Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait.

Archives de catégorie Cinéma

Les blockbusters depuis 2015 : la course à la démesure

Les blockbusters depuis 2015 : la course à la démesure


Aux origines du blockbuster

Comment peut-on définir les blockbusters ?

Internet les définit comme des films ayant eu un grand succès populaire et ayant bénéficié d’un gros budget … et c’est tout. On ne risque pas d’aller très loin tant la définition est floue. Dans l’inconscient collectif, le blockbuster est tout autre chose.

Avengers Endgame : le point culminant des blockbusters ?

Avengers Endgame, réalisé par Anthony & Joe Russo (2019) : le blockbuster moderne par excellence

 

Et si nous revenions aux origines du mot ?

« Blockbuster » signifie littéralement « qui fait exploser le quartier ». Soit de prime abord, des films qui envoient un bon paquet d’action à l’écran. En effet, les blockbusters suivent des lignes similaires. Par exemple : beaucoup d’effets spéciaux, un marketing de masse, une déstructuration des scènes d’action pour créer une sorte de chaos, un casting important, un pitch simple.

Il est très souvent admis que le premier blockbuster de l’histoire serait Les dents de la mer de Steven Spielberg en 1975.

 

Les Dents de la mer, réalisé par Steven Spielberg (1975), considéré comme le père des blockbusters

Les Dents de la mer, réalisé par Steven Spielberg (1975), considéré comme le père des blockbusters

 

Depuis, le genre se serait défini avec les films ayant eu le plus d’impact sur les spectateurs. Predator, Terminator 1 et 2, Mad Max 2, l’ensemble de la saga Star Wars, la trilogie du Seigneur des Anneaux, Matrix, etc. sont des blockbusters influents.

Le blockbuster a évolué depuis 1975. Aussi, voyons quelques films marquants non seulement pour le genre, mais aussi pour la voie dans laquelle semble il semble se diriger.

 

Mad Max Fury Road et Kingsman : la rupture

L’année 2015 me semble être charnière avec les sorties de Mad Max : Fury Road et de Kingsman. Car ces deux films s’inscrivent dans une démarche de déstructuration des codes des blockbusters.

Le premier, Fury Road a pris le pari d’un rythme effréné, sans pause, pour le spectateur, couplé à des effets spéciaux hyper impressionnants (car en prise de vue réelle pour la majorité).

 

: un film qui casse les codes des blockbusters

Mad Max : Fury Road, de George Miller (2015) : un blockbuster qui casse les codes du genre

Ainsi, on a pu trouver durant le tournage des gars sur des perches de 3m de haut dans un cortège de motos roulant à plusieurs dizaines de km/h. Mais aussi des conducteurs de camion foncer délibérément dans des murs de pierre et autres joyeusetés. Ces choix ont complètement bousculé un genre qui s’engluait de plus en plus dans des effets spéciaux numériques fades. L’abondance de FX numériques ne fait plus à terme s’émerveiller les spectateurs. Plus grave, elle installe l’hégémonie d’un style de narration beaucoup trop répétitif : « mise en place -> action -> retombée de la pression -> feu d’artifice on fait tout péter -> conclusion ». Un style devenu cliché aujourd’hui.

Kingsman quant à lui y est allé avec plus de tact car proposant un film parodiant les codes du blockbuster pour montrer les limites de ce dernier.

 

Kingsman de Matthew Vaughn (2015) : un film qui parodie les codes des blockbusters

Kingsman de Matthew Vaughn (2015) : un blockbuster qui parodie ses propres codes

Une réalisation magnifique proposant des choix artistiques remarquables est venu légitimer le propos. Ce plan-séquence dans la chapelle est toujours un délice. Toutefois, Kingsman 2 n’a rien ajouté à la gloire du premier.

 

Le Marvel Cinematic Universe : entre cinéma et série

Cependant, l’évolution la plus significative est à chercher du côté des blockbusters de ces dernières années. En particulier, ceux qui raflent absolument tout : les films de super-héros. Ces derniers mériteraient des pages et des pages de réflexion à eux seuls.

Que l’on aime ou non le Marvel Cinematic Universe, celui-ci et plus particulièrement les deux derniers Avengers, vont marquer l’industrie cinématographique pour plusieurs raisons. D’abord, vu les sommes astronomiques brassées par cet univers, tous les studios s’arrachent pour créer leur propres univers étendus (avec plus ou moins de succès).  Par conséquent, nous obtenons des produits entre le cinématographique et le sériel. Ensuite, ce système permet de proposer des films à quasiment 50 personnages répartis sur plusieurs arcs narratifs. Par ailleurs, il y a la donnée visuelle. En effet, ces films ont poussé les effets spéciaux numériques à leur apogée où la limite n’existe plus. Se dire « Tiens si on disait que lui, il fait tomber une planète sur la planète, ça serait rigolo non ? » semble tout à fait logique maintenant. Quand bien même la scène ne fait qu’un quart d’heure.

 

Ces films vont marquer le genre du blockbuster. Bien que tous différent dans leur fond comme dans la forme, ils ont un dénominateur commun : la démesure. Tous ces blockbusters sont pensés pour la démesure : plein de personnages, d’arcs narratifs, d’effets spéciaux réels ou numériques toujours plus hallucinants, des rythmes démentiels, etc. etc.

Pour souligner ce point, analysons deux blockbusters récents sous ce prisme de la démesure : X-Men : Dark Phoenix et Godzilla II : Roi des monstres.

 

X-Men Dark Phoenix : un blockbuster trop ambitieux ?

X-Men : Dark Phoenix censé clore la saga est-il une réussite ? La réponse est assez compliquée.

X-Men : Dark Phoenix, de Simon Kinberg (2019) : un blockbuster entre deux eaux

X-Men : Dark Phoenix, de Simon Kinberg (2019) : un blockbuster entre deux eaux

 

Puisqu’on se retrouve face à une créature malformée, coincée entre une envie de démesure et celle d’installer un réel propos de fond, une réflexion psychologique autour de ces héros. En effet, ce sont des thèmes récurrents et importants de X-Men. Logan en est la quintessence tant il concilie son étiquette de blockbuster et un fond intelligent. Essayant de danser sur ces deux pieds en même temps, Dark Phoenix se perd. Certes, elle propose de bonnes idées sur les deux plans. Hélas, elle n’en reste qu’au stade d’esquisse. La forme et le fond ne parviennent pas à s’allier correctement. Alors, on en ressort avec un sentiment particulier. On se dit que c’était sympa sans plus alors que ça aurait pu être grandiose.

 

Godzilla II : l’avenir du blockbuster ?

Godzilla II a clairement fait son choix : l’histoire, les personnages, le propos, tout ça on dégage ! On veut juste des énormes bestiaux se foutre sur la tronche et c’est franchement une réussite.

 

Godzilla 2, roi des monstres, de Michael Dougherty (2019) : l'option blockbuster bourrin efficace

Godzilla 2, roi des monstres, de Michael Dougherty (2019) : l’option bourrin efficace

Un excellent film doit allier un fond et une forme de qualité. Mais je pense que ce n’est pas indispensable pour faire un film juste bon. Cette 36e itération de Godzilla au cinéma se débarrasse du fond pour effectuer de vrais choix artistiques réfléchis pour la forme autour de ses créatures. D’où des musiques épiques, des lieux propices à les rendre impressionnants, avec une image de l’humain ridicule en comparaison, des plans longs pour montrer l’impact des coups, etc. Cette démesure grandiose est un pur régal pour les yeux et son âme d’enfant (parce que, bon, voir un T-rex géant taper sur un dragon à trois têtes, c’était un peu un rêve de gosse).

Bref, une réussite qui ne présage que du bon pour l’univers étendu autour de Godzilla que sera le MonsterVerse.

 

Au final, l’heure des blockbusters est à la démesure, quitte à faire le choix délibéré de laisser tomber le fond. Mais peut-être peut-on espérer voir un jour un film alliant ce sens de la démesure avec des personnages et un message profond ?

….

Ah attendez on me souffle dans l’oreillette que ça existe déjà et que ça s’appelle The Dark Knight. Bon bah je jetterai un œil à l’occasion.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

 

A lire aussi : 

 

Concours : gagnez 2 places pour le film « Conséquences »

Le blog Marla’s Movies est fier de vous proposer de gagner 2 places pour le film Conséquences, de Darko Štante.

Synopsis : A 17 ans, Andrej est placé dans un centre de détention pour jeunes. Il y intègre un groupe de garçons délinquants avec lesquels il se perd dans la drogue et la violence. Mais bientôt les désirs d’Andrej le rattrapent. Démasqué, il va devoir faire un choix pour rester fidèle à lui-même…

 

POUR GAGNER, IL SUFFIT DE RÉPONDRE À LA QUESTION SUIVANTE :


Quelle est la nationalité du réalisateur Darko Štante ?

Envoyez votre réponse à l’adresse suivante avant le samedi 29 juin 2019, 20 heures :

 

Merci d’indiquer vos nom, prénom et adresse postale dans votre message, et de mettre en objet du mail « Concours Conséquences. » Les gagnants seront tirés au sort parmi les participants ayant bien répondu.

Suivez-nous sur Twitter et Facebook, partagez cet article, et doublez vos chances de gagner !


Retrouvez d’autres concours sur http:/ledemondujeu.com et jeu-concours.biz/
 
À lire aussi :

Sibyl, avec Virginie Efira : parle avec elle

4 out of 5 stars (4 / 5)

Je suis allé voir Sibyl sans conviction vendredi soir. La bande-annonce m’avait vendu un téléfilm de France 2, histoire gentillette d’une maman psy et sa sœur vaguement peste. Virginie Efira ne m’encourageait guère, même si je l’avais déjà vue dans deux ou trois grands rôles, notamment Dead Man Talking en 2014 et Le Grand bain l’an dernier.


Les psys et moi

Que voulez-vous, je vais voir les histoires de psy comme d’autres vont voir les films de zombies. Je suis une inconditionnelle. Je ne loupe jamais une occasion de me foutre de leur gueule, un peu comme les Français avec les Belges.
La première scène de Sibyl m’a agacée. Cette ancienne écrivain devenue psy, veut redevenir écrivain. Elle échange, lors de la scène d’ouverture, avec une caricature de snob censée être son éditeur. Le dialogue, ou plutôt la tirade, est sans intérêt. Mais ce qui suit vaut vraiment le coup. Pour reprendre la plume, Sibyl doit en quelque sorte abandonner ses patients. Il est une femme cependant qui l’appelle dans un triste état et qu’elle accepte de recevoir en séance. Cette jeune femme, c’est Margot, incarnée somptueusement par Adèle Exarchopoulos.

Adèle Exarchopoulos sur le divan dans Sibyl, de Justine Triet (2019)

Adèle Exarchopoulos sur le divan dans Sibyl, de Justine Triet (2019)

Adèle Exarchopoulos joue à merveille les écorchées vives. Je ne vous raconterai rien de la suite de la trame pour ne pas tout gâcher, mais disons que la réalisatrice Justine Triet établit une gémellité entre les deux personnages. La patiente, fascinante, va devenir l’air de rien l’héroïne du roman de Sibyl. En écoutant sa patiente, c’est un peu la psy qui va se soigner, car au fond, c’est elle qui va mal.

Une bande annonce trompeuse

La bande-annonce vendait une mauvaise comédie, et de rares personnes ont quitté la salle ou se sont plaintes en fin de projection d’un film « déprimant ». Il s’agit en réalité d’un film fin. Justine Triet n’hésite pas à plonger dans le méta textuel et le méta filmique. Passé et présent s’entremêlent avec délicatesse, le destin des deux femmes aussi. La mise en abîme (le film dans le film) est également très réussie.
Je n’ai pas vu Victoria, précédent film de Justne Triet avec Virginie Efira, sans doute mal orientée déjà par la bande-annonce. Cependant, aujourd’hui j’ai envie de donner une chance à ce film, car Sibyl m’a beaucoup impressionnée. Au lieu d’un feel good movie habituel où l’on vous dit que ça va mal mais que ça ira mieux ensuite, Justine Triet choisit une fin douce-amère, même si elle tâtonne un peu quant à donner une résolution à son héroïne.

Une héroïne très bien écrite

Il est rare de montrer un.e psychanalyste avec des défauts, voire des vices (l’alcool dans le cas de Sibyl). Des psys qui commettent des erreurs impardonnables du point de vue déontologique tout en restant sympathiques aux yeux du spectateur.
Ce traitement original rappelle l’excellente série En Analyse, où l’on suit un psychanalyste et ses patients, avec comme fil rouge la vie personnelle du médecin, ses ennuis de couple et ses doutes de praticien.

Il faut aller voir Sibyl, pour la finesse de ses dialogues et situations où beaucoup se reconnaîtront. Il faut donner une chance à ce film avec le bon état d’esprit : il s’agit bien d’un drame français, film d’auteur et compétiteur à Cannes.
À l’interprétation impeccable des acteurs (même si je ne trouve toujours pas de charme à Gaspard Ulliel) se disputent une réflexion sur l’art de l’écoute, l’écriture et la réalisation au cinéma.
A ne pas manquer.

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

À lire aussi

THE DEAD DON'T DIE

The Dead Don’t Die : morts et heureux de l’être

1 out of 5 stars (1 / 5)
 
Bon, si je fais référence à un film de Mel Brooks pour vous parler d’un film de zombies, c’est mal parti.
 
 
 
 
Je suis une grande fan de Jim Jarmusch, et je me suis précipitée l’autre soir pour voir The Dead Don’t Die.
 
Assez vite, le ton s’installe. Il s’agit d’un hommage aux vieux films de zombies trouvés au vidéo club, avec l’image qui saute, le son dégueu, tout ça.
 
J’étais a priori conquise d’avance. J’adore les films de genre et leurs parodies / pastiches / et hommages en particulier.
 
 

On s’ennuie ferme

 
Devant un film de genre des années 70/80, on peut se lamenter sur bien des choses : le manque de budget, les acteurs à côté de la plaque, le scénario trop léger, les effets spéciaux douteux… mais jamais, au grand jamais, je ne m’étais encore ennuyée devant un film de zombies. Au pire, si c’est très mauvais, je me marre. La chose que ces films ont en commun, c’est tout de même l’action. A de rares exceptions, on suit l’histoire et l’on souhaite connaitre la fin, à savoir qui survivra ou non.
 
Devant The Dead Don’t Die, c’est l’inverse : la réalisation est brillante, mais on s’ennuie ferme. On retrouve le scénario médiocre, mais dans les dialogues nazes des vieux films de genre, on a au moins l’occasion de rigoler. Or, Devant le dernier Jim Jarmusch, on se marre très peu. 
 
L’intention parodique est évidente, notamment lors du dialogue répétitif entre les trois flics venus sur le lieu du crime au lendemain des premiers meurtres. Mais cela ne suffit pas. Le running gag n’est pas drôle. On entendra quelques rires complaisants à Cannes, rien de plus.
 
 
L’autre running gag navrant est celui de la chanson du film, The Dead Don’t Die, qui ressemble à une BO de Tarantino un peu fatiguée. Cette chanson n’apporte rien à la trame, hormis une vague excuse pour faire du méta (les acteurs vous rappellent pendant le film qu’il s’agit en effet d’un film).
 
 

Une dénonciation lourde de la société de consommation

 
 
Bande de nullards, vous ne pouvez pas vivre sans votre smartphone, et quand vous revenez à la vie, c’est uniquement pour réclamer des objets de consommation. C’est pas bien.
 
 
Cette analogie est d’une lourdeur épouvantable dans la dernière scène du film, où les spectateurs les plus avertis ont de toute façon décroché, vu ce qui arrive de WTF au personnage de Tilda Swinton.
 

Les acteurs ne suffisent pas

 
La dimension petit budget ne fonctionne en rien ici : on a juste affaire à une bande d’acteurs à la mode qui ratissent large concernant le public : de Tilda Swinton à Selena Gomez, de Tom Waits à Adam Driver. Il s’agit surtout de réconcilier le grand public avec celui, plus cinéphile, de Jarmusch.
 
The Dead Don’t Die donne l’impression que Jarmusch a fait un film de potes qui aura coûté cher.
 
Bill Murray et Adam Driver dans The Dead Don't Die, de Jim Jarmusch

Bill Murray et Adam Driver dans The Dead Don’t Die, de Jim Jarmusch (2019)

 
Les zombies sont finalement très peu présents dans le film. Aucun suspense, un humour raté, voilà ce que Jarmusch nous propose, quand il avait été si doué pour nous faire aimer les vampires.
 
Le manque de scénario et de cohérence donne la sensation d’une série de saynètes insipides.
 
C’est étrange, mais ce faux film de genre m’a fait penser à Star Wars 7 : une série de clins d’œil pour faire plaisir aux fans, galerie de stars pour nous faire oublier la faiblesse de la trame.
 

Un mauvais film avec des stars

 
The Dead Don’t Die me rappelle une réplique que l’on entend dans Ed Wood, film de Tim Burton qui rend justement hommage aux films de genre et au réalisateur le moins doué de l’histoire du cinéma.
 
Ed Wood essaie de vendre l’un de ses nanars à un producteur et lui dit :
 
– Quand on a un film de merde et qu’on y ajoute une star, on obtient quelque chose, non ?
– Oui. Un film de merde avec une star.
 
Alors voilà, The Dead Don’t Die est un mauvais film avec une pléiade de stars. Comme si ça suffisait. Plutôt que d’aller voir ce navet, regardez plutôt les premiers films de Jim Jarmusch. Pour ce qui est des films de zombies, vous serez mieux lotis avec Dernier Train pour Busan.
 
Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !
 
 
À lire aussi 
 
 
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial