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Carol de Todd Haynes

Carol : romance délicate entre femmes

4 out of 5 stars (4 / 5)

Christmas Carol

Carol est un film magnifique à voir pour Noël. Une femme racée et élégante cherche un cadeau pour sa fille. Elle vient pour une poupée, et repartira avec un train électrique. Rencontre furtive dans un grand magasin avec une jeune vendeuse.

Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol, de todd Haynes (2015)
Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol, de Todd Haynes (2015)

Carol lui laisse son gant, comme dans les romans, dans l’espoir de la revoir. Deux femmes qui se rencontrent, se regardent, se courtisent sans se l’avouer. C’est l’Amérique des années 50, et les conventions sont lourdes. Le New York des années 50 de Todd Haynes rappelle le Los Angeles des années 20 de Clint Eatswood.

Angelina Jolie dans L'Echange, de Clint Eastwood (2008)
Angelina Jolie dans L’Echange, de Clint Eastwood (2008)

Comme pour L’Echange, regarder Carol, c’est plonger dans une toile de Hopper. Visages de femmes seules dans les cafés, lumière tamisée. Carol, privilégiée et malheureuse, me rappelait la femme triste du cinéma à New-York, qui s’ennuie quand d’autres sont émerveillés par le film qui défile.

Cinéma à New-York, de Edward Hopper (1939)
Cinéma à New-York, de Edward Hopper (1939)

Allez savoir pourquoi, cet autre tableau m’est aussi venu à l’esprit.

L'Automate de Edward Hopper (1927)
L’Automate de Edward Hopper (1927)

En y regardant de plus près, je me rendis compte que cette femme blonde avait, comme Carol, laissé l’un de ses gants ailleurs.

Bonjour, Mrs Dalloway

Vous l’aurez compris, l’esthétique et la photographie de Todd Haynes sont splendides. Le destin d’une Américaine des années 50 peut aussi rappeler Laura Brown dans The Hours, qui se laissait aller, l’espace d’un instant, à une passion féminine (j’analyse justement les trois baisers lesbiens du film de Stephen Daldry ici)

Laura Brown ('Julianne Moore) embrasse Kitty (Toni Colette) dans The Hours de Stephen Daldry (2002)
Laura Brown (Julianne Moore) embrasse Kitty (Toni Colette) dans The Hours de Stephen Daldry (2002)

Mrs Dalloway, de Virginia Woolf, sur lequel se base The Hours, parle aussi de femme privilégiée aux mains gantées. La fameuse phrase introductive évoquant des fleurs « Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself » (Mrs Dalloway dit qu’elle achèterait les fleurs elle-même ») parlait, à l’origine, de gants. Carol est très proche de Clarissa Dalloway : elle est aussi mariée à un homme qui la fait mourir d’ennui, Harge.

Carol (Cate Blanchett)
Carol (Cate Blanchett)

Ce type de personnage est aussi proche d’Emma Bovary, mariée à un médecin de campagne ennuyeux comme la pluie. Mais le film va plus loin: il est déjà scandaleux de divorcer pendant les années 50, alors quitter son mari pour une femme… La « clause de moralité » invoquée par Harge pour retirer sa fille à Carol peut rappeler la loi absurde qui obligea Alan Turing, en Angleterre, à prendre des médicaments pour « soigner » son homosexualité.  Les éclats de bonheur de Carol et Therese sont teintés de drame: on suit, haletant, jusqu’à la dernière seconde, le destin de cet amour.

Carol : déjà un classique ?

Carol évoque les mélodrames avec Bette Davis, notamment La Vieille fille. 

Bette Davis dans La Vieille fille, de Edmund Goulding (1939)
Bette Davis dans La Vieille fille, de Edmund Goulding (1939)

La réalisation fine, et surtout la classe écrasante de Cate Blanchett, m’incitent à dire que Carol fera date. Sa cigarette et sa voix grave sont à mi-chemin entre Lauren Bacall et Marlene Dietrich.

Cate Blanchett ressemble à Marlene Dietrich dans Carol

Cate Blanchett dans Carol

Marlene Dietrich

Marlene Dietrich

Lauren Bacall

Les yeux bleus mélancoliques, c’est un peu de Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes.

Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes, de Marcel Carné (1938)
Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes, de Marcel Carné (1938)

Que dire sinon qu’il faut aller voir Carol, sûrement le film le plus lumineux de Cannes avec Mia Madre de Moretti ?

Les films magnifiques sont rares. Ne ratez pas celui-là.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire ! 

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

2 commentaires pour l’instant

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FatizoPublié le 8:47 - Jan 16, 2016

Honnêtement je m'attendais à mieux, surtout après avoir lu certaines critiques dithyrambiques.
Esthétiquement c'est remarquable. Les actrices aussi (Rooney Mara possède un petit petit air d'Audrey Hepburn). Mais je trouve que l'histoire manque de profondeur, de caractère .
Ceci dit c'est le meilleur film de ce début d'année.
Bonne soirée.

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tinalakillerPublié le 9:32 - Jan 17, 2016

J'ai bien aimé ce film, magnifiquement bien mis en scène et interprété (c'est ridicule que Mara ait eu le prix "seule" sans Blanchett et qu'elle soit nommée aux Oscars dans second rôle !), plus profond et subtil qu'il en a l'air, un beau film sur la naissance de l'amour et d'une passion, personnellement ça m'a touchée. J'ai aimé les différents points de vue sur l'amour et l'homosexualité et sur les responsabilités à prendre.

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