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Dead Pixels : les gamers dans les séries

Dead Pixels : les gamers dans les séries

4 out of 5 stars (4 / 5)

Dead Pixels, épatante sitcom britannique sur 4 joueurs de MMORPG, vaut le coup d’oeil. Entre humour irrésistible, vision acide et réaliste des gamers, et références à foison, la série fonctionne très bien. Je vous dis quelle est sa place en regard des autres séries sur les jeux vidéo, et ses qualités propres dans cette vidéo (transcript ci-dessous) :

 

Transcript : 

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Je suis un fan de jeux vidéos. Et c’est donc en tant que gamer que j’ai aussi envie de vous parler de cette série qui est Dead Pixels.

Dead Pixels, c’est une sitcom britannique en 6 épisodes de 25 minutes. Elle a été créée par Jon Brown, elle a été diffusée sur la chaîne E4, mais on la trouve très facilement en streaming.

Dead Pixels raconte les journées de 4 joueurs de MMORPG, Meg, Nicky, Usman et Russell, le petit nouveau, qui jouent à Kingdom Scrolls, un MMORPG (fictif) qui fait fureur. Ils ne font que ça de leur vie, et ils en sont fiers. Et c’est à mourir de rire. Sérieusement, c’est la série
qui m’a fait le plus rire depuis le début de l’année. Si toi aussi, tu es un gamer ou si tu as juste envie de te taper une bonne grosse poilade, Dead Pixels, c’est LA série à voir.

 

Les premières séries sur les jeux vidéo

Mais si j’ai envie de parler de Dead Pixels, c’est aussi parce que pour moi, elle est révélatrice de comment les séries voient les gamers. En fait, il y a deux manières d’approcher les jeux vidéo dans les séries. La première manière c’est de faire une série qui se déroule dans un jeu vidéo fictif.

Il y a eu d’abord l’épisode d’X-Files « Maitreya », sur des joueurs prisonniers d’un RPG pouvant les tuer pour de vrai. Maitreya a d’ailleurs été co-écrit par William Gibson, le fondateur du courant Cyberpunk. Mais c’est à partir
de 2002 qu’il y a eu des séries consacrées au jeu vidéo, dont pas mal dispo sur Youtube. Si ça vous intéresse, je vous mettrai les liens en description. Il y a eu le manga Sword Art Online, la websérie française Lost Levels, dont la géniale Noob est le reboot. Et plus connu peut-être, Code Lyoko, que tous les ados des années 2000 ont dû voir sur France 3. Mais, vers le milieu des années 2000, il y a eu comme un revirement.

 

Les gamers, héros de webséries

On a commencé à parler davantage des gamers que des jeux vidéo. Et c’est à cette dernière catégorie qu’appartient Dead Pixels. Alors, je n’ai jamais été très convaincu en général par les séries qui prétendent parler des
gamers.

L’une des toutes premières, je crois que ça a été Nerdz, l’une des webséries-phares de la chaîne Nolife. Ah, Nolife… Dans Nerdz, les héros ne font que glandouiller dans leur appart, rivés sur leur écran, du moins dans les premières saisons. C’est très caricatural, notamment avec le perso assez lourd de Régis-Robert. Et puis, ce sont des persos assez mous. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je joue à un jeu vidéo, je me sens excité en permanence, que je joue seul ou à plusieurs.

En fait, c’est plutôt The Guild qui est la série-modèle pour les gamers. The Guild suit un groupe de joueurs de MMORPG tantôt in-game tantôt IRL (In Real Life). Contrairement à la très potache Nerdz, The Guild a un regard tendre envers la communauté gamer. Les persos sont drôles, décalés, surexcités. C’est de l’humour bienveillant, qui marche très bien.

Il y a aussi VGHS, qui se passe carrément dans une école de gamers, mais qui pour le coup, est dans l’inverse : elle est efficace, mais manque d’empathie. Et c’est là que Dead Pixels vient tuer le game dans le genre.

 

Dead Pixels : un regard double sur la communauté gamer


Dead Pixels a un double regard, enthousiaste et critique. Tendre et acide, et c’est toujours drôle. Les dialogues sont totalement pétés, c’est rapide, c’est trash, c’est brillant, ça marche du tonnerre de Zeus.

Dead Pixels semble d’abord copier The Guild. Surtout au niveau des personnages. On a la nana volubile en manque d’affection, le nerd asocial, le parent qui oublie sa famille, le nouveau-venu concon. Mais Dead Pixels est bien plus vachard.

Il y a pas mal de scènes de Dead Pixels qui sont des reflets perturbants de ce que j’ai vécu, moi, en tant que gamer. Et que ça engueule les joueurs AFK (Away From Keyboard : qui s’absentent du jeu), et que ça bouffe de la merde en ligne, et que ça fait du livestreaming pour tenter de s’faire un peu de thunes… Et quand on s’emmerde, on aime bien trucider 326 vaches rien que pour le plaisir.

On rit non-stop, et en même temps, on grince des dents devant certaines réactions de joueurs aussi violentes que débiles. Il y a aussi des scènes qui révèlent le snobisme de certains joueurs. Il y a aussi une scène où Meg démolit une nana au look geekette alors qu’elle ne l’est pas. Parfois, cela
rappelle la sitcom Spaced, Les Allumés, avec ses geeks asociaux totalement frappés.

Mais Dead Pixels va assez loin quand elle parle d’un fléau qui touche pas mal de nolifes, vous savez, ces personnes qui sont H24 sur leurs passions (quitte à ne plus avoir de vie sociale). Eh bien, ce fléau, c’est la déconnexion au monde réel. Et Dead Pixels le fait sans être moralisatrice. Chacun des joueurs tente de trouver dans le jeu vidéo un remède au vide existentiel qu’il ressent. Un vide existentiel qui existait déjà bien avant le jeu.

 

Dead Pixels : Par des geeks, pour les geeks


Pourtant, Dead Pixels est une ode aux gamers. Jon Brown, le créateur, est un geek fini. On aime les personnages malgré tout. Surtout, les gamers ont construit leur propre culture, qui n’est pas la culture mainstream. Le quatuor d’héros a donc forcément une distance, voire une indépendance face aux normes sociétales. C’est très bien montré dans le 3e épisode qui reprend le ton des comédies romantiques Hollywoodiennes, mais qui en subvertit absolument tous les codes, y compris le happy end. Il y a aussi un autre épisode où Meg se lance dans un monologue incroyable où elle fustige
le mépris des non-gamers. Pour elle, la réalité du jeu vidéo vaut bien la « vraie réalité », d’autant plus qu’elle est bien plus active et créative dans le MMORPG que dans le monde réel. On est dans la morale inverse de Ready Player One et son « Only reality is real ».

Les gamers qui m’écoutent, vous n’avez jamais eu la sensation que l’espace de quelques heures, la réalité ce n’était pas la Terre ? C’était Warhammer, Gaïa, Nirn, ces mondes qui nous ont tant enchanté… Eh bien, tous ceux et celles qui pensent comme ça, Dead Pixels vous entend et vous salue.


Voilà, pour tout cela, regardez Dead Pixels, c’est fun, c’est à se rouler par terre, les acteurs sont déchaînés. Et on tient enfin, ce que je pense être la première série réaliste sur les gamers.

 

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Quand les fans de séries pètent un câble

Quand les fans de séries pètent un câble

Bonjour les addicts ! Après avoir parlé de problèmes récurrents dans les séries, allant du gosse-boulet qui plombe tout à la disparition inexpliquée de personnages, on s’intéresse aujourd’hui au public. Certaines séries ont eu un effet bizarre sur leurs publics. Au point qu’une grosse communauté de fans a adopté un comportement que les créateurs n’avaient certainement pas prévu. Cette vidéo « Quand les séries pètent un câble » vous propose un top 5 des réactions les plus bizarres des fans (transcript sous la vidéo).

 

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. J’ai parlé récemment de séries qui ont adopté des choix aussi bizarres que la carrière de Nicolas Cage. Mais il existe des cas où ce n’est pas la série qui délire, mais ses fans. Alors, je vous propose mon top 5 des syndromes, des réactions les plus bizarres qu’a pu avoir un public à cause d’une série. Notre dossier : Quand les séries pètent un câble.

 

Le syndrome Beverly Hills : comment traumatiser son enfant ?


En 5e position : le syndrome Beverly Hills

Des beaux gosses, des belles nanas, du fric, du cul (enfin pas trop…), le soleil californien, les aventures de Brandon et Brenda… sérieux, Brandon
et Brenda… Mais justement, c’étaient des persos tellement cultes, que plein de parents des années 90 ont décidé d’appeler leurs enfants Brandon ou Brenda. J’vous dis pas la gueule quand ils ont vu que leurs enfants ne seraient jamais aussi sexy que Shannen Doherty et Jason Priestley.


Aujourd’hui, on parle davantage du syndrome Game of Thrones, vu que depuis le début de la série, il y a eu une explosion de Daenerys donnés partout. Khaleesi fait aussi fureur chez les nouveaux parents. Ce qui est juste complètement débile vu que Khaleesi n’est pas un prénom, mais un statut, qui désigne la femme du Khal, le chef de guerre Dothraki.

 

Le syndrome Tais-toi et danse : la webcamophobie

En 4e position : Le Syndrome Tais-toi et danse.

Celui-là, moi-même, j’y suis tombé dedans. Le syndrome Tais-toi et danse nous vient de la série Black Mirror, une anthologie SF qui a plus d’une fois laissé son public en PLS, en regrettant le temps béni des Teletubbies.

Dans le 3e épisode de la saison 3, intitulé « Tais-toi et danse », un adolescent subit un horrible chantage : on le force à faire des actes inhumains sous peine de dévoiler une vidéo de lui en train de se masturber devant du porno. Chantage rendu possible grâce au piratage de sa webcam.

Du coup, après l’épisode, beaucoup de spectateurs ont décidé de coller une pièce, un bouton, un billet pour un spectacle de Kev Adams, enfin bref quelque chose d’inutile, sur leur webcam. La masturbation est un sport très dangereux.

 

Le syndrome Les Experts : la série préférée des criminels

En 3e position : le syndrome Les Experts.


Les Experts, série policière qui a cartonné 15 ans sur tous les écrans, nous a donné un aperçu des méthodes de la police scientifique. Il se trouve que Les Experts décrit aussi des méthodes utilisées par des criminels pour effacer leurs traces… ce qui a permis à pas mal de criminels dans la vraie vie d’échapper à la police en reproduisant les mêmes méthodes.

D’ailleurs, il est arrivé une histoire assez énorme à propos du violeur en série Jonathan Haynes. Fan des Experts, Haynes forçait systématiquement
ses victimes à nettoyer toute trace de ses crimes, Jusqu’au jour où une de ses victimes a eu le réflexe d’arracher une poignée de ses cheveux à elle et à les jeter dans la voiture. Et c’est comme ça que la police a réussi à l’arrêter. Détail qui tue : quand on a demandé à la jeune femme, comment elle avait eu cette idée, elle a répondu qu’elle avait vu ça dans un épisode… des Experts.

 

Le syndrome Perry Mason : comment saboter la justice américaine

En 2e position : Le syndrome Perry Mason.

Ah, grande tendresse pour celui-là. Perry Mason est une des premières séries judiciaires. Dans les années 50-60, Perry Mason incarnait l’avocat idéal par excellence : droit, efficace, génial, En fait, il était chiant.

Le public a tellement adoré Perry Mason qu’ils ont cru qu’ils savaient maintenant tout du système judiciaire. Du coup, à l’époque, beaucoup d’accusés ont refusé de prendre un avocat. Parce qu’ils se disaient que pour être acquitté, il suffisait de parler comme Perry Mason.

Mieux, Mason parvenait toujours à forcer le coupable à avouer son crime en plein procès. Du coup, dans certaines affaires de la vraie vie, le jury a carrément condamné des accusés… juste parce que personne d’autre n’avait confessé de crime durant le procès.

 

Le syndrome de l’Ours Ben : un ours c’est tout mimi

Et enfin, mon coup de coeur, en 1re position : le syndrome de l’Ours Ben.

Si vous pensiez avoir atteint les tréfonds de la connerie humaine, je vous prépare une petite surprise.

En 1967, la série Mon Ami Ben, sorte de Flipper le dauphin sans Flipper sans Dauphin mais avec un ours, fait un carton. Au point que un grand nombre d’enfants et adultes se sont dit qu’un ours, sauvage ou pas, c’était tout mignon. En fait, ils se sont pris pour Elmyra dans les Tiny Toons.

Par conséquent, quand une famille voyait un ours, que ce soit en forêt, dans un parc, en réserve, ils pensaient que c’était le même qu’ils avaient vu à la télé, vous savez, le même, celui qui est tout mignon, là.

Du coup, fuck la sécurité, ils s’approchaient trop près des ours et repartaient en saignant de partout.


Cette vidéo sur le sujet « Quand les séries pètent un câble » est terminée, n’hésitez pas à la liker et à partager vos anecdotes en commentaires. Quant à moi, je vous dis à une prochaine vidéo. Salut !

 

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Affiche de Bonding, série Netflix original (2019)

Bonding : l’anti 50 Nuances de Grey

4 out of 5 stars (4 / 5)

Bonding, sortie sur Netflix, est une épatante série. Bien loin des délires douteux de 50 Nuances de Grey, elle se sert du BDSM pour raconter avant tout une belle histoire d’amitié. Découvrez pourquoi il faut regarder cette série très courte (7×15 minutes, soit la durée d’un long-métrage) mais très réussie (transcript ci-dessous).

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Aujourd’hui, on va parler de fouets qui claquent, de tenues de cuir très cuir et autres joyeusetés coquines. Aujourd’hui on va parler de la nouvelle série Netflix : Bonding.


Bonding est une comédie dramatique en 7 épisodes de 15 minutes. Elle a été créée par l’américain Rightor Doyle. Et elle est disponible sur Netflix. Elle se binge-watch donc très facilement en moins de deux heures.

Bonding raconte comment Pete, un jeune gay, retrouve une amie d’enfance, Tiffany, dite Tiff. Comme il est au chômage, Tiff lui propose de devenir son assistant, mais un assistant bien particulier. Car si Tiff est étudiante en psychologie le jour, elle est une dominatrice la nuit. Ensemble, ils vont faire un sacré voyage, professionnel et personnel.

 

Le sexe dans les séries : prétexte à des sujets plus sérieux

Si je vous parle de cette série Netflix, c’est parce que Bonding me permet de parler d’un thème qui m’est assez cher. C’est comment les séries utilisent un thème sexuel pour pouvoir en fait parler de tout autre chose. Pour prendre la référence en la matière, Sex and the City est par exemple davantage un traité sur les relations d’amitié et d’amour qu’une série sur le sexe. La sitcom Six Sexy parle davantage de questionnements personnels, sur sa propre identité, sur son propre couple, que de sexe. Bonding ne fait pas autre chose, elle prend le sujet du BDSM, pour parler de quelque chose de bien plus intéressant. Et pour cette raison, je remercie Netflix pour avoir produit Bonding.

Déjà Bonding met un point d’honneur à réhabiliter une pratique qui a été maltraitée par le best-seller 50 nuances de Grey. En effet, dans les romans comme dans les films, le BDSM est vu comme une pratique d’un esprit pervers, obsédé sexuel, bref malsaine, opposé au sexe plus conventionnel. Or, le BDSM est une pratique sexuelle comme une autre, faite par deux personnes consentantes saines de corps et d’esprit. Tiffany n’a pas eu traumatisme à la con, ses clients non plus.

La minisérie Submission qui dépeint des pratiques plus réalistes et positives du BDSM avait aussi été produite en réponse à l’imposture de 50 Nuances de Grey. Bon, Submission n’était pas géniale, mais ça valait le coup d’essayer.

 

Bonding : contre la masculinité toxique


Surtout, cela va au-delà des coups de fouet et de la douleur. Dès 1975, avec son film Maîtresse, le réalisateur Barbet Schroeder rappelait la dimension quasi thérapeutique du BDSM. Le fait que Rightor Doyle se soit inspiré de son passé, quand il était un jeune comédien gay assistant d’une dominatrice ; ben, ça donne un cachet réaliste à l’ensemble [N.B. Bonding n’est toutefois pas fondamentalement exacte, plusieurs dominateurs et dominatrices professionnelles ont publiquement désavoué les erreurs de la série ; Bonding semble davantage une évocation qu’une peinture du milieu).

Nombre de clients qui viennent chez Tiff sont prisonniers d’une masculinité toxique. Vous savez, celle qui demande toujours plus de performances, toujours plus d’efficacité, et qui interdit l’émotion, parce que c’est censé être un truc de « femmelette ». Soumis, les clients de Tiff obtiennent une catharsis, une libération de leur vie infernale. Quand Tiff dit que la domination n’est pas faire honte, mais libère la honte, elle exprime toute l’essence du BDSM que 50 Nuances de Grey n’a jamais été capable de comprendre.

Dans un clin d’oeil très acide, il y a aussi mis en scène un quasi clone de Christian Grey qui s’imagine que le BDSM, ben c’est comme dans 50 Nuances de Grey. La violence de la scène est une réponse claire du créateur aux lubies de E.L.James, l’autrice de 50 Nuances. On peut trouver hypocrite que Netflix diffuse à la fois 50 Nuances de Grey et son antidote, mais comme Netflix vise le plus large possible public, ben, c’est un peu logique.

 

Bonding : Entre humour et discours social fort


Bonding a également une qualité que 50 Nuances de Grey n’a pas : l’humour. Bonding est hilarant, il y a des gags de vaudeville, du stand-up… après Bonding, vous n’entendrez plus la chanson « Happy Birthday to You » comme avant.

Bien sûr, Bonding ne s’arrête pas là, elle parle également d’un fléau qui est souvent tu, mais qui est pourtant très présent, qui est la misère affective voire sexuelle. Et là, Bonding trouve des accents d’une autre série très olé olé, qui est Californication. Californication est une fameuse comédie noire
sur le côté destructeur du sexe, et sur la solitude affective derrière les nuits d’orgie. La phrase de Tiff « Le sexe ruine tout », certes à replacer dans le contexte, pourrait être la devise de Californication.

Bonding brandit fièrement son féminisme, que ce soit pour défendre le métier de Tiff, ou pour appeler à une tolérance zéro envers les gros harceleurs. Au point que Bonding fait parfois penser à Sweet/Vicious, une autre série avec des femmes justicières qui règlent leur compte aux
gros harceleurs.

 

L’influence de Journal intime d’une call-girl

Mais la raison pour laquelle Bonding fonctionne très bien, c’est qu’elle marche sur les traces d’une des meilleures séries sexuelles jamais faites : Journal Intime d’une call-girl.

Journal Intime d’une call-girl est aussi une série qui se sert du sexe pour tenir entre autres un discours d’une virulence assez étonnante sur nos vies modelées par le capitalisme et le patriarcat. Les similitudes entre les deux séries sont troublantes. On retrouve une travailleuse du sexe avec son meilleur ami, leur lien, très fort, très affectueux, mais pas sans orage, fait penser au lien entre les deux héros de Journal Intime. Tiff est obligée de cacher son métier comme l’héroïne de Journal Intime d’une call-girl. Le dernier point commun entre Journal Intime d’une call-girl et Bonding, c’est son écriture parfaite du duo central.

Tiff et Pete sont adorables, ils sont mignons comme tout. Tiff, c’est une dominatrice qui a laissé son attitude control freak la dominer. Tandis que Pete est un garçon gentil, tendre, mais qui laisse sa timidité lui dicter sa vie. Ensemble, ils vont donc s’épauler, se soutenir mutuellement, et essayer d’affronter leurs propres insécurités.

 

Bonding : une série brève mais dense


Bonding ne dure qu’1h45, mais le voyage intérieur de Tiff et Pete est très dense. De plus, elle a la même morale que Journal Intime d’une call-girl : d’accepter nos différentes personnalités, essayer de n’être qu’un avec soi-même. Alors, regardez Bonding, c’est une des meilleures séries du moment, ça se binge-watch super vite, c’est drôle, c’est émouvant, et c’est un éloge à l’amitié, à la sexualité libérée, à la réconciliation avec soi-même.

 

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Parlez-vous séries #3 : Le Syndrome Chuck Cunningham

Parlez-vous séries #3 : Le syndrome Chuck Cunningham

Le « syndrome Chuck Cunningham » est né dans les séries dans les années 70. C’est la marque ultime du manque de respect d’un scénariste pour son personnage. Hélas, ce syndrome arrive fréquemment depuis son apparition. Découvrez donc dans cette vidéo ce qu’il est, avec quelques exemples notables (transcript ci-dessous) :

Transcript :

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur Le Binge Doctor.

Aujourd’hui, je vous parle d’un nouveau syndrome qui touche des séries. On pourrait l’appeler le « syndrome de la grosse feignasse » parce que niveau « waouh je suis scénariste, mais je m’en bats les steaks de mes persos », ça se pose là.

Mais comme nous sommes entre gens civilisés, on va l’appeler par son vrai nom : le syndrome Chuck Cunningham.

 

Le syndrome Chuck Cunningham : la paresse d’écriture à son paroxysme

Qu’est-ce qui se passe quand vous créez un personnage, et qu’ensuite vous savez plus quoi en faire ? Ben, il y a plusieurs solutions : tu l’envoies se dorer la pilule au Chili, tu l’envoies en séminaire de méditation au Tibet, tu le fais tomber d’une cage d’ascenseur… Enfin bref, la moindre des choses, c’est quand même de trouver une excuse bidon.

Mais non, pourquoi se casser le cul quand on peut simplement supprimer le personnage sans explication ? Et tant pis si ça devient aussi cohérent qu’un scénario dans Lost.

Ainsi, le monde continue de tourner sans que personne ne s’aperçoive de la disparition du personnage… personne sauf le public.

 

Les premières apparitions du Syndrome Chuck Cunningham

Ce phénomène date au moins de 1971 avec la sitcom The Doris Day Show. A la fin de la saison 3, Doris Day n’a plus envie de jouer une mère de deux enfants qui vit à la campagne. Du coup, en saison 4, elle devient une femme active à la ville… et sans enfant.

Mais alors, où qu’elle est la cohérence scénaristique ?

COLONEL TRAUTMAN (RAMBO 3) : Dans ton cul !

Toutefois, ce syndrome tire son nom de la sitcom Happy Days qui date de 1974. A l’origine, la famille Cunningham a trois enfants : Chuck l’aîné, Richie le cadet, Joanie la benjamine. Sauf que les auteurs ne savent pas quoi foutre du frère aîné. Par conséquent, en plein milieu de la saison 2 : Pouf ! Envolé sans explication !

La série est donc réécrite : en fait, désolé les auteurs se sont trompés, les Cunningham n’ont que deux enfants, haha, c’est con hein ?

Alors les fans se sont dit « mais, euh, où qu’il est passé Chuck Cunningham ? »

COLONEL TRAUTMAN (RAMBO 3) : Dans ton cul !

 

Top 4 des Syndrome Chuck Cunningham les plus WTF

De Erica Hahn de Grey’s anatomy aux soap opera spécialistes de l’exercice, la liste de persos tombés dans un wibbly wobbly wimey timey stuff est énorme.

Néanmoins, il existe un truc bizarre avec ce syndrome : c’est que les scénaristes l’utilisent souvent plusieurs fois au cours de la même série. Par conséquent, la tradition veut qu’on donne un nouveau nom au syndrome chaque fois qu’une série l’utilise.

Pour vous donner un aperçu, je vais vous citer mon top 4 de mes suppressions favorites de personnages.

 

Mandy Hampton : le personnage de trop

En quatrième position : Mandy Hampton de A la maison blanche.

En saison 1, elle est la chargée des relations publiques de l’administration Bartlet. Sauf qu’elle était aussi utile qu’un scénario de film porno. Finalement, elle disparaît sans explication après la saison 1.

Ça a tellement marqué les fans que depuis, quand un personnage disparaît comme ça, on dit qu’il a « pris le train pour Mandyville ».

 

David E. Kelley : le Thanos des personnages de séries

En troisième position : la moitié des personnages de David E. Kelley. J’adore ce mec, il a créé des séries extraordinaires comme Big Little Lies, récemment. Mais c’est un peu le spécialiste des persos biodégradables. Au point qu’on a inventé un nouveau terme : la « Kelleyisation ».

Prenez Renée de Ally McBeal, Alan Lowe de The Practice, ou la plupart du cast de Boston Justice. Ils se sont tous fait « Kelleyisés ».

 

Degrassi : le trou noir 

En deuxième position : tout le cast de la série ado Degrassi. Ah oui, non, là ce n’est même plus un syndrome, c’est une épidémie : à peu près TOUT le cast disparaît sans explication au fur et à mesure des saisons.

C’est ce qu’on a appelé chez les fans le « triangle des bermudes de Degrassi« 

 

Tori Scott : le tour de passe-passe foireux

Et je ne peux terminer cette chronique sans parler du cas le plus WTF du syndrome Chuck Cunningham. En première position : Tori Scott de Sauvés par le gong.

Alors là, on touche au sublime. C’est le triple double piqué salto arrière du foutage de gueule. Lors de la dernière saison de Sauvés par le gong, les acteurs jouant Kelly et Jessie quittent la série. Du coup, que font les producteurs ? Ils créent Tori, un personnage qui est en fait Kelly et Jessie, mais en une seule personne.

MARLA : C’est complètement nul !

Attends, t’as pas vu la suite : lors du final de la série, Kelly et Jessie reviennent. OUAIS !!! Et Tori ? Quoi Tori ? Quelle Tori ? Elle n’existe plus Tori, elle n’a jamais existé Tori.

 

Le syndrome Chuck Cunningham comme conséquence d’une série trop en avance sur son temps

Après il arrive que ni le scénariste ni l’acteur ne soit à l’origine du syndrome. En 1967, le soap opera Love is a many splendored thing a causé une sacrée controverse. C’était un soap qui se centrait sur une femme asiatique qui vivait une histoire d’amour avec un mec blanc. Mec blanc qui en plus est un docteur qui pratiquait des avortements.

Je ne sais pas si vous percutez, mais en 1967, parler de couple mixte et d’avortement, ça a suffi pour transformer les censeurs en Terminator, et à éliminer le personnage et la showrunneuse d’un coup d’un seul sans discussion.

L’anthologie Armchair Theatre avait présenté un baiser mixte dès 1959, et le soap opera Another World en 1964, un avortement. Mais les deux à la fois, c’était une première !

 

Et si on arrêtait d’utiliser le syndrome Chuck Cunningham ?

Si vous avez en tête d’autres séries victimes du syndrome Chuck Cunningham, je vous suggère d’en parler en commentaire.

Bref, le syndrome Chuck Cunningham, qu’est-ce qu’on en fait ?

ARTHUR (KAAMELOTT) : Je lui ouvre le bide de là à là, j’lui sors les boyaux, et je file sa langue à bouffer aux chiens.

Voilà.

 

Fam

Fam, avec Nina Dobrev : sitcom les autres

2 out of 5 stars (2 / 5)

 

La saison 1 de Fam, sitcom de CBS avec Nina Dobrev (Vampire Diaries) vient tout juste de se terminer. Retrouvez notre critique dans cette vidéo, qui parlera aussi de l’état des sitcoms familiales américaines aujourd’hui (transcript ci-dessous) :

 

 

TRANSCRIPT

Bonjour les addicts ! Aujourd’hui, on va parler de Fam, la nouvelle série de Nina Dobrev après son rôle d’Elena Gilbert dans Vampire Diaries.

Est-ce que tu aimes la rigolade ? Est-ce que tu penses à Nina quand tu fais l’amour ? Ou tu veux juste savoir si sa sitcom est drôle ? Alors, c’est parti pour ce premier numéro de L’After-Binge, consacré à Fam.

 

Cohabitation explosive

La saison 1 de Fam fait 13 épisodes de 22 minutes. Elle a été créée par Corinne Kingsbury. Elle est diffusée sur CBS mais on la trouve facilement en streaming. Fam est une sitcom classique, dans le genre de Friends.

Dans Fam, abréviation de « Family », Nina Dobrev ne s’appelle plus Elena Gilbert mais Clem. Clem comment, on en sait rien. Et on s’en moque autant que J.J.Abrams se moque de Star Wars 8.

Clem a la trentaine, un beau fiancé, Nick, un boulot stable et un bel appartement. Waouh, y a pas de doute, on est bien dans de la fiction ! Le petit monde de Clem s’écroule quand Shannon, sa jeune demi-soeur, fugue de chez leur père irresponsable pour se taper l’incruste chez elle avec la douceur d’un CRS dans une manif de gilets jaunes. La cohabitation va être explosive.

 

Une sitcom qui fait le job

Alors, on va le dire tout de suite, on ne s’ennuie pas devant Fam. Si les rires enregistrés ne vous donnent pas envie de tout cramer, eh bien les punchlines qui claquent toutes les dix secondes, les gros twists, la bonne humeur générale, sont très amusants. Alors, ce n’est pas du Shakespeare, mais quand on a passé la journée à avoir peur qu’un ami vous spoile la saison 8 de Game of Thrones, avec une appli à la con (l’appli « Spoiled »), ben ça détend les nerfs.

Bien que je n’ai jamais été convaincu par le talent d’actrice de Nina Dobrev, elle s’en sort pas mal dans la comédie. Le problème, c’est qu’elle se fait complètement voler la vedette par ses partenaires : Gary Cole qui joue le père indigne rafle toutes les meilleures répliques. Quand il n’est pas là, c’est celle qui joue sa soeur cadette, Odessa Adlon, une tornade de vitalité, de cynisme, de sexe qui rafle ce qui reste.

 

30 ans de retard

Mais la question que je me pose, c’est : à quoi sert Fam ? Pourquoi produire Fam en 2019 ? Parce que si on enlève la couche de vernis qui fait moderne de Fam, Fam est une sitcom qui revient à un genre qui n’avait plus été exploité depuis 30 ans : la sitcom familiale bon enfant.

En fait, j’ai l’impression que Fam a voulu faire du neuf avec du vieux et a fait, je ne sais pas… du vieuf ?

Déjà, Fam reprend mot pour mot le pitch d’une sitcom de 2002 : Ce que j’aime chez toi, que tous les ados qui étaient devant KD2A le samedi matin à l’époque ont dû regarder.

Ouais, c’était bien débile, et ouais j’ai quand même tout maté. Oui, je n’ai jamais réussi à l’effacer de ma mémoire. Et ça me hantera pour le restant de mes jours.

Dans Fam, dans Ce que j’aime chez toi, une nana vient semer le bordel dans le couple de sa soeur aînée. Ça, et le couple prêt à se marier au début de la sitcom rappelle pas mal Marshall et Lily de How I Met Your Mother.

 

Comment la valeur « famille » a façonné les séries américaines

Je ne vous apprends rien, la famille est une valeur sacrée aux États-Unis. Dolores Hayden, professeur de civilisation américaine à Yale, dit dans son livre « Redéfinir le rêve américain » que le peuple américain est unique en son genre. Puisque dans les années 1950, c’est le seul qui a fondé sa civilisation non pas sur l’idée de nation, de peuple, mais sur l’idée familiale, de la sphère privée. D’où dans les années 1950 et 60, l’explosion des sitcoms familiales.

Après le désastre du Vietnam, le scandale du Watergate et la reprise de la guerre froide à la fin de la Détente, les séries familiales deviennent encore plus populaires, car refuges rassurants pour un peuple sans repères moraux.

C’est l’époque de La Petite maison dans la prairie, de Happy Days, du Cosby Show, etc. Les années 80, notamment, vont voir fleurir ce genre de séries moralisatrices et aujourd’hui terriblement datées.

Depuis, ces séries se sont faites ringardiser par les sitcoms de potes. Du genre Seinfeld, Friends, How I Met your Mother ou encore Hélène et les garçons… Haha, je rigole.

Si bien qu’après les années 80, il est devenu presque impossible de réaliser une sitcom avec une famille parfaite. Entre la famille allumée de Shameless, celle complètement pétée d’Arrested Development, ou celle totalement à l’ouest de Roseanne, les sitcoms familiales cessent d’idéaliser les familles car elles sont enfin raccord avec la réalité. Ouais, la famille, c’est pas toujours rose, ça peut carrément même être l’enfer.

 

Fam : Une famille trop idéale pour être réaliste

C’est le problème de Fam : les deux familles qu’on voit sont toutes en sucre, tout en tendresse. Ils résolvent leurs mini conflits dans la joie, la bonne humeur et le caca de licorne.

Le pire, c’est que la créatrice de Fam, Corinne Kingsbury, a dit que chacun retrouvera un peu de sa famille dans sa série. Bordel, Corinne ! Occupe-toi de ta série policière (In the Dark) avec ton héroïne aveugle. Elle dépote beaucoup plus que ce sirop ultra sucré qui tuerait un diabétique !

Dans ces conditions, Fam est un gros retour en arrière. Alors oui, on a un couple interracial parce que c’est plus moderne. Oui, on a la famille recomposée. Mais bon la famille recomposée, on l’a depuis The Brady Bunch et son foutu Cousin Oliver. Cousin qui continue de plomber les séries depuis plus de 50 ans ! 

Et je ne vous parle pas des clichés. Le meilleur ami de l’héroïne est un gay caricatural. Quant à la belle-mère, c’est une mama noire qui veut régenter la p’tite vie de son fiston. Sérieux, vous n’avez pas trouvé mieux ?

Si Fam avait été produite il y a 30 ans, je suis sûr qu’elle aurait eu du succès. Là, elle atteint péniblement 6/10 sur Imdb et 40% sur Rotten Tomatoes.

 

Des discours politiques et sociaux trop timides

C’est dommage, car Fam est très drôle, avec même de timides discours politiques. Ainsi, l’épisode 4 est sur le sexisme des universités. L’épisode 8 défend les erreurs amoureuses qui sont nécessaires pour construire ensuite une relation saine. Là, basiquement, Fam dit en 22 minutes ce qu’Osmosis a eu beaucoup de mal à dire en 8 épisodes.

Oui, Fam est très drôle. Mais le problème est que, sous couvert de modernité, elle recycle plus de trois décennies de sitcom familiales datées.

 

Donc voilà, si vous avez envie de passer un bon moment sans plus, regardez Fam, une sitcom aussi légère qu’inutile.

 

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