Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait.

Archives de catégorie Cinéma

De Gaulle (2020) avec Lambert Wilson

De Gaulle : Mémoires de guerre

4 out of 5 stars (4 / 5)

De Gaulle : Un hommage. Pas une hagiographie

Centré sur la période allant de la fin mai au 19 juin 1940, De Gaulle est un film splendide qui rend hommage à la fois au grand homme mais aussi à l’homme tout court que fut le Général.

Le scénario de Valérie Ranson Enguiale et Gabriel Le Bomin (par ailleurs réalisateur) évite de glorifier outre-mesure celui qui n’est au commencement qu’un modeste colonel. En effet, il ne sera élevé au grade de général de brigade qu’à titre provisoire, et ne sera jamais confirmé à cette nomination. De Gaulle touchera toute sa vie une solde puis une retraite de colonel. Sa plus grande réussite est de réussir à atteindre l’homme derrière la légende avant qu’il ne devienne un héros, la statue du Commandeur ou un Roi thaumaturge.

 

Le Général dans tous ses états

C’est justement le rôle des retours en arrière que de montrer Charles de Gaulle en mari et père attentionné. C’est particulièrement vrai avec sa fille Anne, atteinte de trisomie-21 ( « mongolisme » comme on disait à l’époque). Conformément à la vérité historique, De Gaulle était réservé avec sa famille (mais c’était la façon de faire alors), mais se montrait toujours chaleureux avec Anne. Toutes ces séquences solaires, pleines d’amour et d’attention, donnent le beau rôle à Isabelle Carré (dans le rôle d’Yvonne, l’épouse du général). Le final est d’ailleurs extrêmement émouvant.

 

Le beau rôle à Isabelle Carré

Interpréter le général de Gaulle est à la fois un honneur et un sacré challenge auquel s’est frotté Lambert Wilson. L’élégance naturelle et le charisme du comédien, tantôt sobre, tantôt emporté ou chaleureux, toujours juste, se coule dans l’uniforme.  Et c’est bluffant. Il est d’ailleurs bien entouré. Avec Isabelle Carré, il forme un vrai beau couple et tous deux rendent crédible, visible l’amour qui les lient. Carré ne se contente pas de jouer la parfaite épouse. Puisqu’elle est aussi mère courage parcourant les routes encombrées d’un Hexagone exsangue, protégeant ses enfants tout en les mettant en danger. La scène sur le navire alors que rôdent les stukas (de leur vrai nom Junkers Ju 87, chasseurs-bombardiers) est extrêmement tendue. Avec comme une réminiscence des scènes les plus intenses de 1917. C’est une femme forte que campe la comédienne, nullement l’ombre de son mari mais sa partenaire, son soutien, son socle.

 

De Gaulle : Une reconstitution impeccable

Question casting, le film se montre très efficace. Mention spéciale à Olivier Gourmet qui campe un Paul Reynaud courageux mais dépassé. Toutefois, il est non dénué de noblesse. Car il a la présence d’esprit de comprendre que, si lui n’était pas l’homme de la situation, De Gaulle l’était peut-être. Autre mention à Philippe Laudenbach qui campe un maréchal Philippe Pétain plus vrai que nature, notamment au niveau de la voix. Il ne le montre nullement sénile mais manipulateur et charismatique. Le scénario montre également sans y passer trop de temps les jeux de pouvoir, les alliances et les trahisons. Ces scènes de cabinet sonnent extrêmement justes. On sent qu’il y a de la documentation derrière ce film. Grâce à ces scènes, nous comprenons les causes immédiates de la chute prochaine de la IIIème République (même si, formellement, elle ne cesse qu’avec le vote des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940). En moins de deux heures, le spectateur reçoit un cours d’histoire qui n’est ni un pensum ni un pamphlet. De Gaulle, dans ses meilleurs moments, vaut bien des ouvrages universitaires !

