Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

Bandersnatch : le délire méta

Bandersnatch, comme de nombreux épisodes de Black Mirror, propose ce qu’on appelle une réflexion méta. Mais le méta, c’est quoi ? En gros, c’est une fiction qui nous fait réfléchir sur la fiction. Cela passe souvent par une mise en abîme.

Si vous avez eu une prof de littérature ringarde dans mon genre qui vous a expliqué ce qu’était la mise en abîme, elle vous a sans doute filé l’exemple de la vache qui rit. La pauvre bête porte des boucles d’oreilles avec sa tête dessus. Les vaches sur les boucles d’oreilles en portent également, et ainsi de suite, à l’infini.

 

Dans Black Mirror, on est plutôt dans le délire « l’écran dans l’écran. » Dans le pilote, par exemple, Charlie Brooker nous montre le public britannique avide de regarder le premier ministre se taper un cochon. En filmant cette scène, il nous dit en vérité « Regardez-vous donc en train de regarder ». Il dénonce ainsi la tendance au voyeurisme, décuplée ces dernières années avec l’apparition de la télé réalité et des nouvelles technologies.

Le méta dans Bandersnatch : le spectateur avant tout

Bandersnatch nous invite à réfléchir sur ce qu’est un format de fiction et notre rôle de spectateur. Le spectateur peut-il être actif ? Oui, semble-t-il. Mais en fait, les choix appartiennent au seul scénariste. Il manipule le spectateur qui, lui, croit manipuler Stefan.

 

 

Vous trouvez ce que je dis prise de tête ? C’est juste.

Le format de Bandersnatch ne fait que reprendre une vieille recette, celle du jeu de rôle, et plus exactement du livre dont vous êtes le héros. Le jeu vidéo de Stefan est d’ailleurs l’adaptation d’un livre dont vous êtes le héros.

 

 

Là aussi, le lecteur agit, ou a la sensation d’agir en jetant les dés et en passant d’un chapitre à l’autre de manière non-linéaire pour avancer dans l’intrigue.

Mais au-delà du livre dont vous êtes le héros, Bandersnatch me fait penser à un autre bouquin, qui a donné un très bon film.

 

 

L’Histoire sans fin n’est pas une histoire… sans fin. Elle se termine, et elle se termine bien. Le génie de Michael Ende, l’auteur, est de parler du lecteur.

Le lecteur suit Bastien, petit garçon lui-même fan de lecture qui découvre les aventures d’Atreyu, jeune guerrier. En somme, le lecteur d’Ende lit l’histoire d’un garçon qui lit une histoire. Là où Ende est grandiose, c’est quand il nous révèle qu’un autre lecteur, que l’on ne connaît pas, lit peut-être nos propres aventures.

En gros, on ferait tous partie d’un livre lu par quelqu’un d’autre.

Mais ça ne fait pas avancer Bandersnatch, ça.

Bienvenue sur Netflix

Le moment qui a le plus marqué les internautes dans l’épisode est sans doute celui où l’on devait choisir entre le logo de Netflix et le symbole de White Bear :

Ceux et celles qui ont eu l’audace de cliquer sur Netflix ont eu droit à une scène surréaliste où un texte s’inscrivait sur l’écran de Stefan et parlait… d’eux.

JE TE REGARDE SUR NETFLIX

S’ensuit le choix d’en dire plus à Stefan sur ce qu’est Netflix. Le voilà, le délire méta dans toute sa splendeur, et ce n’est pas qu’un moyen pour la plateforme de faire son auto-promotion. Il s’agit bien de repousser les limites de la fiction et de ce qu’on peut lui faire dire.

L’épisode fait surtout réfléchir le spectateur : qu’ai-je décidé ? Pour quelle raison ? Est-ce ma connaissance de Matrix qui m’a poussée à cliquer sur cette option ? Si j’imite la « folie » de Stefan : quelqu’un prend-il des décisions à ma place ?

Netflix réussit là où nombre de fictions sur les nouvelles technologies échouent : plutôt que de parler de la machine, Netflix nous parle de nous.

 

 

Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial