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CAFÉ SOCIETY, DE WOODY ALLEN: LE COEUR PARTAGÉ

L’affiche du film me rappelle une autre image.

Café Society
balance entre Hollywood et New-York, et pourtant me rappelait, comme
une devise, « Paris est une fête, » titre du roman d’Hemingway remis au
goût du jour après la tragédie de novembre.

Le titre original de Paris est une fête, c’est A Moveable Feast,
littéralement un festin portatif, annonce d’emblée qu’à Paris, on
n’arrête pas de bouffer, de boire, de s’amuser, de refaire le monde avec
des potes devant un café. Café Society, à Paris, c’est quotidien. 

Woody et ses amours

Woody revient à ses amours habituelles: le jazz, les années 30, les jolies femmes. Beaucoup ont vu dans Café Society un côté Gatsby, et ils ont raison.

Gatsby le magnifique (1974) avec Robert Redford et une certaine... Mia Farrow
Gatsby le magnifique (1974) avec Robert Redford et une certaine… Mia Farrow
Musique, flamboyance des costumes, Woody Allen se fait plaisir, comme toujours. La photo magnifique est de Vittorio Storaro, connu pour maints chef-d’oeuvre. Son Hollywood lumineux rappelle le carton-pâte des parcs d’attractions.
Les décors rappellent le charme désuet de l’attraction Hollywood Tower Hotel.
Oui mais voilà, la superbe photo ne cache pas le scénario trop mince, les acteurs sympathiques ne sauvent pas le manque d’enjeu et d’ambition du film.
On ne s’ennuie pas devant Café Society, on ne se passionne pas non plus. L’humour juif caractéristique des films de Allen est amusant mais ne fait pas non plus rire aux éclats comme dans Annie Hall. Il faut dire aussi que les rares bonnes répliques du film ont été grillées sur Twitter par le distributeur du film. Du coup, point de surprise devant l’écran.
Comme dans Annie Hall, le héros semble partagé entre Hollywood et New York, à l’instar de Woody lui-même. Si l’on connaît bien la filmographie allenienne, Café Society apparaît cousu de fil blanc. Hollywood, c’est l’amour fantasmé, impossible. C’était déjà le cas dans La Rose Pourpre du Caire. On peut préférer à ce Hollywood solaire celui, sulfureux, de Cronenberg dans Maps to the Stars.
Allen joue aussi sur l’époque années 30 et ses figures de gangster. Le personnage de Ben, cependant, est sympathique sans être surprenant.

Raison et sentiments

Que voulez-vous, le film est paresseux. On suit les deux cœurs partagés entre amour raisonnable et passion, sans plus.
les critiques ont été dithyrambiques au sujet du film. La critique du Monde, notamment, est splendide et me ferait presque changer d’avis. Fort bien, Café Society est meilleur que Irrational Man et Magic in the Moonlight, mais c’était pas dur.
Non, Café Society ne vaut pas Radio Days, et encore moins le génial Zelig. Jesse Eisenberg est convaincant en alter ego de Woody Allen, charmant, nerveux, encombré de lui-même. Steve Carell prouve une fois de plus qu’il est bon dans les rôles dits sérieux. Je défends Kristen Stewart avec ardeur depuis Sils Maria. Mais ce cœur partagé entre deux des plus belles actrices du moment, Kristen Stewart et Blake Lively, peine à convaincre. En effet, irait-on tromper Blake Lively avec le fantôme d’un amour ?
On n’échappe pas non plus à la vision idéalisée de New York, et à la ballade cliché en calèche dans Central Park.

Une fin qui sauve l’ensemble (Attention Spoilers)

Ce qu’il y a de joli, dans Café Society, c’est la fin. Une fin mélancolique, en demi-teinte, qui dit le regret de n’avoir pas choisi la passion.

Le choix de Vonnie (Kristen Stewart) rappelle celui de l’héroïne de Casablanca, qui choisit, le cœur lourd, le riche tchécoslovaque plutôt que le tenancier de bar.

Comme pour Whatever Works (2009) le film de Woody Allen se termine sur une veille du Nouvel An.

Mais au lieu de l’optimisme de Whatever Works, on se retrouve en suspens. Chacun des amants pense à l’autre, le rêve est fini mais ils y flottent encore.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

3 commentaires pour l’instant

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AnonymePublié le 5:25 - Mai 24, 2016

Tout à fait d'accord. Ce Café Society n'est pas désagréable mais n'est qu'un faible écho de ce qu'était l'âge d'or de Woody Allen de 1977 à 1984, et vaut surtout pour sa dernière scène, dans laquelle l'idée d'une femme hésitant entre deux hommes et se trompant porte ses beaux fruits mélancoliques. Mais on est loin de Crimes et Délits et Hannah et ses soeurs.
Strum

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AnonymePublié le 10:43 - Mai 25, 2016

Bonjour,

Je suis confus, j'ai écrit mon message ci-dessus trop vite : l'âge d'or de Woody Allen se termine bien sûr juste après Harry dans tous ses états en 1997 (et évidemment pas en "1984"… qui était une typo bizarre) au moment du départ de sa monteuse historique Susan Morse, à laquelle la fluidité et la vivacité des grands Allen (Crimes et Délits, Hannah et ses soeurs, La Rose pourpre du Caire, Une autre femme, etc.) devaient beaucoup.
Strum

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FatizoPublié le 4:41 - Mai 29, 2016

Un film convenu, sans la moindre surprise, vu et revu.
Et dire que j'ai vu des critiques qui le comparait à Lubitsch, Mankiewicz et Wilder.
http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2016/avec-cafe-society-woody-allen-prouve-qu-il-est-l-egal-de-lubitsch,142279.php
Il ferait mieux de revoir les films de ces génies, cela lui éviterait d'écrire de telles énormités.
Belle soirée

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