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CANNES 2017 – LE MUSÉE DES MERVEILLES (WONDERSTRUCK) : LES LUMIÈRES DE LA VILLE

J’attendais beaucoup du Musée des merveilles. Son titre me faisait rêver, son affiche aussi.

Todd Haynes promet, avec Wondetstruck (littéralement « frappé par l’émerveillement ») de la magie, et une certaine idée du temps.

Ben, 12 ans dans les années 70, perd à la fois sa mère et son ouïe un soir d’orage. Il part en quête de son père, qu’il ne connaît pas, à travers New York.

Dans les années 20, une petite fille, Rose, elle aussi sourde, arpente les rues de la ville à la recherche d’une actrice adulée.

Un joli film qui ne raconte pas grand-chose

Passant d’une époque à l’autre, du noir et blanc à la couleur, Le Musée des merveilles fait constamment des bonds dans le temps, un vague symbole liant les deux époques, les deux parcours, chaque fois. Les transitions sont maladroites, et ce va-et-vient fatigue.

Que dire d’autre ? Guère plus. Todd Haynes a toujours un grand sens de l’esthétique, mais après le magnifique Carol, Le Musée des merveilles, malgré sa recherche dans la reconstitution et les décors, semble bien fade. L’amitié entre Ben et Jamie, petit garçon rencontré au musée, tourne court.

Ben (Oakes Fegley) et Jamie (Jaden Michael) dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes (2017)
Ben (Oakes Fegley) et Jamie (Jaden Michael) dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes (2017)

On a la sensation, devant Le Musée des merveilles, que Todd Haynes a réalisé un joli film qui ne raconte pas grand-chose. C’est fort dommage, car la réalisation est soignée. Les plans en contre-plongée sur les immeubles new-yorkais rendent parfaitement le voyage à hauteur d’enfant. On reconnaît vite l’auteur d’Hugo Cabret, son univers et sa vision de l’enfance.

Haynes aurait peut-être dû choisir entre l’hommage au cinéma muet – notamment l’expressionnisme allemand façon Fritz Lang – et la nostalgie des années 70 et sa BO pêchue.
On ne sait pas trop sur quel pied danser (presque au sens littéral) devant Le Musée des merveilles, même si l’histoire se suit sans effort.
De la surdité, Todd Haynes ne tire pas grand-chose, quand Naomi Kawase nous offrait dans Vers la lumière (également sélectionné à Cannes) une réflexion brillante sur la cécité.
À part le pari esthétique largement remporté, Todd Haynes se perd dans un film ennuyeux, qui manque d’enjeu et de rythme. C’est pourtant  un plaisir de découvrir les jeunes acteurs Oakes Fegley, Millicent Simmonds et Jaden Michael, et de revoir Julianne Moore à l’écran.


Un scénario trop mince

La fin du film se noie aussi en explications. Étonnamment, on ne s’attache pas assez au personnage de Ben pour le suivre jusqu’au bout dans sa quête du père, qui était aussi le thème d’Hugo Cabret. Mais quand Scorsese rendait un hommage éclatant au cinéma des origines, en présentant un Georges Melies passionnant, Todd Haynes a du mal à réaliser un film à partir d’un scénario aussi mince que celui du Musée des merveilles

Hugo (Asa Butterfield) et Isabella (Chloe Grace Moretz) dans Hugo Cabret, de Martin Scorsese (2011)
Hugo (Asa Butterfield) et Isabella (Chloe Grace Moretz) dans Hugo Cabret, de Martin Scorsese (2011)

La nostalgie de l’enfance ne suffit pas. Une reconstitution, aussi réussie soit-elle, n’est rien sans un bon scénario. L’ensemble, hélas, est mal construit, quand ces deux destins d’enfants devraient se répondre et s’éclairer l’un l’autre.

Le Musée des merveilles et une déception du festival de Cannes 2017. Il n’y a plus qu’à attendre le prochain film de Todd Haynes, et s’émerveiller pour de vrai.

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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