 

Une pleine réussite

Pour conserver toute sa force dramatique, le film s’arrête au 19 juin 1940, après le fameux discours. Il est amusant de voir la caméra filmer Lambert Wilson de dos, face à ceux derrière la vitre du studio. Les mines des acteurs sont éclairantes. Car les personnages qu’ils jouent prennent soudainement conscience de la puissance des mots prononcés, de leur importance. Ils sont en train d’assister à l’écriture de l’Histoire !

Avec le film De Gaulle, on peut dire que, dans sa dimension héroïque et sa dimension intime, le Verbe s’est fait Chair.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

La Reine des neiges 2 : du réchauffé ?

2 out of 5 stars (2 / 5)

Suite très attendue du premier, La Reine des Neiges 2 promettait beaucoup. A l’arrivée, ce sequel semble avoir bien du mal à égaler le film qui l’a précédé. Ziggy nous dit pourquoi en vidéo ! (Transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Salut les nullards, c’est Ziggy ! Aujourd’hui, je vous parle de La Reine des neiges 2. Alors, au départ, quand on m’a dit :

– CLÉMENT : Hey Ziggy, tu veux voir La Reine des neiges 2 en VF ?

– ZIGGY : Euh… j’peux pas, j’ai aqua-poney.

La Reine des Neiges 2 : un festin visuel

Bon, pour être honnête, il faut dire que Disney, c’est souvent très beau. Et La Reine des Neiges 2, c’est beau. Le numéro 2, c’est un vrai festin visuel rarement égalé en animation au cinéma. Mention spéciale pour le cheval magique d’Elsa à la fin du film.

Le pouvoir des éléments n’est pourtant pas évident à mettre en scène. Surtout celui de l’eau. Mais Disney avait déjà réalisé cette prouesse
avec Vaiana.

Des chansons trop ostentatoires

Ce qui m’avait le plus séduit dans le premier épisode, c’était la voix de Idina Menzel, qui chante la fameuse chanson « Let It Go ». Kristen Bell, l’héroïne de Veronica Mars, se débrouillait aussi très bien. Alors dans le numéro deux, ça chante beaucoup aussi.  En fait, ça tombe bien, j’aime les comédies musicales quand elles sont réussies. Et parfois, les studios Disney font du bon travail de ce côté là. Mais il y a un problème.

Voilà ce qui me gêne : les chansons, dans leurs thématiques et leur ton, sont un copier/coller des chansons du premier épisode. Les deux sœurs sont éprises de liberté, Olaf est là pour faire marrer la galerie. Surtout, On a l’impression que les chansons ont été écrites pour être chantées par les candidats de The Voice, histoire d’épater la galerie.

Un scénario trop sage

Bon, dans La Reine des neiges 2, y a pas que les chansons qui clochent, malheureusement. Il y a aussi un problème de scénario. La recherche des origines et la menace qui pèse sur la forêt voisine du royaume d’Arandelle auraient pu donner une très bonne histoire, une sorte de pamphlet écologique comme Princesse Mononoké.

Si vous aimez les princesses guerrières qui sont conscientes de l’importance de la nature, vous pouvez revoir le premier épisode de La Caverne de la Rose d’or. Mais revenons à La Reine des neiges 2.

La guerre qui oppose les habitants d’Arendelle et les Northuldras était l’occasion d’une critique en creux de la soumission des Indiens par les Américains. Il faut dire que Disney n’a jamais été très doué avec la critique de l’Amérique ou de la société de consommation. En même temps, La Reine des neiges 2, c’est aussi l’occasion de vendre des tas de robes pour les petites filles et plein de Olaf en peluche…

La Reine des Neiges 2 plus conservateur que le premier ?

C’est dommage, parce que le premier épisode était vraiment progressiste. Les deux sœurs se sauvaient l’une l’autre, pas besoin de prince charmant. Dans le numéro 2, on retrouve des personnages forts féminins. C’est dommage que le film insiste un peu trop sur l’importance du mariage, comme s’il fallait rattraper le progressisme du premier film et rassurer les con-servateurs.

Un humour trop inégal

Ce deuxième opus est plus sombre que le premier, et pourtant c’est l’humour qui tire son épingle du jeu. En effet, on retient surtout du film la chanson de Christof, qui n’est pas sans rappeler les clips ringard des années 80. Olaf fait toujours rire, bien sûr. Enfin, je dis ça, mais l’un de ses principaux gags est en réalité pompé sur Shrek 2, où le personnage de l’âne fait également suer pendant un long voyage. Voilà pourquoi je pense que La Reine des neiges 2, c’est quand même un peu… du réchauffé.

Par contre, Le résumé parodique d’Olaf du premier épisode est poilant, et prouve que les studios Disney savent enfin se moquer d’eux-mêmes. En même temps, le mieux, c’est de regarder Il Était une fois, vous aurez de la parodie tout du long, avec en prime un prince debile qui vaut le détour.

On est toujours dans l’autodérision quand Elsa, au cœur du film, voit le récit de sa propre histoire sous forme de statues de glace. Mais ce passage où elle revit les principales scènes de son existence se trouvait déjà dans un excellent film pour enfants, L’Histoire sans fin. En effet, Atreyu le guerrier voit sur son chemin, dessinée sur un mur, la fresque qui raconte ses aventures.

Pour le spectacle, seulement

En bref, La Reine des neiges 2, c’est quand même du beau spectacle, même si j’étais pas convaincu. Alors allez-y, faites-vous une idée !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

Jeune Juliette d'Anne Émond

Jeune Juliette : bienvenue dans l’âge ingrat

3 out of 5 stars (3 / 5)

Jeune Juliette est un teen movie québécois d’un charme et d’une drôlerie irrésistible. Retrouvez la critique (sans spoilers) de Ziggy sur ce petit bijou qui rafraîchit le paysage saturé des films ado ! (Transcript sous la vidéo)

 

Transcript :

Salut les nullards, c’est Ziggy ! Alors, l’autre jour, j’ai été à une projection à l’aveugle. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? En fait, une projo à l’aveugle, ça veut dire que je ne savais pas quel film j’allais voir. Du coup, j’ai vu un film québécois. Heureusement, il y avait les sous-titres en français. Parce que c’est un peu comme pour les films de Ken Loach. Mais oui, vous savez, ils sont en anglais sous-titrés… en anglais. Parce que même les rosbifs, ils comprennent rien à l’accent écossais.

Un teen movie québecois sous nos latitudes

Bref, vous voulez sûrement savoir quel film j’ai vu. Alors, ça s’appelait Jeune Juliette. Si je résume, Jeune Juliette, c’est une nana de 14 ans un peu trop intelligente pour son âge, qui vit avec des ploucs. Heureusement qu’on m’avait rien dit sur le film, parce que…

– CLÉMENT : Hey, Ziggy, tu veux voir un teen movie québécois ce soir ?

– ZIGGY : Heu… J’peux pas, j’ai aqua-poney.

Alors une fois qu’on est dans la salle, c’est dur de se barrer, parce qu’y fait noir, on y voit que dalle. D’ailleurs, une marionnette qui s’enfuit d’un ciné des Champs Elysées, c’est pas discret… Du coup, j’ai r’gardé le film, y avait
qu’ça à faire. Eh ben c’était pas mal, et même pas maaaal du tout.

Jeune Juliette : une héroïne hors des canons habituels

Juliette, c’est une nana un peu ronde et ultraaaaaa complexée… Comment ça j’ai déjà parlé de ce film ? Mais non, mais non, mais ça c’était un film Netflix avec Amy Schumer.

Tout est sincère et tout sonne juste dans Jeune Juliette. En effet, l’héroïne, sa meilleure amie Léanne, sa bande de potes pas populaires mais vachement cools, la famille à côté de ses pompes, les cons du lycée… tout est plus vrai que nature. Y compris Liam, le mec soi-disant sexy du lycée qui chante comme une pioche.

Juliette, elle est un peu comme l’ado dans Le Monde de Charlie, y a que son prof de français qui l’aime.

A bien y réfléchir, c’est rare de voir des filles au cinéma qui ne correspondent pas aux canons habituels. Car la dernière fois que j’en ai vu une dans un film d’ados, c’était Dawn dans Bienvenue dans l’âge ingrat, en 1995, autant vous dire que ça date. L’héroïne, elle aussi, elle craque pour un chanteur nul, et son pote subit l’homophobie locale.

