, Sameh Zoabi avait réussi à reprendre le fameux conte des Mille et une Nuits sur Shéhérazade et le remettre au goût du jour par un feuilleton populaire. Car si Salam ne peut se rendre au travail, on ne connaîtra pas la fin du feuilleton. Cependant, c’est le méchant geôlier qui prend le dessus. Il finit par raconter l’histoire à la place du captif.
 
Sameh Zoabi, réalisateur et co-scénariste du film

Sameh Zoabi, réalisateur et co-scénariste du film

 
Néanmoins, Tel Aviv on Fire reste un film intéressant à voir, à l’humour omniprésent. Avoir réussi à traiter un tel sujet sous forme de mise en abyme tout en faisant rire le spectateur est une prouesse en soi.
 
 
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