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BEYOND CLUELESS: ANATOMIE DU TEEN MOVIE

1 out of 5 stars (1 / 5)

Beyond Clueless nous propose un voyage dans les teen movies des années 90. Charlie Lyne cherche à explorer ces images de films adolescents, et nous offrir en filigrane une anatomie des années lycées américaines.

L’idée était séduisante. Le choix de Fairuza Balk en guise de narratrice, judicieux.

J’ai peut-être passé trop de temps à l’université française, mais il m’a semblé que ce film manquait cruellement d’une problématique, d’un point de vue, d’un véritable parti pris.
 

Comment ses films montrent la jeunesse américaine au reste du monde ?

Charlie Lyne se contente d’une « dissertation » en cinq actes, de la volonté d’intégration des jeunes à leur prise de liberté. Le commentaire paraphrase les trames des films plutôt que de les analyser réellement.
 

Cette paraphrase vaguement éclairée m’a ennuyée. J’ai vu Beyond Clueless hier soir, et je ne pourrais pas vous faire part des conclusions du réalisateur, tant elles m’ont paru invisibles.

Mais il me reste en mémoire les images des films proposés. Je les ai réagencées dans ma cervelle de prof. Et j’en ai tiré mes propres conclusions.

Beyond Clueless et un genre formaté

Tous ces films se suivent et se ressemblent. Il y a toujours les pimbêches soi-disant enviables, que l’on veut côtoyer à tout prix, que l’on admire et déteste à la fois. Elles sont odieuses, obsédées par leur apparence et leur popularité.
 

Il existe deux cas de figure.

Le premier: l’héroïne est acceptée au sein du groupe des poufs pour se rendre compte qu’elles n’en valent pas la peine. C’est le cas dans Mean Girls (simplement « Méchantes filles ») subtilement (!) traduit en français par Lolita Malgré moi.
Le recul provoque une certaine ironie: Lindsay Lohan a mal fini. À noter, tout de même, la présence d’Amanda Seyfried, qui a depuis joué dans de meilleurs films, comme le sympathique Mamma Mia et le très bon mais peu connu Time Out.
Deuxième cas de figure: les poufs en question martyrisent l’héroïne ou le héros, et l’on se met, pendant tout le film, du côté des nerds, des geeks, des zarbis, ces ovnis du lycée qui feraient de parfaits personnages dans The Big Bang Theory.

Les poufs et les nerds

Ces nerds sont bien sûr plus sympas que les pétasses citées plus haut.

C’est drôle, je trouve que le club des poufs est bien mieux moqué, justement, dans une série télévisée.

Queen et ses copines du club de mode dans Daria, série télévisée
Quinn et ses copines du club de mode dans Daria, série télévisée
La série Daria se moquait de ces filles légères comme jamais: Quinn (à gauche) est la sœur de Daria, et son opposé complet. Populaire et frivole, elle fait de la concurrence à Sandy, à côté d’elle, meneuse officielle du club de mode.
 
Puis il y a Tiffany, d’une bêtise insondable. Peut-être deux répliques par épisode, mais chaque fois mémorables.
 
Enfin il y a Stacy, douce et soumise, qui adule Quinn et Sandy pour leur style et leur « intelligence. »
 
Mais la Daria en question, c’est elle:
 
Autant vous dire qu’elle est aux antipodes des membres du club de mode. Sa meilleure amie, artiste et sarcastique, permet un duo formidable.
Les deux subissent avec humour les railleries des quatre pestes, et la bêtise d’autres camarades, notamment Britanny (directement inspirée de Britney Spears) et Kevin, le quaterback de l’équipe de foot.
Le premier film étudié par Charlie Lyne dans Beyond Clueless est Dangereuse Alliance, où la pétasse blonde harcèle l’une des héroïnes dans un racisme affiché.
 
La bande de misfits dans Dangereuse Alliance
Dans Dangereuse Alliance, les gentilles devenaient méchantes en abusant de leurs pouvoirs magiques. Naturellement, elles allaient trop loin, pour que la morale s’accomplisse.
 
Je me souviens aussi d’un amalgame navrant entre gothique et sorcellerie.

Mais revenons à la vilaine blonde. Dans les films pour ados, les poufs sont toutes basées sur le même modèle.

Regina George dans Mean Girls

Amber dans Casper (1997)

Mais n’exagérons rien. certaines pouffiasses sont brunes.

Vous remarquerez qu’elles sont souvent accompagnées par le quarterback de l’équipe de foot.

 

La « moche » et le quarterback

Mais parfois, le quarterback rompt avec la fille populaire, et veut se venger. Ou prouver au monde qu’il peut sortir avec n’importe quelle fille et en faire une reine du bal.

 
 
 
Cette transformation de la chenille en papillon nous est toujours présentée, dans les teen movies, comme le but à atteindre. C’est  le syndrôme Cendrillon, génération après génération.
 
Sauf que le pari de faire d’une fille de rien une femme du monde n’est pas nouveau. My Fair Lady et Pretty Woman, tous deux basés sur la pièce Pygmalion, sont des archétypes de ce fantasme féminin, qui n’est qu’une construction sociale et culturelle: rencontrer le prince charmant qui fera d’elle une femme belle et aimée.
 
Petit « avant-après »: 
 
 
De haut en bas: Julia Roberts dans Pretty Woman (1990) Audrey Hepburn dans My Fair Lady (1964) et Rachael Leigh Cook dans Elle est trop bien (1999)
La « moche » des teen movies est toujours une fausse moche. Il s’agit toujours d’une beauté insoupçonnée.
Le film Sex Academy (encore une traduction subtile pour « Not Another Teen Movie ») essayait de tourner en dérision ce paradoxe.
 
 
Voilà une autre chose que Beyond Clueless ne dit pas: ces films pour ados se nourrissent les uns des autres, ils se recyclent en quelque sorte. La parodie apporte peu côté dérision et beaucoup en grossièreté.
 

La trouille du sexe

 
American Pie a connu un gros succès, au point d’avoir plusieurs suites et une parodie consacrée. Pareil pour Scream.
 
Dans le premier, on parle de l’obsession du sexe chez les garçons, dans une odieuse caricature. Dans le deuxième, on associe la peur au sexe.
 
Beyond Clueless explique assez bien ce duo entre sexe et trouille. Il cite Idle Hands, film d’horreur nanar qui illustre les craintes et les désirs d’un ado flemmard.
 

La trouille de son propre désir et de son propre corps est très bien montrée dans Scream. L’héroïne, Sydney, hésite à coucher avec son petit-ami, et c’est qui la sauve, selon les codes du film d’horreur, d’une mort certaine.
 

Un conditionnement des spectateurs

Une dernière chose: les teen movies préparent les ados. Non pas à la vie qui les attend mais à un certain type de pensée: « être-populaire-c’est-bien-mais-être-intelligent-aussi-c’est-mieux. »
 
 
Ce prêt-à-penser conditionne aussi le public à un certain type de cinéma. Les filles adeptes de teen movies iront voir des rom-com qui leur raconteront peu ou prou la même histoire, d’une jeune fille perdue-pas-jolie sauvée par un homme.
 
Les garçons, peut-être plus adeptes de la parodie, seront tout disposés à aller voir des films vulgo-trash, au sexisme revendiqué.
 
Vous allez me dire: mais alors, quels films les adolescents peuvent-ils regarder ? Bonne question. Réponse dans mon prochain article.
 
 
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !
 
 
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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