Anne Émond se tourne vers la comédie

Ah, et puis les réalisatrices, c’est pas fréquent non plus. Anne Émond propose une comédie. Ça doit lui changer. Parce qu’il Faut voir ses deux précédents films. Y a eu Nelly, qui parlait de l’écrivaine québécoise Nelly Arcan… qui s’est suicidée. Ensuite, Les Êtres chers, un mec qui fabrique des marionnettes – si si – et qui se pose des questions parce que son père s’est… suicidé.

D’excellentes influences

La réalisatrice a dit qu’elle avait beaucoup aimé Lady Bird. Dans le film de Greta Gerwig, il s’agit aussi d’une jeune fille qui s’ennuie dans son bled natal, et qui rêve de New York City. Au final, Jeune Juliette nous donne une nouvelle version de la morale de Judy Garland : « On n’est jamais mieux que chez soi ».

Une autre morale de Jeune Juliette tient dans une réplique du film :

Faudrait peut-être apprendre à aimer les gens qui vous aiment, et arrêter de courir après ceux qui vous aimeront jamais. 

C’était le même principe pour le type de La Face cachée de Margo, qui courait après Margo, insaisissable, et qui grandissait en route. Bon, d’accord, l’auteur de La face cachée de Margo, c’est le même que pour Nos Étoiles contraires. Mais La Face cachée de Margo, c’est vachement mieux.

C’est dur de trop en dire sans spoiler. Alors, on va dire que si vous aimez rire, si vous aimez Juno et les couleurs jaune et rouge, les films de John Hughes et les dialogues de Daria, vous allez adorer Juliette et ses potes.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

1917 : La guerre comme vous ne l’avez jamais vue

5 out of 5 stars (5 / 5)

Les histoires les plus simples sont souvent les meilleures. Le 6 avril 1917, les caporaux Blake et Schofield de l’armée anglaise reçoivent l’ordre d’aller porter un message urgent au colonel MacKenzie. Il doit annuler une offensive prévue pour le lendemain. S’ils échouent, 1600 hommes, dont le frère du caporal Blake, tomberont dans le piège tendu par l’armée allemande.

Un prodige technique

D’un point de vue technique, 1917 une pleine et entière réussite. Sam Mendes nous embarque dans cette mission quasi impossible sans perte de temps ni fioritures. On suit littéralement pas à pas les deux soldats dans ce qui paraît être un unique plan-séquence. Il y en a certes plusieurs mais l’idée était excellente et la réalisation parvient à la transformer en réussite visuelle, comme l’avait fait Birdman en 2015. A l’exception d’une coupure pour cause d’évanouissement, l’histoire de 1917 suit une progression linéaire, depuis le point A d’où partent les caporaux jusqu’au point B. Néanmoins, ce n’est pas parce que c‘est linéaire que c’est sans intérêt. Loin de là.

Au coeur de l’action

Première bonne idée, le relatif – sans vouloir leur manquer de respect – incognito des deux acteurs principaux. George MacKay et Dean-Charles Chapman ne sont pas des vedettes mais c’est justement leur côté « soldat de base » qui fait qu’on s’attache facilement à eux. A l’opposé du Dunkerque de Nolan, Sam Mendes se place quelque part dans la tradition de Tolkien qui avait une sincère et profonde admiration pour les « tommies ». Les tommies sont les simples soldats de l’armée britannique qui accomplirent l’essentiel des combats et subirent l’essentiel des pertes. Prendre des « têtes d’affiches » (comme Colin Firth ou Benedict Cumberbatch qui jouent dans le film des rôles très secondaires) aurait diminué la dramaturgie de 1917. Une dramaturgie renforcée par le réel, Mendes s’étant inspiré d’anecdotes de son grand-père qui fut messager pour l’armée britannique.

La réalisation de 1917 se centre au plus près des personnages, sans jamais nous donner à voir ce qui se passe à côté ou chez les Allemands. Le spectateur vit donc l’instant présent intensément sans pouvoir penser à l’avenir même immédiat. Cet effet « nez dans le guidon » conféré par l’usage du plan-séquence, résolument immersif, capture, captive et tient en haleine deux heures durant. D’autant que la dimension personnelle à la mission ne la rend que plus humaine.

 

L’ennemi sans nom

L’ennemi est on ne peut plus vague mais n’en est pas moins menaçant. Évidemment, le titre de 1917 désigne les Allemands comme cet ennemi et quelques soldats incarnent ces « Allemands ». Il n’en ressort pas moins une impression d’irréalité fantasmagorique, de menace latente. Ainsi cette scène où des coups de feu sont tirés sans qu’on puisse dire dans un premier temps d’où ils viennent. L’Allemand a des allures de Croquemitaine. Il est à noter qu’aucun Allemand ne reçoit de nom personnel dans 1917. C’est toujours un « Allemand », l’incarnation provisoire d’une entité menaçante, un Léviathan qui renaît sans cesse de l’abîme.

 

Un film de guerre tout en nuances.

Mais, s’il y a des ennemis, il y a aussi des alliés. En plus d’être deux (ce qui permet des échanges qui évitent toute monotonie), les héros – à tous les sens du terme – de 1917 reçoivent l’aide des autres soldats. La fraternité d’armes devient ainsi une réalité quel que soit le grade. Le capitaine, incarné par le remarquable Mark Strong, apporte en peu de mots et quelques gestes, le soutien nécessaire à la poursuite de la mission. La critique de 1917 contre certains officiers n’est pourtant pas passée sous silence, évitant un effet justement trop héroïque. L’armée britannique a eu son lot d’officiers « aimant la bataille », comme le général Haig, un des généraux les plus controversés du conflit. Pourtant, il fut élevé au maréchalat et anobli après la guerre.

 

1917 : un film faussement linéaire

La linéarité de 1917 est interrompue par de multiples péripéties qui nous rappellent que nous sommes en guerre. L’ouverture bucolique est vite oubliée ! Il y a quelque chose à la fois ludique et tragique dans ces ruptures de ton. Un instant de légèreté (comme s’amuser de la grosseur d’un rat) peut immédiatement être suivi d’un instant dramatique (une explosion). La mission de 1917 est de celles que l’on peut en trouver dans un jeu, mais le film ne badine pas avec la vie humaine et montre constamment que ces « perturbations » ne sont pas anecdotiques mais peuvent être mortelles.

La linéarité de 1917 est également rompue par la diversité des décors. On passe sans transition de la tranchée britannique à la tranchée allemande. Ou encore au no-man’s land (une des séquences les plus sinistres et les plus choquantes du film), de la verte prairie du Nord aux ruines ocres. On passe aussi d’une cave obscure à la forêt. La lumière elle-même varie de chaude au départ à morte au milieu. L’obscurité nocturne donne aux ruines une allure caravagesque des plus frappantes. La tension au plus haut à ce moment tire vers le fantastique, rend l’ombre aussi bien protectrice que menaçante. Tout concourt dans 1917 à ne jamais donner de répit.

Quelque part, la guerre ne s’arrête jamais.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

Star Wars 9

Star Wars 9, L’ascension de Skywalker : comment Disney a tué la saga ?

2 out of 5 stars (2 / 5)

 

Marla’s Movies vous parle de Star Wars 9 L’Ascension de Skywalker qui clôt la fameuse saga. Star Wars 9 analyse -t-il les conséquences des problèmes des 2 précédents films ou non ? Ziggy revient sur l’influence négative de Disney sur le film dans cette vidéo (transcript ci-dessous).

Transcript :

J’ai une confession à vous faire. Je suis le fils caché de Chewbacca.

Salut les nullards, c’est Ziggy. Aujourd’hui, je vous parle de Star Wars 9, L’Ascension de Skywalker, qui vient clore la fameuse saga dont la légende a commencé en 77. Je n’avais pas aimé Star Wars 8 : Les derniers Jedi  (même si mon co-rédacteur Clément l’a bien défendu)

 

Une très bonne première heure

C’est pourquoi la première partie de Star Wars 9, L’Ascension de Skywalker, m’a agréablement surpris. On retrouve les anciens personnages mêlés aux nouveaux, ça fait plaisir ! Et on est curieux de connaître le destin des nouveaux héros.

Mais malheureusement, ça se casse la gueule dès la deuxième partie. On s’amuse bien pendant une heure, on est presque enthousiaste, et puis Disney reprend le dessus. Attention les potes, c’est 100 % spoilers à partir de maintenant.

Star Wars 9, L’ascension de Skywalker : Disney s’enferme dans une narration aseptisée (attention : spoilers à partir d’ici)

Ça y est ? Vous êtes barré(e)s ? Très bien !

Alors, la première déception du film, c’est le premier face-à-face entre Rey et Kylo Ren. L’objet de la bataille, c’est un vaisseau dont Chewie est prisonnier. Ren et Rey se battent comme des gosses, jusqu’à l’explosion du joujou. On croit un moment à la mort de Chewbacca, si si.

Mais c’est sans compter le défaut épouvantable de Disney des dernières années : l’impossibilité de prendre une vraie décision narrative qui tue un personnage. Et surtout que cette mort fasse vraiment sens dans la trame générale. Pour ceux qui ont vu La Reine des neiges 2... attention, c’est encore un spoiler, Olaf « meurt » à la fin de La Reine des neiges 2… mais en fait non. il meurt pas vraiment, il disparaît pour mieux revenir.

Disney a du mal depuis quelques années à tuer ses personnages. Non pas que la mort d’Olaf aurait eu un grand sens dans La Reine des neiges 2, le scénario étant justement le point faible de la suite. Il aurait tout au plus provoqué un choc émotionnel chez les enfants, et peut-être les plus grands, sans avoir la grandeur de la disparition terrible au cœur de Vice-Versa

 

Star Wars 9, L’ascension de Skywalker : une guerre sans morts ?

En bref, Disney ne sait plus raconter quelque chose d’essentiel : l’irréversible. C’est assez ironique que pour cette fin, Disney ne sache pas raconter la finitude. Le définitif. Le on part et on ne revient pas. La mort pour de vrai.

Pourtant, c’est une « guerre des étoiles » pas vrai ? Mais y a un problème. Vous avez déjà vu une guerre sans morts, vous ? Euh si y a un mort dans un vaisseau, on connaît pas son nom, on sait pas qui sait, on s’en fout royalement.

À aucun moment un personnage-clé ne meurt dans ce film, ne serait-ce que pour montrer de la dangerosité de la guerre, la cruauté de l’Empereur. Oui, parce que l’Empereur revient, ils avaient pas d’idée pour un nouveau méchant, ils en ont repris un vieux.

Les morts dans Star Wars 9, L’Ascension de Skywalker ne sont jamais véritables : Chewbacca ne meurt pas vraiment, la mémoire de C3PO revient quand même. Ren, qui devrait se faire tuer par Rey au cœur du film est finalement soigné par elle. Rey est censée mourir aussi à la fin de Star Wars 9, L’Ascension de Skywalker, mais elle est sauvée in extremis par Ren, finalement passé du bon côté. Ce bond en arrière est d’autant plus frustrant que Rogue One : A Star Wars Story, spin-off de la saga, n’avait pas reculé devant un body count de héros très élevé (et une héroïne bien plus ambivalente).

Ajoutez qu’entre la résurrection de Rey et la mort de Ren, on a droit à un baiser franchement ridicule.

 

Disney refuse la modernité des méchants jubilatoires

Si Disney avait été logique, et avait accepté une tendance moderne plutôt bienvenue, Rey serait devenue la nouvelle méchante de la saga. Rey aurait commis l’erreur que Luke ne n’a pas commise dans sa jeunesse, elle serait devenue une méchante passionnante. Au lieu de cela, elle reste lisse et fade de n’avoir jamais commis d’erreur depuis son introduction dans le 7e volet.

Elle apparaît dans le numéro 9 comme une sorte de super héroïne, jamais blessée, jamais dans l’erreur, jamais humaine en somme. Résultat, on ne s’attache jamais à elle. A aucun moment, on avait peur pour elle, et c’était fatal à son personnage.

 

Le trope du héros (ou de l’héroïne) orphelin

Pourtant, les scénaristes ont voulu faire de Rey un personnage intemporel et universel. Notamment, elle revendique d’être née nulle part, et donne l’impression de s’être engendrée toute seule. Le héros sans origine, c’était déjà une marotte chez Shakespeare, dans Macbeth ou Coriolan. C’est une habitude qu’on trouvait déjà chez les Grecs.

Anakin Skywalker. Anakin était présenté par sa mère comme n’ayant pas de père, au point qu’elle apparaissait comme une vierge qui l’avait enfanté par l’opération du Saint-Esprit. En même temps, le Héros orphelin, c’est aussi un grand classique de la littérature et du cinéma. Et c’est là que j’en arrive à un second grand défaut de Star Wars 9 L’Ascension de Skywalker

 

Star Wars 9 : L’ascension de Skywalker, échoue là où Harry Potter a réussi

L’orphelin le plus célèbre de ces dernières années en fiction, c’est Harry Potter. Eh bien Rey et Harry Potter ont plein de choses en commun. Harry Potter non plus ne tombe jamais du côté obscur, pourtant, il y aurait de quoi. Mais non, Harry reste droit dans ses bottes tout au long. C’est ce qui fait dire à certains fans que finalement c’est l’un des personnages les moins intéressants de la saga Potter, comparé notamment à Rogue, dont l’ambivalence est passionnante.

Vous remarquerez surtout que la toute fin de Star Wars 9 : L’Ascension de Skywalker est très proche de la fin d’Harry Potter : dans les deux cas, le héros et l’héroïne sont « réveillés par les personnages aimés qui ont disparu mais vivent encore dans leurs coeurs ».

Si vous vous souvenez de Harry Potter et la Coupe de feu, à la fin, ça ressemble carrément à un duel de sabre laser sauf que ça se passe à coup de baguettes magiques. D’accord, J.K. Rowling avait repris des tropes de Star Wars, tout comme elle avait repris des archétypes de l’univers du Seigneur des anneaux, Gandalf en tête.

Voilà un autre parallèle qu’on peut faire avec Harry Potter : dans la guerre de Poudlard, au moins, on tremble pour les personnages. Et on fait bien. J. K. Rowling n’hésite pas à les tuer, y compris des personnages-clés, ne serait-ce que pour montrer l’horreur de la guerre et le courage de ses héros.

Rien de tout cela dans Star Wars 9 L’Ascension de Skywalker. On n’a pas le temps de s’attacher à Ren – il faut dire que le charisme de hamster d’Adam Driver n’aide pas. De toute façon, sa mort apparaît comme tellement ridicule qu’elle n’a pas vraiment d’impact. Et puis il meurt en se sacrifiant pour l’héroïne, apparemment par amour et en dernière minute, alors on est pas traumatisés.

Et c’est bien le problème. Disney ne veut pas traumatiser ses spectateurs. C’est ce qui plombe ses films récents. Il faut l’impulsion positive de Pixar pour que Disney tente de vrais risques et les assume.

 

Pour le grand spectacle (et encore…)

Bref, comme toujours avec Disney, vous pouvez aller voir Star Wars 9 : L’Ascension de Skywalker pour le grand spectacle qu’il propose. C’est tout de même du grand divertissement.

Mais Star Wars 9 : L’Ascension de Skywalker a l’air de donner raison à ces intellos un peu conservateurs qui ont peur que Disney ne prenne effectivement le monopole de toutes les fictions au cinéma et ailleurs. Une homogénéisation générale des histoires. Plus de surprises, plus de chocs, plus de scènes qui vous feront violence au cinéma et dont vous parlerez pendant des heures à vos amis, vos collègues, à tous ceux qui auront vu le même film que vous.

C’est peut-être ça la magie de Disney : la faire disparaître, pour de vrai.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial