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Bandersnatch : Charlie Brooker a fumé La Quatrième dimension

Charlie Brooker, showrunner et scénariste de Black Mirror, a déclaré être très influencé par La Quatrième dimension, série phare de science fiction qui a marqué les années 60. Il évoque notamment un épisode, « Time Enough at Last », où un homme très pris par un travail ennuyeux à mourir, n’a plus le temps de lire. Une apocalypse se produit, et voilà que le personnage se retrouve seul et heureux parmi les livres.

 

 

Avant de casser ses lunettes.

Brooker a dit adorer cette fin désespérée, et vouloir créer une série sur le même ton. C’est ainsi qu’est né Black Mirror

Bandersnatch n’échappe pas à la règle. Les fins heureuses, sûrement pas. C’est pourquoi l’une des répliques de la psy à Stefan est d’une ironie grinçante. En effet, elle lui demande si son jeu vidéo aura une fin heureuse. Le spectateur de Black Mirror se doute bien que non. A quelques exceptions près, tous les épisodes de la série ont une fin épouvantable. 

L’invitation au rêve

Dans l’une des fins possibles de l’épisode, Stefan rêve qu’il part, petit garçon, avec sa mère, et prend le train avec elle. Il meurt lui aussi dans l’accident. La scène suivante se déroule chez sa psy, et elle le découvre mort sur le fauteuil où il se confiait. 

Cette scène est directement inspirée de l’épisode de La Quatrième dimension, « Perchance to dream ».

 

 

Dans ce scénario, le héros rêve constamment d’une femme qui se joue de lui dans une fête foraine et qui, croit-il, souhaite sa mort. Il se confie lui aussi à un psychanalyste. Lors d’une séance, il meurt sur le divan d’avoir rêvé un peu trop fort.

Un autre passage de l’épisode évoque également La Quatrième dimension. Il s’agit du moment où, devant une psy devenue combattive et qui sort de nulle part des katanas, Stefan choisit, guidé par le spectateur, de sauter par la fenêtre. À ce moment, la caméra recule, et l’on se rend compte que l’on est en train de tourner une scène. Cela s’appelle casser le quatrième mur, ou pour les littéraires, briser l’illusion référentielle. En clair, on est en train de tourner une série, et on nous le montre.

 

Vous étiez plongé.e dans les aventures de Stefan ? Vous avez cru avoir un impact sur son destin ? Que nenni ! Tout cela est inventé, écrit, mis en scène au sens très littéral, au point de voir à l’écran des caméras, et une technicienne qui dit à Stefan :

« Alors là, non, c’est le moment du combat. »

 

Comme si Stefan s’était trompé dans le script, et n’avait pas joué son rôle comme prévu.

 

Dans l’épisode de La Quatrième dimension, « A World of Difference », un homme tout ce qu’il y a de plus banal vit le rêve américain, avec femme, enfants et jolie maison. Jusqu’à ce qu’il entende « Coupez ! » de la part du réalisateur. Il se rend alors compte qu’il n’était qu’un acteur de film, et que ce qu’il pensait être sa vie n’était qu’illusion.

L’intro de Rod Serling, créateur de la série, est la suivante :

Vous regardez un tableau de réalité, des choses concrètes, de matière physique : un bureau, une fenêtre, une lumière. Ces choses existent et ont une dimension. Voici Arthur Curtis, 36 ans, réel également. Il est de chair et de sang, de muscles et d’esprit. Mais dans un instant, nous verrons que la frontière est mince entre ce que l’on considère réel et ce qui est l’oeuvre de l’esprit.

Cette oeuvre de l’esprit provient du scénariste.

Dans Black Mirror également et surtout dans Bandersnatch, ce sont les scénaristes, bien plus que les spectateurs, qui tirent les ficelles.

 

 

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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