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BROOKLYN VILLAGE : CHACUN CHERCHE SON POTE

Quand Jake, fraîchement arrivé de Manhattan, rencontre Tony, Brooklyn pur jus, il n’a pas un ami au monde. Cette amitié leur sera précieuse à tous deux. Mais les considérations adultes viennent souvent gâcher l’insouciance des enfants. 

Michael Barbieri (Tony Calvelli) et Theo Taplitz (Jake Jardine) dans Brooklyn Village, de Ira Sachs (2016)
Michael Barbieri (Tony Calvelli) et Theo Taplitz (Jake Jardine) dans Brooklyn Village, de Ira Sachs (2016)

Petite histoire du Brooklyn d’aujourd’hui


Jake est le fils d’un couple de la classe moyenne, les Jardine, venu s’installer à Brooklyn car les loyers de Manhattan sont prohibitifs. Le père hérite d’une maison dans la banlieue de New-York, qui permet à la famille de gagner en qualité de vie. Mais au rez-de-chaussée de la maison se trouve une boutique qu’on remarque à peine, celle de Leonor, mère de Tony. Elle y vend des robes cousues main. Elle payait un loyer au grand-père, elle devra en payer un au père. Sauf qu’il a triplé entre-temps.

Paulina Garcia (Leonor Calvelli) dans Brooklyn Village Little Men
Paulina Garcia (Leonor Calvelli) dans Brooklyn Village

Le drame se profile déjà : de nombreux habitants de l’île s’installent à Brooklyn, ce qui fait considérablement augmenter les loyers et le niveau de vie d’une région jadis considérée comme un quartier pauvre. La famille de Tony se retrouve dans un Brooklyn en pleine mutation. Chez nous, on parlerait d’embourgeoisement, de boboïsation d’un quartier.

Je suis une bobo de Montmartre qui fait ses courses à Château-Rouge, quartier populaire de Paris qui, peut-être, prend le même chemin que Brooklyn. 

Voyait-on de jolies boutiques près de la Basilique Saint-Denis il y a vingt ans ? Non. On en voit aujourd’hui, tout le long de la rue qui mène au métro, avec des magasins bio en prime. Parce que Paris est devenu hors de prix, la classe moyenne a peu à peu envahi les quartiers autrefois modestes.

Cette boboïsation de Paris a été montrée par Klapisch dans Chacun Cherche son chat. Le film fête son 20ème anniversaire cette année.

Garance Clavel (Chloé) dans Chacun Cherche son chat (1996)
Garance Clavel (Chloé) dans Chacun Cherche son chat (1996)

Dans la série Sex and the City, la brillante avocate Miranda déménage à Brooklyn avec son homme et son fils, pour y avoir, selon les mots de Jake dans Brooklyn Village « plus d’espace et de calme. » C’était dans les années 90, et déjà commençait l’embourgeoisement de Brooklyn. On est loin du Brooklyn avec Saoirse Ronan.
Ira Sachs s’inquiétait déjà du prix des appartements new-yorkais dans Love is Strange
Affiche de Love is Strange, d'Ira Sachs (2014)

Dans le film de 2014, un couple d’homosexuels se voit contraint de vendre leur appartement, suite au licenciement de l’un d’eux. Nous suivons leur galère pendant une heure et demie.

Chronique d’une amitié

Brooklyn Village est un film naturaliste, la chronique d’une amitié sur fond de guerre familiale. Ira Sachs propose une série de morceaux de vie, mention spéciale pour le cours de théâtre où Tony affronte avec brio son professeur dans une joute verbale. Point de manichéisme chez Ira Sachs. Ne comptez pas sur lui pour présenter les Jardine en méchants bourgeois qui prennent Brooklyn d’assaut, et les Calvelli en pauvres naïfs.

Time Out compare Ira Sachs à Woody Allen. Peut-être, si l’on considère le début d’Annie Hall (plus drôle) et la photographie d’Hannah et ses sœurs.

Une très belle affiche

Les acteurs de Brooklyn Village sont tous remarquables. C’est un plaisir de retrouver Jennifer Ehle dans le rôle de la mère de Jake. Elle avait incarné Elizabeth dans le Pride and Prejudice de la BBC (1995) ainsi que Constance Wilde dans le film de Brian Gilbert (1997) Surtout, elle incarnait l’épouse de Lionel Logue dans Le Discours d’un roi (2016) En 2016, elle a encore du charme et une belle présence à l’écran. Bravo aussi à Greg Kinnear, qui jouait déjà un père de famille dans Little Miss Sunshine.

Greg Kinnear et Jennifer Ehle autour du réalisateur Ira Sachs
Greg Kinnear et Jennifer Ehle autour du réalisateur Ira Sachs

Surtout, on retrouve Alfred Molina, vieux complice de Sachs, dans le rôle du père de Tony.

Brooklyn Village est le joli film de la semaine. Laissez Tony et Jake vous émouvoir pendant 1h25.

Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !


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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

4 commentaires pour l’instant

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FatizoPublié le 7:55 - Sep 24, 2016

Je suis allé le voir jeudi soir dans mon mk2 préféré, mais je n'ai pas eu de chance.
Une coupure de son qui n'en finissait plus. Je suis parti alors qu'il restait environ
une demi-heure.
Difficile de juger un film sans l'avoir vu jusqu'au bout(sauf s'il est très mauvais), mais ce que j'en ai vu m'a un peu laissé sur ma réserve.
Bonne soirée Marla.

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MarlaPublié le 4:30 - Sep 26, 2016

Ah, quele dommage de l'avoir vu dans ces conditions ! Je me souviens avoir vu The Shop Around the Corner dans une petite salle du Quartier Latin qui présentait le même défaut… Argh.

Vous pouvez donner une nouvelle chance à Brooklyn Village, c'est vraiment bien vu. Peut-être lors d'un passage télé ?

Bonnes séances

Marla

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    FatizoPublié le 8:13 - Sep 27, 2016

    Ah , "The Shop Around the Corner", voilà un film que je pourrais regarder une fois par mois.
    Si je devais faire mon classement de tous mes films préférés, il figurerait en bonne place.
    Une comédie romantique sur fond de crise sociale avec cette humour si particulier à Lubitsch. On ne fait pas mieux.
    Bises et bonne soirée Marla.

    Avatar

    MarlaPublié le 11:30 - Sep 28, 2016

    Oui, je l'aime beaucoup aussi ! Ça me donne envie de le revoir ! Sans coupures, cette fois 🙂

    Bises cinéphiles,

    Marla

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